
Dans l'étude d'impact dudit projet de réforme, les services de la Commission européenne estiment que cette abolition se traduira d'ici 2020 par un accroissement de 1,9 % de la surface de betteraves sucrières dans l'UE par rapport au scénario du maintien des quotas (+12,7 % par rapport à 2009/10) et une augmentation de moins de 4 % de la production de sucre, ainsi que par une baisse de 8,2 % du prix de la betterave sucrière et de 3,5 % de celui du sucre blanc, soit des niveaux considérablement inférieurs aux prix de soutien actuels. Après le démantèlement des quotas laitiers en 2014, la Commission européenne entend donc poursuivre, au pas de charge son mouvement de réforme radicale. Souvenons-nous que la dernière réforme du marché du sucre a été mise en œuvre en 2006. Elle s'est soldée par une chute des prix de 36 %, il est vrai partiellement compensée par des droits au paiement unique, tandis que la surface betteravière a été «décapitée» dans notre pays d'un «bon» 30.000 ha (1/3). Face au caractère drastique de cette réforme, le Parlement européen a plaidé le 23 juin dernier pour la prolongation du régime sucre actuel jusqu'en 2020... et insisté également sur la nécessité de mesures de protection de la production sucrière en Europe de telle sorte que le secteur sucrier puisse continuer à améliorer sa capacité concurrentielle dans un cadre stable. Un appel, que le secteur agricole – et sucrier – a également déjà lancé, car la stabilité est indispensable lorsqu'il s'agit de se projeter avec un minimum de sérénité dans des projets d'avenir.
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