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Une récolte de colza meilleure que prévu

La saison 2009-2010 et les variétés disponibles pour les semis

Vendredi 27 Août 2010

 

Des conditions de récolte pas évidentes cette année, et retardées notamment par l'hétérogénéité de la maturité des siliques. Ci-dessus, une vue de la récolte des essais de l'Appo (photo: Appo)

Les conditions climatiques ont fortement influencé le développement de la culture de colza, de l'implantation en conditions très sèches jusqu'à la récolte très étalée entre les averses. Après un coup d'œil sur ces différents épisodes, nous présentons, sous la forme de tableaux, les caractéristiques des principales variétés disponibles pour les semis de cette fin août-début septembre.

Pour rappel, les mois d'août et septembre 2009 ont été marqués par la sécheresse, ce qui a entraîné un travail du sol et des semis dans le sec. Selon la date de semis, l'humidité du sol présente au moment de l'implantation et les faibles précipitations qui ont suivi cette étape, la levée du colza a été très variable d'un champ à l'autre et au sein des parcelles, avec pour conséquence de grandes différences de couverture du sol. Profitant des bonnes températures en septembre, les altises ont provoqué dans certaines parcelles, de sévères morsures sur les cotylédons et les jeunes feuilles. La lutte efficace contre les altises a permis d'éviter les dégâts dus aux larves comme ceux qui avaient été observés deux ans plus tôt.
Le colza a profité des températures douces de l'automne et, à l'arrivée de l'hiver, les cultures étaient bien développées, voire trop développée dans certains champs où une élongation de la tige était déjà bien présente avant l'hiver, sensibilisant les plantes au gel. En fonction de la date et de la densité de semis, de l'apport de matière organique à l'automne et de la sensibilité des variétés à l'élongation automnale, des dégâts de gel ont été observés après cet hiver 2009-2010 caractérisé par sa longueur, sa rigueur et ses successions de périodes de couverture et d'absence de neige. Les colzas trop développés à l'entrée de l'hiver sont ceux qui ont le plus souffert. Quelques retournements de parcelles ont notamment eu lieu, car les dégâts de l'hiver étaient irréversibles.
Pour les colzas les plus touchés par le gel, la récupération des plantes a toutefois été possible par le développement des bourgeons axillaires, retardant le développement à la reprise de végétation et creusant par la suite, l'écart par rapport aux plantes à développement normal.


Printemps sec et froid...
Les travaux de printemps ont été retardés par l'importance du gel de la première quinzaine de mars 2010. D'importantes brûlures d'engrais azoté liquide ont été observées, détruisant le feuillage, mais sans conséquence sur le développement ultérieur de la culture.


... carence en soufre
Le printemps 2010 tardif, sec et très froid a entraîné une absence de minéralisation; des symptômes de manque d'alimentation en azote et en soufre étaient bien visibles en colza. Sans apport d'engrais soufré, les variétés précoces ont véritablement souffert d'un stress dû au manque de soufre et d'eau au printemps. Les carences soufrées étaient remarquées lors de la floraison du colza, avec des pétales plus petits et d'une couleur jaune très pâle contrastant avec le jaune vif bien connu des fleurs de colza. Les feuilles présentaient également des symptômes très caractéristiques avec des nervures vertes et l'espace internervaire jaune. La fécondation y a été très mauvaise et les siliques étaient moins nombreuses et nettement moins bien remplies. Dans les essais menés à Gembloux, l'effet du manque de soufre sur le rendement a été très important et s'est traduit par des chutes de rendement de 2.000 à 2.500 kg/ha selon la précocité de la variété. Le colza est une crucifère qui requiert des quantités importantes en soufre au printemps.
Malgré des nuits froides au printemps, les insectes (méligèthes et charançons) sont arrivés précocement, favorisés par des journées avec des températures élevées, début avril. Leur contrôle n'a pas posé de souci particulier en 2010, en dépit du décalage du début de la floraison entre les variétés précoces et les variétés tardives.

Le défaut de minéralisation au printemps a favorisé le déclenchement de carence en soufre, bien visible sur les feuilles notamment (photo: M. de N.)


Floraison atypique
La floraison du colza, plus tardive qu'au cours de ces dernières années, a connu un début avec des températures trop fraîches pour la saison et une très faible activité des abeilles et autres insectes pollinisateurs, début mai. Quelques journées successives (du 20 au 25 mai) avec d'excellentes températures et un très bon ensoleillement ont permis au colza de connaître de bonnes conditions de floraison, avec une activité intense des abeilles, favorable à une bonne fécondation.
Le retour tant attendu de la pluie fin mai, début juin a favorisé la minéralisation et a permis au colza d'approvisionner les graines en formation.
Il faut remarquer que les précipitations ont été réparties de manière très irrégulière d'un lieu à l'autre.
La culture du colza n'a pas connu de verse, contrastant nettement avec l'année précédente où la verse avait été précoce et très importante à la suite des averses orageuses du mois de mai.
Sur le plan sanitaire, cette année 2010 se caractérise par une faible pression en maladies (sclérotinia et phoma). Le temps sec et chaud fin juin, début juillet a favorisé l'apparition d'oïdium sur les tiges, sans conséquence en fin de cycle.
Le violent orage du 14 juillet a provoqué des dégâts très localisés et très graves en cas de grêle, et un peu de verse en colza, due aux coups de vent.


Récolte compliquée et positivement surprenante
La récolte a été très étalée dans le temps et très variable en rendements. En la matière, la caractéristique de cette année est le décalage de maturité entre les siliques supérieures grillées lors de la canicule et les siliques inférieures qui sont restées longtemps vertes, rendant la maturité complète difficile, imposant une attente supplémentaire avant la récolte avec des taux d'humidité proche des normes.
Commencée très tôt sur les terres superficielles avec des rendements faibles liés au manque de réserve en eau du sol (autour de 3 tonnes/ha), la récolte s'est poursuivie pendant pratiquement 4 semaines jusqu'à la mi-août, en fonction de l'avancement de la maturité et au gré des averses, se terminant par de très bons niveaux de rendement en terres plus profondes (de 4 à 5 tonnes/ha et plus).
Les poids de 1.000 grains de la récolte sont inférieurs à ceux de la récolte record de 2009, ce qui peut aussi expliquer les différences de niveaux de rendement.
La récolte tardive a généralement réservé de meilleurs résultats que prévus, ce qui traduit bien l'amélioration du potentiel génétique en colza et le bon niveau de technicité des producteurs de colza, culture qui a subi des conditions climatiques parfois extrêmes tout au long de cette année culturale.

Et pour les nouveaux semis?
Les tableaux 1 à 7 présentent les données relatives à la précocité et à la résistance aux maladies et à la verse des principales variétés disponibles pour les semis, cette année, dans notre pays.


Source: Appo, août 2010

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