J’aime affectueusement les pommes de terre, mais je sais depuis longtemps qu’elles ne m’aiment pas ! Ces diablesses de patates me jouent mille tours de cochonnes quand je me risque à en planter sur un bout de champ, au potager ou même chez un ami. Les miennes dépérissent toujours, d’une façon ou d’une autre : gel tardif en juin, doryphores et mildiou en juillet, grêle en août, sangliers en septembre. Elles le font exprès, histoire de m’humilier et de bien me faire comprendre qu’il n’est pas question pour elles de se fatiguer pour moi. J’ai rendu les armes depuis longtemps, et me fournis chez un artisan-patatier de première force, 8 € le sac de 10 kg. À 72 ans, il fait tout le travail à la houe et au croc à fumier, sauf labourer et herser bien entendu, et n’utilise que son fumier de moutons pour engraisser son lopin de 10 ares, lequel change d’endroit chaque année dans sa prairie. Comment fait-il, sans fongicides ni produits chimiques d’aucune sorte ? Mystère… Je l’appelle « l’homme qui murmure aux oreilles des patates » !