Davantage de ruches en Wallonie, où la mortalité est également moindre
Wim Reybroeck, apiculteur et ancien chercheur à l’Institut de recherche flamand pour l’agriculture, la pêche et l’alimentation (Ilvo), connaît très bien le milieu apicole belge. Au point d’en dresser un panorama complet.
On apprend ainsi que 11.259 apiculteurs étaient enregistrés auprès de l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca) en 2025. En détail, 6.289 étaient installés en Flandre, pour 30.034 ruches, tandis que 4.748 officiaient en Wallonie, pour 47.574 ruches. Enfin, 222 apiculteurs étaient recensés à Bruxelles. « La plupart sont des hobbyistes, possédant en moyenne cinq ruches au nord du pays contre dix au sud », précise-t-il. Le secteur ne compte donc que très peu de professionnels, mais ceux-ci assurent divers services : production de miel, pollinisation, installation de ruches dans le milieu professionnel (afin de verdir l’image de certaines entreprises), élevage de reines…
Tous élèvent l’abeille Apis mellifera. Certains optent pour la Carnica, d’autres pour la Buckfast. Quelques-uns mènent aussi des recherches sur les souches tolérantes au varroa.
La théorie… et la pratique ?
Si autrefois, les apiculteurs transmettaient leur savoir de père en fils, aujourd’hui, les apiculteurs suivent une formation dans des ruchers écoles. Il en résulte une meilleure connaissance de la théorie, mais M. Reybroeck regrette un manque de connaissances pratiques. Il salue toutefois qu’un nombre croissant de jeunes s’intéresse à l’élevage d’abeilles.
En parallèle, les motivations des apiculteurs ont évolué. « La production de miel n’est plus le principal objectif. L’intérêt pour la nature, pour la biologie est également cité… Les éleveurs possèdent donc moins de ruches et pratiquent moins souvent l’apiculture itinérante », ajoute-t-il.
Enfin, en Belgique, la plupart des apiculteurs sont membres d’une association. Ils participent à des réunions, reçoivent des revues, organisent des achats de matériels (réfractomètre, centrifugeuse…). « Cependant, la participation aux événements est limitée… Les jeunes s’informent davantage sur internet, avec le risque d’y trouver des informations erronées. »
Plus de 25 % de mortalité
S’il devait épingler un chiffre, Wim Reybroeck retiendrait le taux de mortalité hivernale élevé, évalué à 26,7 % à l’échelle nationale entre l’automne 2023 et le printemps 2024. En détail, ce taux était de 36,3 % en Flandre, 19 % en Wallonie et 33,3 % à Bruxelles.
Cette mortalité s’explique par divers facteurs : les maladies et parasites (bactéries, virus… y compris le varroa), un appauvrissement génétique (rendant la colonie plus vulnérable aux maladies), un manque de nourriture diversifiée, le recours aux pesticides (tant en agriculture qu’en apiculture, dans le cadre de la lutte contre le varroa), les conditions climatiques, les mauvaises pratiques apicoles, la présence du frelon asiatique…
« De nos jours, l’apiculture est soumise à de fortes pressions et a besoin de soutien », enchaîne-t-il. « Diverses initiatives visent à améliorer la situation des abeilles mellifères et des pollinisateurs. D’autres arrivent, en faveur d’une apiculture durable. Elles sont les bienvenues ! »