
La nette augmentation des prix de la nourriture en 2007-2008 a provoqué une cascade de difficultés dans le monde, notamment des émeutes «de la faim» dans plusieurs pays. Beaucoup ont incriminé les biocarburants comme étant une des principales causes des hausses de prix.
On s'est posé la question, dans les hautes sphères politiques des Etats, y compris chez nous, s'il était éthiquement responsable de promouvoir la production de biocarburants, alors que tant de personnes dans le monde souffrent de la faim, tandis que les prix alimentaires grimpaient du fait de «leur rareté».
Il fallait donc choisir entre manger et rouler, et pour certains, le choix fut vite fait. Les aides à la production de biocarburants furent bloquées alors que les pouvoirs publics avaient «poussé» les industriels dans ce sens, 1 à 2 ans plus tôt.
Choix précipité, selon une étude réalisée par la Banque Mondiale et la Commission européenne. Ni la production de biocarburants ni la demande alimentaire accrue dans les pays émergents (Chine...) ne sont à la base des hausses très sensibles des prix des produits alimentaires. C'est la hausse vertigineuse du prix du pétrole d'une part, et la spéculation sur les matières premières agricoles, d'autre part.
Certes, la production d'éthanol, aux Etats-Unis, et de biodiesel, dans l'Union européenne, ont une influence sur l'utilisation des terres agricoles. Mais les cultures pour l'énergie ne représentent, au niveau mondial, que 1,5% des surfaces cultivées. Trop faible pour avoir une telle influence, estiment les responsables de l'étude.
En d'autres termes, manger et rouler, on peut faire les deux. Produire des biocarburants, c'est un débouché flexible pour les matières agricoles. Cette solution pourrait contribuer à la réduction de la volatilité des prix à laquelle les marchés seront de plus en plus soumis du fait de la spéculation sur les matières agricoles. Freiner cette spéculation, c'est plus important que de montrer les biocarburants du doigt
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