«La maison brûle et nous regardons ailleurs!»

Voix de la terre

Après la pluie…

Marc Assin

Voix de la terre

Au risque de vous paraître banal, j’aimerais vous parler de la pluie et du bon temps, car j’ai eu grand plaisir, -vous aussi sans doute ! –, à retrouver ces jours-ci un coin de ciel bleu où luit un soleil rieur, après des semaines et des semaines de météo grise et humide ! Depuis la Toussaint, la pluie s’est incrustée chez nous. Omniprésente au-devant de la scène, elle s’est déclinée sous toutes ses formes : tantôt droite et battante, un autre jour venteuse et cinglante, puis fine et vaporeuse, quelquefois torrentielle et tourbillonnante… Nous avons eu droit à tout un catalogue d’averses intermittentes ou de précipitations continues, de quoi renflouer quelque peu les nappes phréatiques au niveau zéro, et rendre vie à nos sources et ruisseaux en panne sèche depuis l’été. Depuis la mi-janvier, -ouf ! –, les hautes pressions ont repris du poil de la bête. Les nuages se déchirent en lambeaux emportés par les vents, et personne n’est fâché de retrouver enfin un ciel plus dégagé.

Foule sentimentale

Marc Assin

Voix de la terre

Le 1er juin 2019 est décédé Michel Serres, un philosophe français tout à fait génial et passionnant. Né dans le sud-ouest de la France en 1931, il était fils d’agriculteur et son parcours exceptionnel porte la marque indélébile de son atavisme paysan. Il était « clairvoyant », et sa pensée perçait les apparences pour découvrir les faces cachées des sentiments humains. Un de ses sujets favoris touchait bien entendu l’agriculture, son évolution au cours du vingtième siècle, et toutes les leçons à tirer pour mieux appréhender notre avenir.

Mon beau sapin ne mérite pas tant de critiques

Voix de la terre

Je souhaite réagir à l’article de Marc Assin paru dans le SB du 20 décembre dernier.

La presse et le glyphosate: information dirigée?

Voix de la terre

Je propose aux lecteurs du Sillon de prendre connaissance et faire connaître un article de France bleu intitulé Glyphosate : grand écart des taux chez les agriculteurs selon les laboratoires

Années chlorophylle?

Marc Assin

Voix de la terre

2020, « twenty twenty » disent les anglophones. Nous venons -déjà !- d’entamer la troisième décennie du 21e siècle, lequel, mine de rien, avance à grands pas sur son chemin pavé de bonnes et moins bonnes intentions… 2020 sera-t-il vain ou divin ? Je ne suis pas devin. Sortirons-nous vingt cœurs des multiples défis présents et à venir ? L’année qui s’achève consacre en tout cas une flopée de belles résolutions, dont ce fameux Green Deal lancé par l’Union Européenne, deux mots qui claquent au vent et sonnent le grand branle-bas de combat contre le réchauffement climatique. Sur qui va-t-on taper cette fois encore ? Je crains le pire…

Dans quel monde vivons-nous?

Voix de la terre

C’était un soir de la mi-décembre tout à fait ordinaire… sauf que pour une fois, je l’ai passé devant la télé. Il n’y avait rien d’exceptionnel ce soir-là : ni guerre, ni catastrophe, ni élection, ni coupe du monde. C’était le remplissage ordinaire : la non-formation du gouvernement, les grèves et manifs en France, les outrances de Donald Trump et… le miel qui m’a attiré comme une mouche sur une merde : une émission SANTÉ sur France 5 : « Les PESTICIDES, peut-on encore y échapper ? »

Mon beau sapin!

Marc Assin

Voix de la terre

Épicéas, douglas, sitkas… : les sapins ne manquent pas en Ardenne ! Ils sont présents par millions, dressés fièrement dans nos forêts, alignés au cordeau en régiments comme des soldats prussiens, uniformes verts de gris et casques à pointe. Enfin, ces derniers mois, avec les attaques des scolytes, disons qu’ils sont beaucoup moins « dressés fièrement », et tirent pour certains une tête à faire peur, dépenaillés et squelettiques. Les sapins de Noël, par contre, gardent leur verdeur d’avance. Le secteur semble florissant : la Belgique est le troisième plus grand producteur d’arbres de Noël, derrière l’Allemagne et le Danemark. 85 % sont paraît-il exportés aux quatre coins du monde. Mon beau sapin, roi des forêts et des campagnes ?

La terre et ses enfants

Marc Assin

Voix de la terre

Dix décembre, midi trente. La Grande Ferme est en effervescence ! On va fêter les soixante ans de mariage de Jules et Maria ! Tout le monde est au rendez-vous pour féliciter et choyer les deux octogénaires encore alertes : enfants, petits-enfants et toute la suite. Apéritif pétillant, buffet léger, discours bienveillants, cadeaux, fous rires, larmes à l’œil, nostalgie heureuse, rien ne manque pour une réunion de famille réussie !

Co-opérons!

