La vague en vogue

Marc Assin

Voix de la terre

Ô H2O

Marc Assin

Voix de la terre

« Flitch, flitch, plic, ploc ! », chantonnent les bottes dans les flaques d’eau. Cette fois, ça y est, la pluie est revenue en force et désaltère les prairies. Les gazons reverdissent et les champignons pointent leurs petits nez blancs, de-ci de-là. Le retour de l’eau a lavé les poussières et ravivé les couleurs, après six mois d’abstinence, d’abonnée absente à notre quotidien. Le manque crée l’envie, puis le besoin s’installe et nous fait mesurer la valeur de notre or bleu, lequel pourrait bien, à terme, devenir un précieux objet de convoitises, de spéculations, d’enjeux financiers et politiques.

Le pain, essentiel pour notre santé, même s’il est industriel?

Voix de la terre

Quoi de plus boostant le matin pour commencer la journée qu’une bonne tartine de pain avec sa couche de beurre de ferme, de maquée, de confiture maison ou de miel ? Et pourtant, ce pain que nous croyons « bon pour notre santé », l’est-il toujours en réalité ?

La forêt wallonne en danger… sauf le peuplier!

Voix de la terre

Depuis une vingtaine d’années, la forêt wallonne connaît une crise sanitaire généralisée : hêtres, chênes, frênes et surtout les épicéas sont ravagés par des champignons, des insectes quand ce n’est pas la sécheresse liée au réchauffement climatique. Des groupes d’experts se réunissent afin de déterminer les causes de cette situation et d’envisager des solutions pérennes. De ces constats il semble se dégager une cause principale : l’élévation régulière de la température durant la période de végétation, ce qui amène à envisager le remplacement des espèces indigènes par des arbres d’origine plus méridionale. Les premiers essais démarrent. Il faudra attendre de plusieurs années pour obtenir des confirmations quant à l’intérêt de ces nouvelles origines.

Le temps des seigneurs

Marc Assin

Voix de la terre

« En achetant nous-mêmes des terres agricoles, nous nous assurons qu’elles restent protégées de l’agriculture ». Directeur général de Colruyt Fine Food et responsable de la politique agricole de Colruyt Group, Stefan Goethaert n’y va pas par quatre chemins, de quoi crisper et enfin réveiller les syndicats agricoles ! Ceux-ci semblent découvrir, tels des vierges outragées, le processus déjà avancé de phagocytose de notre activité, entamé par des entités financières et industrielles. La chaîne flamande d’hypermarchés entend désormais gérer les terres qu’elle possède autour de ses centres de distribution ; de plus, elle souhaite maintenant acquérir d’autres surfaces, afin de cultiver elle-même des produits alimentaires « en collaboration avec des agriculteurs locaux », en leur confiant le travail et l’expertise. Auréole au-dessus de la tête et main sur le cœur, Colruyt Group affirme désirer tout simplement que les végétaux produits sur SES parcelles aboutissent dans SES magasins.

Nouveau gouvernement et perspective betteravière: la raison va-t-elle triompher?

Voix de la terre

Enfin, après presque 500 jours d’attente, nous avons un gouvernement fédéral à part entière. Bien sûr, il devra traiter un très large éventail de domaines politiques, mais en tant que Confédération des Betteraviers belges (CBB), nous attendions bien sûr avec impatience ce qui serait décidé sur l’agriculture, l’environnement et la biodiversité, et ceci d’une perspective betteravière.

#LeConsommateurEstUnClown... triste!

Voix de la terre

Selon une récente analyse de Greenpeace publiée sur son site le 22 septembre dernier, les émissions de gaz à effet de serre provenant de l'élevage dans l'UE représentent 17 % du total des émissions de l'UE et sont plus dommageables pour le climat que toutes les voitures et camionnettes réunies. Pour l’ONG, l'ampleur de cette problématique signifie que l'UE ne peut pas atteindre les objectifs de l'accord de Paris sur le climat et éviter les pires conséquences de la dégradation du climat sans une réduction du nombre d'animaux d'élevage.

