
Cette faillite est le symbole d'une politique erratique dans le domaine de l'énergie renouvelable et de promesses sans lendemain en Belgique. Il reste à espérer, selon F. Maes, secrétaire général de la fédération belge du biodiesel, que les politiciens vont à présent se réveiller.
Il y a cinq ans, le gouvernement proposait un système de quota, un exonération d'accises pour les biocarburants et la perspective d'une incorporation de 10% à terme.
Quatre sociétés de biodiesel et trois de bioéthanol ont reçu des quotas et ne devaient pas craindre la concurrence étrangère. Dans de telles conditions, les investissements ont suivi. Aujourd'hui, on est loin de l'euphorie des débuts. Un exemple, Proviron, à Ostende, ne produit plus de biodiesel depuis des mois. Sa production avait démarré en 2009, lorsque l'incorporation obligatoire était de 4%.
Mais ce pourcentage n'était pas suffisant: les usines avaient été construites pour des productions nettement supérieures, dans la perspective d'une incorporation de 10%. Les productions excédentaires ont dû se trouver un débouché à l'étranger, où elles ont affronté une concurrence féroce, principalement sudaméricaine, basée sur la canne à sucre.
La situation n'a pas fondamentalement changé: il faut continuer à exporter à très petites marges.
Si Neochim est la première société belge à faire faillite dans le biocarburant, elle n'est pas la première en Europe où la loi de l'offre et de la demande font rage. Les Européens ont beaucoup investi. A présent, ce sont les Asiatiques ou les Sudaméricains qui viennent les reprendre à bon compte.
On peut se demander pourquoi la Belgique ne se conforme pas à ses obligations européennes. Dans les pays voisins, on en est déjà à 7% d'incorporation obligatoire. On invoque l'invraisemblable longueur des négociations pour un nouveau guvernement fédéral, mais aussi la question budgétaire, sans oublier que les Régions ont également leur mot à dire.
Cerise sur le gâteau: la fin des quotas est prévue pour fin 2013. Après, ce sera en principe la concurrence libre sur le marché belge. Les sociétés belges auront-elles le temps de se muscler d'ici là, si le gouvernement fédéral tient les promesses faites il y a quelques années à peine? Ce n'est pas sûr du tout... En tout cas, cela semble certain pour Neochim et ses 35 travailleurs.
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