Marc Assin

Voix de la terre

À Paris, ils étaient bleus pour la plupart, comme il se doit ; à Berlin, nombre d’entre eux étaient verts, rien d’étonnant ; à Bruxelles, pas un chat, ni gris, ni noir… Lorsque les tracteurs français et allemands défilent dans leurs capitales, franchement, ça a de la gueule ! Quand les agriculteurs se rassemblent et manifestent, ce n’est pas pour rire, ou pour se plaindre de broutilles, surtout nos voisins germains, des durs à cuire disciplinés… Ils en ont gros sur la patate, ras la casquette du « black friday » des prix agricoles soldés à prix sous le plancher, qui dure toute l’année et depuis des décennies. Ils en ont marre des normes, des directives ; plein le dos des administrations, et des donneurs de leçon qui nous infantilisent. Trop, c’est trop : marre d’être systématiquement dénigrés, exploités, soumis aux caprices du bon peuple, du grand commerce et des finances…

Mieux pour tous?

Marc Assin

Voix de la terre

Nos amies les bêtes

Marc Assin

Voix de la terre

Nous ne sommes pas seuls, avec nos veaux, vaches moutons, cochons, couvées… ! Aux alentours de nos fermes, vivent toutes sortes d’animaux dits « sauvages », petits ou gros, discrets ou envahissants, banals ou surprenants. Ainsi, l’autre soir, j’ai pu observer une drôle de bestiole au pelage hirsute gris-roux, de la taille d’un gros chat. Sa longue queue était annelée, et sa tête présentait un masque de Zorro : un raton laveur ! Il s’est éloigné sans trop se presser, pas effarouché pour un sou, de sa démarche un peu pataude. Que faisait-il là, à des milliers de kilomètres de son Amérique d’origine ? Un bel animal, sans conteste ! Il paraît que son espèce est invasive, et impacte négativement nos écosystèmes. Il faut les dénoncer, les pourchasser, les éliminer. Haro sur les ratons ! Je pense plutôt qu’il faut vivre et laisser vivre nos amies les bêtes, qu’elles soient ratons laveurs, écureuils, chats sauvages, taupes, renards, sangliers, belettes, fouines, rats musqués, blaireaux, chevreuils, et toutes les autres…

4.000 km de haies vives!

Marc Assin

Voix de la terre

Green-washing ou réelle volonté de verdir la Wallonie ? Notre nouveau Gouvernement Régional s’est fixé un objectif pour le moins surprenant : planter 4.000 km de haies vives ! J’applaudis à quatre mains cette idée fort sympathique, mais j’ai comme un doute. Où, qui, comment ? N’ont-ils pas les yeux plus grands que le ventre ? Les agriculteurs auront en tout cas l’occasion de redorer leur blason, mais la motivation sera-t-elle au rendez-vous ?

Vive la RT

Voix de la terre

Tout le monde s’accorde à reconnaître que la Raffinerie Tirlemontoise est une entreprise très performante. Elle atteint on ne peut mieux ses objectifs : vendre le plus cher possible le sucre et ses sous-produits, amortir encore et encore son outil de travail et ce jusqu’à la corde, acheter au prix le plus bas possible les betteraves aux planteurs. Personne ne peut critiquer ces pratiques qui sont monnaie courante dans le monde industriel qui tourne autour de l’agriculture.

Le sucre de Seneffe ne sera pas de trop quoi qu’on en dise!

Voix de la terre

J’ai lu avec intérêts dans l’Echo du 12 octobre un article intitulé « Dernière ligne droite pour la sucrerie de Seneffe ». Ancien cadre supérieur de l’industrie sucrière belge, je reste sensible à tous les remous qui entourent la réforme européenne et la disparition des quotas et je reste très informé de toutes les péripéties qui animent le secteur depuis fin 2017.

Né un 16 octobre

Marc Assin

Voix de la terre

Drôle de date anniversaire ! Le destin m’a fait naître un 16 octobre, et dès lors, il était inscrit dans les astres que je serais agriculteur, car ce jour-là est déclaré « Journée Mondiale de l’Alimentation » depuis le 16/10/1945, date à laquelle fut créée l’Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation, dans le contexte d’un après-guerre chaotique où la pénurie en nourriture faisait de nombreuses victimes dans l’Europe en ruines.

Ce qu’ils peuvent faire, nous pouvons le faire aussi!

Voix de la terre

À quelques jours de la fin de l’ultime souscription (31/10) de la CoBT, il manque environ 360 mille tonnes d’engagements pour finaliser le projet. Au-delà des 1.300 planteurs ayant déjà adhéré dont bon nombre d’entre eux vont à nouveau souscrire, l’objet de ce billet est de mettre en lumière la frilosité, le scepticisme voire l’incrédulité des autres adhérents potentiels ; sans doute les attentistes et les opportunistes qui arriveront trop tard car ce projet se fera ou ne se fera pas et, s’il démarre, nous n’aurons plus besoin d’eux.

