Responsabilité collective
Vendredi 15 Juillet 2011
Quand on voit ce qu'il s'est passé en Allemagne, on peut dire que la sécurité alimentaire, cela se passe bien chez nous. Après avoir été la honte de l'Europe (scandales liés aux hormones, dioxine, PCB), la Belgique a réalisé en peu de temps la meilleure filière alimentaire dans le monde, en ce sens que 99,3% des 557.598 contrôles effectués par l'Afsca étaient conformes. La sécurité alimentaire est une responsabilité des secteurs, des autorités aux consommateurs. C'est ce qui ressortait du rapport 2010 de l'Afsca.Les responsables de l'Afsca, ministre comprise, ont loué les efforts accomplis par le secteur primaire (agriculteurs, horticulteurs, abattoirs), car 96% des contrôles sont conformes. Par ailleurs, 10.000 opérateurs sont certifiés dans le cadre de l'autocontrôle.
Hélas, pourrait-on dire, car bien d'autres secteurs dérivent du secteur primaire. Voyez les conséquences de la politique sanitaire suivie dans d'autres Etats membres. «Un Etat membre supporte les manquements des autres», expliquait la ministre Sabine Laruelle.
Elle voulait ainsi, notamment, stigmatiser la communication irresponsable de l'Allemagne à propos de la crise de l'E. coli. Des secteurs qui n'avaient rien à voir dans cette crise ont été accusés à tort. La conséquence: des centaines de millions d'euros perdus, et une réputation à remettre sur pied. On sait ce que cela veut dire.. On peut ainsi, vraiment, parler d'une responsabilité collective.
Le secteur primaire n'est pas seul dans la chaîne alimentaire. Il n'en est en fait que le début, le consommateur en est la fin. Entre les deux, divers maillons, dont l'Horeca, continuent à poser problème. Près de 60% des 3.000 restaurants qui furent contrôlés ne sont pas en ordre. Et ne parlons pas des bars à pitas ou des pizzerias... La question de la responsabilité collective est ouverte, d'autant plus que les scandales de la chaîne alimentaire se répercutent systématiquement sur le secteur primaire.