C'est le 8 mai 1927 que fut organisé, pour la première fois, un concours du cheval de trait ardennais. sous le clocher de l'église de Libramont. Y prirent part 160 chevaux. Trois exposants y présentaient leurs machines. Cette année, c'est la 75e foire de Libramont. L'an dernier, on comptabilisa un record de 185.000 visiteurs. Entre les deux événements, toute une évolution, que nous passons en revue avec Alexandre Devolf, manager adjoint de la foire.

La Foire de Libramont sera toujours intimement liée au Cheval de Trait Ardennais, déclare d'emblée Alexandre Devolf: il y a quelques années, un éleveur de cheval de trait ardennais n'hésitait pas à dire: la Foire de Libramont existe par le Cheval de trait Ardennais, mais le cheval de trait existe encore grâce à la foire.
Pour A. Devolf, c'est un beau résumé de la situation, car la foire permet de rassembler des moyens financiers qui sont ensuite réinvestis dans la race et dans le développement de la foire.
Un certain nombre de manifestations mettront en évidence le cheval de trait ardennais dans le cadre de la 75e édition de la foire. Ainsi, à ces moments réguliers, un lot de 10 juments sera présenté, un rappel des grands concours d'autrefois. D'autre part, des démonstrations seront régulièrement organisées avec des machines agricoles restaurées et tirées par des chevaux, depuis la charrue jusqu'à la moissonneuse-lieuse.

Les bovins
Démarrée comme concours pour le cheval de trait ardennais, la foire s'est, au cours du temps, ouverte à bien d'autres secteurs, notamment à l'élevage bovin, à la machine agricole, à la forêt, au génie civil...
Cette année, avec la crise dans le secteur laitier, les responsables des races laitières normande et montbéliarde ont préféré annuler leurs concours, mais les autres concours subsistent.
La forêt
Un des secteurs en expansion est la forêt. Il y a déjà un certain temps que des exposants venaient présenter des machines destinées à la forêt. Plus cette partie s'est accrue, plus les exposants ont émis le souhait de pouvoir faire des démonstrations. C'est en 1981 qu'on a décidé d'organiser les premières démonstrations. Il s'agissait de démonstrations assez restreintes, mais elles furent suivies par environ 5.000 visiteurs. En 1999, les démonstrations forestières ont été étalées sur deux jours. A présent, ces démonstrations se font tous les deux ans, et elles sont un événement en elles-mêmes, tout en restant attachées à la foire agricole et au besoin de personnel d'organisation.

L'invité d'honneur
Au départ, ce fut sous le clocher. Mais pas avec un esprit de clocher. Peu à peu, la foire a élargi ses horizons au point d'être bien connue à présent à l'étranger. A la base de cette réputation internationale, il y a eu, notamment, l'idée d'inviter des pays ou des régions à participer à la foire.
Au cours des années, les frais occasionnés par ces invitations sont devenus très importants (réception des invités, placement d'une tente, logement des invités...). Par ailleurs, les exposants faisaient remarquer que les retours en chiffres d'affaires étaient plutôt maigres.
C'est pourquoi, en 1979, il fut décidé d'investir le budget destiné à l'invité d'honneur dans l'invitation de professionnels dans un rayon de 300 km autour de Libramont (Grand-duché, Allemagne, France, Pays-Bas). Le succès est venu avec le temps, puisque le nombre de délégations étrangères, acheteurs potentiels, est passé de 500 à 4.500 l'an dernier.
La presse internationale s'est également déplacée en masse à Libramont.
Vitrine
L'un des objectifs de la foire de Libramont est la promotion des produits de l'agriculture. C'est d'ailleurs la raison de la mise sur pied du concours «Coqs de Cristal» avec, notamment, l'Apaq-W comme partenaire. Après quelques années, on a dû constater que l'organisation du concours à la foire n'était pas le moment le plus favorable pour la promotion des produits du terroir. C'est pourquoi il fut décidé d'organiser le concours avant la foire, afin que les gagnants puissent présenter leurs produits durant celle-ci. Le concours est avant tout orienté vers les produits fermiers, divisés en un certain nombre de catégories.
Il entrait dans les objectifs de la foire d'accroître cette promotion des produits, notamment par la présence de Carrefour. Cela n'a pas réussi, mais une organisation comme la Fedis devrait certainement avoir sa place à la foire de Libramont, estime A. Devolf.