Et si on se posait les bonnes questions?

Voix de la terre

Comme bon nombre, je suis allé voir le film « Au nom de la terre » avec un Guillaume Canet extraordinaire dans son rôle. J’en reviens assez bouleversée et remplies de questions et d’inquiétudes concernant notre avenir. Et si nous agriculteurs, étions responsables de la situation dans laquelle nous sommes ?

6 sur 10: les mots pour en parler

Marc Assin

Voix de la terre

Les journaux adorent les phrases chocs, les titres aguicheurs. Tout de suite, le regard du lecteur est attiré par les quelques mots imprimés en gras, et son attention plonge aussitôt dans le thème évoqué. Ainsi, au hasard d’une flânerie dans les rayons d’un supermarché, -on meuble comme on peut les courses avec Madame –, je suis tombé sur un intitulé accrocheur, bien en vue au fond de la page de tête de l’Avenir du Luxembourg, sous la photo des Diables Rouges qui s’apprêtaient à rencontrer la « très redoutable » équipe de Saint-Marin. On pouvait lire : « 6 exploitations bovines viandeuses sur 10 ont fermé leurs portes en Wallonie, au cours des dix dernières années ! ». Sapristi ! Ils auraient pu écrire 3 sur 5, ou encore 60 %. « 6 sur 10 » leur semblait-il davantage interpellant, sans doute ?

Lettre ouverte à mes collègues betteraviers et à tous les agriculteurs: envoyons un signal fort aux industriels

Voix de la terre

La dernière ligne droite est en vue ! Je parle de la future sucrerie de Seneffe et de la souscription qui est en cours actuellement.

Pour la Ceettar et la Cema, le montant du bon fourni à l’agriculteur devrait notamment dépendre du nombre total d’hectares  pour lesquels les services agricoles de précision de l’entrepreneur seraient utilisés.

«La Pac doit stimuler l’utilisation des technologies de précision par ses bénéficiaires», plaident la Ceettar et la Cema.

Voix de la terre

La Ceettar et la Cema appellent les États membres à concevoir un système de « bons d’échange pour l’utilisation de technologies de pointe » afin de favoriser la promotion de l’agriculture de précision en Europe.

Euh, quoi de neuf, Docteur?

Marc Assin

Voix de la terre

Un flot continu d’informations inonde notre vie de tous les jours. En principe, celles qui nous concernent personnellement devraient attirer notre attention, nous avertir d’une opportunité à saisir ou d’un danger à combattre. Hélas, les médias nous noient littéralement de données en tous genres. Un fait nouveau chasse l’autre et ce qui devrait nous intéresser s’éloigne trop vite de nos préoccupations. Ainsi, les actualités des derniers mois, chaudes et encombrées, nous ont fait quelque peu oublier un sujet des plus brûlants : la prochaine réforme de la Politique Agricole Commune de l’Union Européenne.

BBBashing et BBB(r)exit : bye bye BBB ?

Marc Assin

Voix de la terre

«Avant, la situation était grave, mais pas désespérée; maintenant, la situation est désespérée, mais ce n'est pas grave!» Cette boutade humoristique pourrait s'appliquer à l'élevage allaitant BBB, lorsqu'on découvre les résultats comptables catastrophiques des cinq dernières années, quand on observe les nuages noirs qui s'accumulent dans un ciel qui n'est plus blanc bleu belge depuis belle lurette. Au côté des sombres nuées qui accompagnent l'accord UE-Mercosur, un énorme cumulo-nimbus en forme d'enclume est justement en formation. Il s'appelle «Brexit dur» et nous annonce un bel orage, accompagné de douches froides et d'éclairs foudroyants. Faut-il pour autant abandonner tout espoir de jours meilleurs?

Félicitations au réalisateur!

Voix de la terre

Dans le cadre du Festival International du Film Francophone (FIFF), ce samedi, je suis allé voir le film « Au nom de la terre » au Caméo à Namur. N’étant pas un habitué de cinéma, j’ai été agréablement surpris de voir plus de cinquante mètres de file dans la rue pour cette projection. C’est heureux de voir que la société civile s’intéresse à cette problématique.

Nos briques et nos pierres

Marc Assin

Voix de la terre

Carcasses de pierres alanguies aux larges façades décolorées, nos vieilles fermes dressent aujourd’hui leurs vastes silhouettes anachroniques au milieu d’habitations modernes aux lignes impertinentes. Parfois hélas devenues chancres ruraux, elles constituent les témoins d’un passé révolu, et s’effacent peu à peu des paysages intérieurs de nos villages, en même temps que les derniers agriculteurs. Autrefois lieux d’une intense vie familiale et sociale, elles semblent avoir perdu toute raison d’être avec la disparition de leurs occupants. Toute chaleur semble les avoir désertées depuis l’arrêt de leurs activités, vastes bâtisses silencieuses aux murs décrépis, aux toits avachis par le poids des ans et des regrets. Que vont-elles devenir ?