Capillotracteurs

Marc Assin

Voix de la terre

« Capillotracté » : il s’agit là du nouveau mot à la mode ! J’adore ce néologisme croustillant, cinq syllabes qui égayent les conversations, et que l’on retrouve à tous les coins de paragraphe dans les articles des journaux ! Il remet au goût du jour la bonne vieille expression « tiré par les cheveux ». Beaucoup de discours, de déclarations, de procédures sont aujourd’hui exagérés, peu naturels, alambiqués, tirés par les cheveux, et donc « capillo-tractés » par des « con-tracteurs » ! La crise du Covid-19, par exemple, nous apparaît excessivement capillotractée, ébouriffée dans tous les sens par les médias, les politiciens et les scientifiques. La capillotraction est même devenue LE sport national politique en Belgique, quand on considère la saga hérissante de la formation du gouvernement fédéral, avec en points d’orgue les propos échevelés de certains présidents de partis.

Effet de serre: l’innocence bovine

Voix de la terre

Dans « Émissions de GES en Wallonie, 15-4-2018, sources SPW – AWAC », la responsabilisation des émissions de Gaz a Effet de Serre par secteur, se situe comme suit : 30 % par l’industrie, 25 % par le transport, 15 % par le résidentiel, 13 % par l’agriculture, 5 % par le secteur tertiaire, 3 % autres et 1 % par les déchets.

Coût climatique

Marc Assin

Voix de la terre

« 223 euros ! Et mon caddie n’est même pas rempli ! Se nourrir coûte de plus en plus cher, ma bonne dame ! ». La complainte des consommateurs s’étire et se répète sans fin au sortir des supermarchés ; les clients inspectent leur bon de caisse et déplorent systématiquement la chèreté des aliments. Et pourtant… Les étiquettes dans les rayons affichent des montants bien inférieurs aux coûts réels des marchandises, ce n’est un secret pour aucun spécialiste de l’économie. Il faudrait y ajouter le coût environnemental, que nous devrons un jour solder ; nous-mêmes et surtout nos enfants ! Le prix payé ne comprend pas non plus le coût social, ce déni de revenu décent imposé aux agriculteurs par notre société. Ceux-ci sont enferrés dans un système trop bien rodé, lequel leur impose d’une main des prix de vente inférieurs aux prix de revient, et de l’autre main les indemnise chichement avec de l’argent public, qu’il conviendrait logiquement d’ajouter au prix payé ! Les 223 euros de ce caddie devraient être multipliés par 1,5, voire 2. Un jour ou l’autre, l’humanité devra repasser à la caisse pour combler la différence, forcément…

«Le monde paysan souffre d’un système économique qui broie le quotidien des hommes et des femmes. Dans ce milieu dur au mal et taiseux, comment parler des difficultés ? Et comment montrer la réalité tragique des suicides ? La photographe Karoll Petit l’a tenté par l’image durant plusieurs années d’enquête.». Photo extraite de «La détresse paysanne dans un monde agricole qui dégringole», par Karoll Petit et le journal Reporterre.  «Jean-Pierre Le Guelvout avait un chien, qui est toujours bien présent dans la ferme.  Il s’appelle Lost. Kerlego, golfe du Morbihan, France.»

Le cadmium, une sucette pour les médias!

Voix de la terre

Les chances pour l’élevage en Wallonie sont sérieuses mais gare à son industrialisation!

Voix de la terre

À la lecture de différents articles relatifs à l’élevage wallon parus dans la presse, je vous livre quelques réflexions compte tenu de l’importance de celui-ci pour notre agriculture wallonne.

Les pouvoirs des plantes

Marc Assin

Voix de la terre

D’une année à l’autre, la tendance se renforce : un engouement marqué pour les plantes ne cesse de croître dans la conscience occidentale. Végétarisme et véganisme, textiles tissés de fibres végétales, constructions en bois, isolation écologique, biocarburants…, et bien entendu tout ce qui touche à la phytothérapie, aux décoctions, tisanes, baumes et multiples préparations médicinales.

Sacré Charlemagne!

Marc Assin

Voix de la terre

« Qui a eu cette idée folle, un jour d’inventer l’école ? ».

