
Entretemps, celle-ci a également été transposée en norme environnementale autour de laquelle a été élaborée la Directive nitrates. Et là aussi, cette norme se voit aujourd'hui invalidée par la meilleure connaissance que l'on a du cycle de l'azote et, surtout, depuis que les recherches ont mis en évidence que c'est le phosphore, et non les nitrates, qui est à la source des problèmes d'eutrophisation des eaux.
Aurions-nous donc eu tout faux sur la nocivité des nitrates? C'est ce qu'indiquent de nombreuses références scientifiques, que peu semblent en mesure de réfuter. Mais de là à blanchir aujourd'hui les nitrates, après les avoir longtemps considérés comme des molécules indésirables, après avoir consacré autant d'efforts pour les éliminer de nos ressources en eau, après les avoir érigés au rang de baromètre de la qualité de l'eau et de l'état de santé de notre environnement, et après en avoir fait un moyen de contrôle et de pression contre l'agriculture intensive, il y a un pas particulièrement difficile à franchir pour nombre de décideurs politiques et même d'institutions scientifiques. Il en va du «politiquement correct» pour les uns, et de la crédibilité pour les autres.
Courage politique ou rigueur scientifique... Nul ne sait ce qui poussera un jour l'Organisation mondiale de la Santé et l'Europe à reconsidérer les fondements de leur norme sur les nitrates. En attendant, ces institutions font courir le risque de continuer à mobiliser beaucoup d'attention et de moyens sur de faux problèmes.
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