Courrier des lecteurs : vacancier nostalgique recherche ferme











Recevez Le Sillon Belge chaque semaine chez vous et bénéficiez d'un accès à tout le site : Articles, météo et cotations des marchés agricoles
Voir l'offre d'abonnement
« La pierre est dure partout ! ».
Sans doute connaissez-vous cette expression, destinée à relativiser ses propres déboires, quand la déprime s’acharne à planter ses griffes dans votre esprit ? Une enseignante du supérieur me l’a servie sur un plat bien garni, agrémenté de ses propres doléances envers son métier. Issue du milieu agricole, elle apprécie les gens de la terre et lit Le Sillon Belge chez ses parents. Les articles sur le mal-être agricole l’ont particulièrement intéressée, et c’est peu de le dire ! Selon elle, la dépression nerveuse est une maladie du 21e siècle, et toutes les couches de la société sont touchées… Comment en est-on arrivé là, particulièrement en agriculture, mais partout ailleurs également ?

Il paraît que le monde agricole est en sévère déprime. Rien qu’à voir les mines défaites des agriculteurs aux manifestations on s’en doutait un peu. Mais aujourd’hui, c’est différent. Pour pouvoir l’affirmer, il y a des chiffres qui ressortent d’une étude réalisée par une chercheuse de l’UCLouvain, aidée de deux de ses étudiantes. Apparemment, plus de 70 % des agriculteurs présenteraient des signes de détresse psychologique et 18 % auraient eu des pensées suicidaires au cours des trente derniers jours. Je suis sidérée, je ne me sens tellement pas concernée par le sujet.

« Choûtè l’on poû !
I brîn è djèmi d’ja ! I frè on bon cînsî !

Mon mari est salarié et je suis agricultrice. Il travaille 40h par semaine, je travaille plus ou moins le double dans ma ferme. Au niveau revenus, il gagne je ne sais combien de fois en plus que moi puisque je ne sais moi-même pas combien je gagne réellement. Ce qui nous amène inévitablement à avoir de temps en temps des moments de « discussion ». Démonstration.

L’actualité n’est pas très gaie ces derniers temps… Mais dans l’absolu, les choses ne vont pas si mal que ça, pas vrai ? Nous venons de dépasser la Chandeleur, et l’hiver n’a pas repris vigueur !







« On n’a pas de chance ! ». Ces quelques mots reviennent à chaque fois quand quelqu’un nous raconte ses malheurs, et explique ses déconvenues en évoquant le mauvais sort qui s’acharne sur lui. Les chanceux sont ceux qui arrivent à tout ; les malchanceux sont ceux à qui tout arrive, est-il commun de dire. Sommes-nous chanceux ou malchanceux ?


Sortez-moi ces décorations de Noël en promotions hors de ces rayons que je ne saurais plus voir ! Placez-y sécateurs, fleurs et gants de jardinage aux motifs ananas. Vive ces trois premiers rayons de soleil de l’année, on en oublierait presque qu’on n’est qu’au mois de janvier. La nervosité monte, telle la sève aux arbres, bientôt enivrés de vie avant d’exploser leur feuillage. Oh la la, que le printemps est stimulant !

L’adoption du traité libre-échange est la trahison des agriculteurs européens. Ils ont tous été sacrifiés pour pouvoir vendre quelques voitures allemandes et quelques pilules pharmaceutiques.

Sait-on toujours de quoi on parle exactement, quand on utilise des termes convenus dans une conversation pour expliquer et convaincre ? Certains sont employés à tour de bras, psalmodiés comme des mantras pour formuler des prières ou dénoncer des dérives. En tête de gondole des revendications agricoles, revient sans cesse l’expression « souveraineté alimentaire ». Kézako ? Pour ne pas mourir idiot, j’ai cherché la signification exacte de ce concept, évoqué toutes les trois phrases dans les harangues et interviews diffusées à la télé, lors des manifestations agricoles. J’ai investigué large…
Abonnez-vous à Le Sillon Belge
Voir l’offre d’abonnement