La petite chanson espiègle de France Gall n’a guère pris de rides en cinquante-six ans ! Elle trotte encore parfois dans la tête des plus anciens, surtout à cette époque de l’année, synonyme de rentrée des classes. Il faut dire que l’on passe aujourd’hui de nombreuses années sur les bancs de l’école : minimum quinze, et bien plus si affinité ! Cette longue période d’enseignement laisse toutes sortes de souvenirs très diversifiés : du plaisir, de l’ennui, de la camaraderie, des disputes, des réprimandes, des félicitations, des découvertes, de la passion, des déceptions, des vexations, des victoires, et surtout des apprentissages. Mais le plus important n’est-il pas « d’apprendre à apprendre » ? Cette faculté devrait en principe s’acquérir grâce à un cursus scolaire adéquat ; elle constitue un atout fondamental en 2020, en agriculture et partout ailleurs !

Le méteil fait partie des piliers de l’autonomie fourragère pour l’alimentation des animaux.

Canicule et sécheresse: difficile pour beaucoup d’agriculteurs, mais des pistes de résilience existent!

Voix de la terre

Certaines pratiques agricoles permettent à des producteurs de subir un peu moins les conséquences des dégradations climatiques.

Mots d’août

Marc Assin

Voix de la terre

Radin comme un Hollandais, le ciel de juillet a gardé pour lui sa chaleur et ses pluies bienfaisantes. Nos amis flamands l’affirment : le nord-est ne leur apporte rien de bon, et pas uniquement le vent… Jusqu’à présent, nous vivons durant cet été une drôle de « sécheresse froide », avec des bises assez fraîches et un grand déficit de précipitations, malgré le passage fréquent de gros nuages gris. Le mois d’août va-t-il changer la donne ? Nous apporter des pluies et un peu de chaleur ? Nous susurrer des mots doux ? Chasser par exemple cet embêtant virus qui nous empoisonne la vie ? Nous trouver un gouvernement fédéral ? Éclaircir le bleu libéral de la PAC ?

Des bouliers compteurs pour des morceaux de sucres

Voix de la terre

Agricultrice, productrice de betteraves sucrières, je ne peux que m’étonner de l’attitude attentiste du secteur bancaire vis-à-vis du projet de la sucrerie coopérative de Seneffe. À l’heure du développement local, du commerce équitable, ce projet répond à une nécessité pour le secteur agricole.

Retour à l’anormal

Marc Assin

Voix de la terre

Voici quatre mois, le Covid-19 faisait sa joyeuse entrée dans notre quotidien, confineur confidentiel assignant à demeure une population déconcertée. Puis le virus s’en est allé papillonner sous d’autres cieux, contaminer des innocents, des insouciants, des imprudents, des imbéciles. Il a laissé chez nous en arrière-gardes quelques hordes bien armées, planquées en embuscade, histoire de nous embêter et nous obliger à rester sur nos gardes, quoiqu’il advienne. Il nous a interdit les gestes amicaux, les effusions d’amour et d’affection. Il est parvenu à gripper et mettre à l’arrêt pour un temps l’infernal mouvement perpétuel de notre flamboyante machinerie capitaliste. Il a ainsi rendu quelques bouffées d’oxygène à nos cieux pollués, éclairci nos esprits embrumés. Cette parenthèse inattendue aura duré quelques semaines, trois petits tours et puis s’en va, puis le déconfinement s’est attelé au retour jubilatoire « à la normale ». Ne devrait-on pas dire plutôt « à l’anormal », à « l’amoral », sous bien des aspects ?

Léopold II, l’hévéa et les migrations

JMP

Voix de la terre

Ces temps-ci, Léopold II est, si pas à l’honneur, en tous cas sur le devant de la scène. Votre chroniqueur Marc Assin a bien analysé cette constance de notre espèce à jouer au «dominant-dominé» entre les peuples au fil des siècles.

Allons-nous traire à la main?

Voix de la terre

En Belgique, nous consommons chaque année, toutes énergies confondues, 627 millions de MWh.Nos éoliennes produisent annuellement 16 millions de MWh. Nous voyons donc la différence. Faire des économies d’énergie ne permettra pas de combler ce gouffre. Et de toute façon, la population n’acceptera jamais de réduire son train de vie. Les fermiers accepteront-ils de retourner à la traction chevaline et à la traite manuelle ?

