La coopérative Scar tient bon la barre

Et ce n’est pas un hasard ! La diversification des activités permet de limiter l’impact de la baisse des volumes dans les catégories de produits plus traditionnels. 2016 a donc prouvé la pertinence de la stratégie en permettant une diversification mais également de dégager une rentabilité non négligeable.

Plus qu’un simple fournisseur d’aliments

Pour Eric Walin, directeur de la coopérative hervienne, 2016 est une année agricole à oublier. « En tant que fournisseur d’aliments pour le bétail, on a ressenti très fort la précarisation de tous les maillons de l’agriculture, mais surtout de l’agriculteur ! »

Et face à cette situation, il est évident que Scar doit jouer un rôle… mais pas n’importe lequel ! Dans une perspective à court terme, il semble essentiel à la coopérative de dialoguer, d’attaquer et tenter de résoudre le problème au plus vite, avec l’agriculteur en difficulté. « L’objectif est de préserver l’outil. Il est capital pour la crédibilité et la pérennité de l’entreprise, d’où l’importance de maintenir un fondement financier solide. »

Et de ce côté là, Scar se porte plutôt bien. Le délai moyen des paiements est de 41 jours, dont les 2/3 sont payés dans les 15 jours, grâce à ses fonds propres qui représentent 41 % du passif.

Ensuite, il faut réfléchir à moyen et à long terme. « La coopérative doit se battre pour développer de nouveaux débouchés pour le monde agricole et donner de la valeur à ses productions. Nous pensons qu’il y a des opportunités qu’on doit aller chercher et structurer. »

Et pour étayer son propos, Eric Walin cite cinq filières dans lesquelles Scar investit : Porcs Qualité Ardenne (PQA), Coq des prés, Limousin bio d’Ardenne, Marguerite Happy Cow et la filière bio.

Aujourd’hui, ces cinq filières offrent de belles perspectives puisque la plupart d’entre elles lancent un appel aux producteurs qui aimeraient s’y investir. « Évidemment nous n’investissons pas autant de temps, d’énergie et d’argent pour ensuite offrir ces outils et leurs plus-values à nos concurrents. Mais au-delà de ça, la qualité et la valeur ajoutée de ces filières différenciées sont conditionnées par un cahier de charges contraignant, de manière à garantir au consommateur la qualité du produit. »

Par ailleurs, les quatre premières initiatives sont érigées sous la forme de coopérative. Scar veille donc à ce que l’agriculteur s’y investisse, de manière à ce qu’il en soit le propriétaire, l’acteur et qu’il ait un vrai pouvoir de décision et d’orientation.

Des choix qui ont du poids

Ces choix stratégiques ne sont évidemment pas sans conséquence sur la structure des volumes commerciaux de la coopérative. Son chiffre d’affaires, qui avoisine les 32 millions d’euros, a diminué. Les raisons ? À l’exception du prix des aliments composés agricoles (les volumes bios augmentent), le prix moyen des matières commercialisées a baissé. Ensuite, avec 100.000 tonnes de produits commercialisés, Scar connaît pour la première fois de son histoire une baisse des volumes de vente.

Et les tendances du marché vont dans ce sens. Par rapport à 2015, le prix moyen des ventes de carburants a diminué de 12 %, celui des engrais de 19 %…

En 2017, la tendance à la baisse sera plus ou moins inversée, surtout pour les carburants et les aliments biologiques.

Le bio explose…

Quant au prix des matières premières de référence en 2016, il y a longtemps qu’ils n’avaient été aussi bas. À noter que pour les protéines, la tendance est plutôt à la hausse, mais pas de manière spectaculaire.

En ce qui concerne le bio, le marché est réduit, régional et opaque. Au vu de la demande qui augmente et des moissons catastrophiques, les prix explosent…

Et cela se ressent au niveau du volume des aliments composés commercialisés dans ce segment. Il connaît en effet une progression de 13,5 % pour atteindre 29,7 % du secteur. Le bio chez Scar représente aujourd’hui 4t sur 10 en ce qui concerne les composés agricoles.

Mais restons sur les aliments composés. Malgré la baisse de 2% du tonnage sur l’année 2016, Scar peut se targuer d’avoir connu une croissance annuelle de 2,8 % sur sur son core business entre 1998 et 2016. Si le secteur bovin est resté stable, c’est au niveau des départements graineterie et petit élevage que les volumes ont grandi.

Côté porcs, le volume d’aliments a diminué puisqu’il est intimement lié à la santé de PQA. Si 2016 fut une année noire pour cette dernière, 2017 s’annonce plus réjouissante, ce qui se ressentira rapidement sur les volumes d’aliments commercialisés cette année.

Notons que le façonnage pour tiers, qui valorise le savoir-faire d’ensachage, de bio, de petit élevage (hobby), représente 33 % des volumes, dont 45 % en bio.

Côté canal de distribution graineterie, il représente 34,6 % du secteur des aliments composés, dont seule la moitié est vendue sous la marque Vital.

Un relifting... Vital

Du côté des investissements, 2016 a plutôt été une année de transition au vu des gros investissement à venir sur le site de production bio de Bullange.

«Nous avons néanmoins profité des 25 ans du développement du département graineterie pour revoir notre identité visuelle. L’objectif? Avoir une marque forte aussi bien en Wallonie, qu’en Flandre et dans les régions frontalières. C’est une plus-value pour garder nos clients.»

Par ailleurs, la nouvelle station automatique de micro-dosage de précision conforte la flexibilité dans la fabrication de mélanges de pointe, « à la carte », ciblés sur les besoins spécifiques de chacun.

Notons encore que deux nouveaux camions sont attendus et que l’équipe commerciale s’est également étoffée pour allier expérience et jeunesse.

P-Y L.

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