Un autre «record» pour la Belgique
Vendredi 23 Décembre 2011
Les politiciens belges ont batu allègrement, pulvérisé même le record du monde pour la formation d'un gouvernement. A croire que c'était voulu pour faire passer en force une réforme des pensions, dont on ne sait si elle sera bénéfique pour les moins bien lotis, les indépendants à la retraite...
A présent, c'est le secteur agricole belge qui détient le record, à la baisse, pour les revenus par unité de travail en 2011. Selon les chiffres d'Eurostat, ce revenu a dminué de 22,5% en Belgique, alors que la moyenne européenne, très hétérogène, aurait augmenté de 6,7%.
Certes, les nouveaux Etats membres continuent à récupérer par rapport à un passé qui fut douloureux. Mais on constate, dans les «anciens» Etats membres, que les agriculteurs y limitent les pertes, voire dégagent de substantielles hausses de revenu.
Porter la lanterne rouge, c'est un honneur dont on se passerait aisément lorsqu'on est un sportif. Pour l'agriculture, il s'agit d'une baisse du revenu par unité de travail, c'est d'autant plus grave lorsqu'on sait combien d'unités de travail ont quitté le secteur durant cette année.
Divers facteurs sont là pour expliquer la sorte diminution de revenu intervenue cette année: le revenu 2010 était en hausse, la crise de la dioxine en Allemagne a empêché la relance du secteur porcin, la «crise du concombre» a mis à genoux le secteur du légume, la sécheresse printanière qui a eu des conséquences néfastes sur les pommes de terre primeurs et plusieurs cultures légumières, la même sécheresse qui a empêché les fanages et fait s'envoler le prix de la paille. Plus localement, la tempête du mois d'août a détruit des milliers de pommiers et poiriers en Hesbaye...
Il y a de quoi réfléchir au niveau dramatiquement bas du revenu agricole, de plus soumis à la volatilité des prix et des cours. Cette évolution freine le changement des générations. La trève des confiseurs, entre Noël et Nouvel an, sera, espérons-le, un temps de méditation.