«Colonia-virus»

Marc Assin

Voix de la terre

La belle barbe de Léopold II est aujourd’hui tachée du sang des millions de Congolais massacrés durant l’époque coloniale ; la mémoire de la Belgique est souillée par tous les excès commis au nom du droit du plus fort, quand une nation moderne et prospère s’empare d’une vaste région, s’approprie ses terres, ses ressources naturelles et asservit sa population. Les grands états européens ont pratiqué cette activité violente et lucrative durant des siècles, en Afrique, Asie, Amérique et partout dans le monde. La Belgique a suivi l’exemple -avec zèle il est vrai !- de la France, l’Espagne, la Grande Bretagne… En fait, l’exploitation de l’homme par l’homme est aussi vieille que l’humanité, et l’agriculture est concernée au premier chef. Il existe mille et une façons de voler des terres, d’exploiter ou d’anéantir des peuples de paysans, et cela dure depuis des millénaires, d’hier à aujourd’hui.

L’après Covid 19: pire ou mieux qu’avant pour notre alimentation?

Voix de la terre

En général toute crise quel qu’elle soit amène du changement. Actuellement déjà alors que vraisemblablement la crise est loin d’être terminée des choses ont changé. La preuve a été faite qu’il est possible en quelques semaines de suspendre partout dans le monde et au même moment un système économique dont on nous disait jusqu’ici qu’il était impossible à ralentir, à rediriger, interrompre.

Camping-piercing

Marc Assin

Voix de la terre

Ardenne, merveilleuse terre de tourisme ! Ce slogan, aussi vieux que les premières roulottes camping-cars, est ressorti ces dernières semaines à la faveur de la pandémie Covid-19, laquelle limite les déplacements des aficionados inconditionnels de vacances. Fini d’épater les collègues avec des déplacements aux quatre coins du monde, vidéos et photos à l’appui ! Les Belges amateurs de grands voyages devront se contenter de l’Europe, et surtout… de notre pays-confetti ! Deux destinations opposées ont la cote chez nous : les plages de la Mer du Nord, et les hauts plateaux de l’Ardenne. Nos campagnes vont-elles être envahies par des hordes de touristes ?

Et voilà comment on a déserté les cours de ferme

Voix de la terre

Avec un PIB national tout rikiki de 0,7 %, l’agriculture belge exporte néanmoins 6 fois plus que sa part dans ce même PIB. Si on y rajoute l’industrie alimentaire, cette proportion grimpe jusqu’à fois 12 ! Petit mais costaud !

Le mythe de la Femme-Araignée

Marc Assin

Voix de la terre

Ces temps-ci, les bulles sont à la mode. Elles pétillent de tous côtés, en principe sans trop se toucher : bulles familiales, bulles sociales, amicales, sportives, etc. Les bulles sont pourtant fragiles, et très éphémères. Gonflées d’air, elles s’envolent à la moindre brise et éclatent sans rien laisser, ou se rassemblent par milliers en une mousse légère, laquelle retombe trop souvent en un morne liquide, triste comme une larme. Une bulle n’est nullement faite pour vivre seule. De même, notre agriculture n’est pas confinée dans une enveloppe qui l’isole du reste du monde. Elle fait partie du « système alimentaire », « food system » selon sa dénomination la plus moderne. Les termes de « filière » et « chaîne alimentaire », employés naguère dans le langage courant, étaient trop linéaires et n’exprimaient pas l’enroulement sur lui-même de tout un système interconnecté, interdépendant. Alors, dans le nouveau Green Deal, cheval de bataille de l’Union Européenne pour ces prochaines années, le concept « Farm to Fork Strategy » -stratégie de la ferme à la fourchette- entend déployer ce qu’ils appellent un « système » alimentaire harmonieusement interconnecté, solide et résilient, aux myriades de bulles montées en une mousse censément onctueuse, qui ne retombera pas au moindre coup de froid, ou de chaud… En toute logique, notre agriculture devrait être au centre de ce redéploiement, et bénéficier de toutes les attentions. Sera-ce le cas ?