Genitec
Un des grands pas posés par la foire fut son passage de l'autre côté du chemin, c'est-à-dire de la rue des aubépines, en 2003. A l'époque, des exposants du secteur du génie civil (grue, excavatrice, chargeur, pelleteuse...) émettaient le souhait de pouvoir faire des démonstrations. Pour y parvenir, il fallait inclure des terrains supplémentaires, ce qui a été fait avec «l'espace Génitec» qui a connu immédiatement un grand succès.
Les pieds sur terre
Pour A. Devolf, la croissance de la foire est due à un certain nombre de facteurs.
Il faut y voir tout d'abord la structure d'organisation de la foire elle-même. Nous sommes une association dont les administrateurs sont apolitiques, non rémunérés et issus du milieu agricole, des personnes qui ont les pieds sur terre. Grâce à cela, on peut être sûr que les gains de la foire vont revenir vers le secteur.
D'autre part, on est à Libramont en contact direct avec le monde agricole, et on est un relais du monde agricole vers le grand public. Cela ressort des thématiques qui sont développées chaque année à Walexpo en relation avec l'agriculture et la forêt. Nous vulgarisons et expliquons en direction du grand public.
Troisième élément important: la foire se déroule en plein air, ce qui crée une atmosphère spéciale, surtout que la foire a lieu durant les grandes vacances. Même si les éléments climatiques sont contre nous, les visiteurs viennent à Libramont.
A. Devolf: Quatrième élément de notre succès, c'est le prix au m2. Si nous comparons avec les foires internationales, nous sommes les moins chers.
Enfin, la foire n'est pas un événement local en Wallonie; elle a une portée nationale, et elle est de plus en plus internationale. Il y a toujours eu une grande ouverture vers la Flandre et vers les pays voisins. Cela se ressent aussi bien au niveau des exposants que des visiteurs.
75 derrière et 75 devant
A. Devolf: Nous pensons évidemment à l'avenir de la foire. C'est dans cette perspective que des terrains ont été acquis. Il y a, à présent, 25 ha de terrains autour de la foire. Ils vont, au départ, servir à améliorer les possibilités de parkings. Pour l'instant, il y a des parkings situés loin de la foire et qui sont desservis par des navettes. On voudrait que les visiteurs puissent parquer leur véhicule près de la foire. Nous travaillons également à l'embellissement des terrains, notamment par l'installation d'un étang, point futur d'accroche pour le secteur de la pêche.
Les chemins de la foire vont être embellis au moyen de haies et d'arbres. Des projets ont été imaginés et ils seront visibles à trois endroits dans la foire.
Horticulture et espaces verts
Qui n'avance pas recule. C'est sans doute ce qui pousse les dirigeants de la foire à aller toujours de l'avant, de façon à la rendre attrayante pour un public sans cesse plus large.
La prochaine extension, c'est l'horticulture: la foire va s'ouvrir au secteur horticole, pépinières et espaces verts. Cela fait longtemps que le secteur demande à être plus visible dans la foire. Pour l'instant, il est dispersé, par manque de place. A présent que des terrains deviennent disponibles, on devrait pouvoir trouver une solution dans un avenir proche.
Alexandre Devolf: Quoi qu'il en soit, la foire de Libramont doit rester une foire à dimension humaine. Notre rôle se résume à faire se rencontrer l'offre et la demande d'informations, de services ou de produits. Un rôle que nous voulons continuer à assumer au cours des 75 prochaines éditions.
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