Ces chers polders…

Voix de la terre

99.000 ha de plus pour la production alimentaire grâce au photovoltaïque

Voix de la terre

Tandis que les céréaliers ukrainiens tentent de faire leurs semis de printemps sous les obus, l’Europe redoute un manque de céréales, une explosion des prix, voire une pénurie alimentaire. Tout près de chez nous, 100.000 ha de bonnes terres agricoles, déjà couvertes de jeune blé, sont pourtant immédiatement disponibles, dès la moisson de l’été 2022. La volonté politique suffirait pour mettre sur le marché mondial la ration alimentaire annuelle de 2 millions de personnes supplémentaires.

Autant en emporte le clan…

Marc Assin

Voix de la terre

Dites-le avec des fleurs

Marc Assin

Voix de la terre

Fin avril, début mai, la nature au verger adopte le style hippie et couvre de fleurs ses arbres fruitiers, les uns après les autres. Ce « flower power » devrait inspirer ceux qui sèment les fleurs du mal, aux confins de l’Europe… Chez nous, la paix règne encore -pourvu que ça dure !- et le printemps pose avec détermination les premiers jalons des récoltes futures.

«Ça ne roule pas à l’eau, ç’t’engin-là!»

Marc Assin

Voix de la terre

Le « ça » en question était vert-prairie décoré de bandes jaunes, et arborait fièrement sur son nez la petite fusée dorée de Magerus-Deutz. Vingt-deux chevaux-vapeur sous le capot, relevage hydraulique et prise de force (« À quoi ça peut servir ? »). En ce mois de mai 1965, mon oncle n’était pas peu fier de son premier tracteur, et mon grand-père fort dépité de voir ses deux braves juments mises au repos forcé, avant peut-être de gagner l’abattoir… Il ne cessait de critiquer l’acquisition de son fils, et affirmait qu’il allait se ruiner en mazout, en huiles et en entretien de « ça ». Pourtant, à l’époque et durant les Trente Glorieuses, le carburant ne coûtait que l’équivalent de quelques centimes d’euro/litre. Mais si le vieux Parrain revenait sur Terre aujourd’hui, mazout vingt fois plus cher, il dirait : « J’te l’avais bien dit : ç’t’affaire-là va vous mettre tous sur la paille ! ».

Prendre demain à deux mains?

Marc Assin

Voix de la terre

Ah, hier encore, ces virus ! Et aujourd’hui, ces vils Russes ! Les gros pavés lancés en Ukraine n’en finissent pas de faire des ronds dans la mare aux peinards Occidentaux, soudainement réveillés par une guerre sortie de nulle part, cauchemar revu et corrigé à la Poutine, sorti tout droit d’un passé révolu depuis 80 ans. Les réfugiés affluent dans nos pays, désorientés, hébétés, ahuris de découvrir chez nous un mode de vie moins « cool & relax » qu’il n’y paraît vu de chez eux, une Belgique où la bureaucratie n’a guère à envier à celle de l’ancien Bloc de l’Est. Ceux qui ne connaissent ni l’anglais, ni une des trois langues belges, apprennent très tôt leur premier mot : « demain ». Revenez demain ; vous aurez un logement demain ; vos papiers seront prêts demain ; etc. Ils comprennent vite que « demain » veut dire chez nous « un de ces jours », « dans un avenir plus ou moins proche » ou même « jamais », et qu’il leur faudra s’armer d’une patience d’ange pour ne pas désespérer. Les agriculteurs connaissent ce syndrome belgo-belge, ce « demain » sur lequel nous avons buté, butons et buterons tout au long de notre carrière, à la ferme et dans les champs, dans les bureaux des administrations. Demain ne meurt jamais, dirait James Bond. Nous, oui…

Voici venu le temps des «azotosceptiques»

Voix de la terre

Il est clair que produire moins chez nous pour mieux déforester ailleurs est une aberration. L’heure est venue de réhabiliter l’azote pour ce qu’il est vraiment : un élément essentiel à la vie. Sans azote, pas d’ADN, pas de protéines, pas de croissance.

Ah zut! Ah zott’!

Marc Assin

Voix de la terre

En avons-nous trop, ou trop peu ? Il faudrait se décider… Les élevages industriels produisent trop d’azote : ah zut alors ! Les engrais synthétiques azotés sont hors de prix et risquent de manquer : ah zott’, alors ! Selon les spécialistes du FAO, ceux-ci permettent la production d’un tiers de la nourriture mondiale : impossible de s’en passer sans provoquer une famine… L’agriculture craint dès lors pour son approvisionnement, tandis que des milliers d’unités d’azote se perdent chaque jour dans les airs, dans les nappes phréatiques et les cours d’eau des régions très peuplées et des zones d’élevages hyper-intensifs comme la Bretagne, la Flandre ou les Pays-Bas. Ne serait-il pas temps d’imaginer -et de mettre sur pied !- une politique cohérente qui puisse gérer les flux azotés, d’où qu’ils viennent et où qu’ils aillent ?

Semis de chicorée.

Beneo-Orafti est-elle correcte avec les planteurs?

Voix de la terre

L’Opco, l’Organisation professionnelle des producteurs de chicorées d’Oreye, a calculé l’augmentation des coûts à laquelle les planteurs devront faire face et qui empêchera la rentabilité de la production pour un bon nombre d’entre eux cette année. Celle-ci sera de 300 à 400 €/ha, ce qui correspond au minimum à 6 à 8 €/tonne de chicorées produites à un rendement moyen de 50 t/ha.

Panne sèche

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Une nuit de lune noire, j’ai vécu un cauchemar. Trop de frites et de boulets liégeois au souper ? Overdose de violence à la télé, de Poutine jouant à la roulette ruse sur la tempe de l’Europe ? J’ai rêvé que le monde ne possédait plus une goutte de pétrole ni de carburant, que tous les moteurs étaient silencieux, les gazoducs vidés, les centrales électriques en panne. Les tracteurs restaient bêtement à l’arrêt dans les champs, l’un la charrue encore attelée, l’autre le semoir à céréales agrippé à la terre, figés en plein travail ! Les camions, parfois encore remplis de babioles inutiles, se trouvaient abandonnés un peu partout, sans parler des voitures bloquées en grand désordre sur les routes et les trottoirs. Bus et trains ne roulaient plus, remisés dans leurs dépôts, ou stoppés en plein trajet sur une route ou une voie ferrée, en rase campagne. Paralysie sur images d’une société hyper-active, ivre de mouvements incessants !

Printemps bruyant

Voix de la terre

Mitscherlich et le prix des engrais

Voix de la terre

Une question revient souvent dans les conversations: «Comment raisonner les engrais vu leur coût actuel?» Sans doute pouvons-nous répondre: «Comme en 2009, quand les engrais avaient augmenté dans la foulée du prix des céréales mais sans redescendre aussi rapidement.»

Engagez-vous, qu’ils disaient…

Voix de la terre

Nous nous sommes tous engagés un jour ou l’autre dans quelque chose : un club de foot, de marche, de sport, un groupe de soutien et d’écoute, une chorale, un syndicat d’initiative, un groupe « nature », un groupement de producteurs, etc. Certains s’engagent en politique, d’autres à l’armée, en religion, à la Croix-Rouge, à MSF… Il existe mille et une façons de s’engager. Nous-mêmes, agriculteurs, sommes de grands « engagés » dans la multitude de responsabilités qui touchent à notre profession. Et justement, avec le printemps revient l’incontournable et redoutable déclaration de superficie PAC, dans laquelle nous nous engageons à respecter pas mal de normes et règlements !

RT- 38€: la morale de cette histoire!

Voix de la terre

Décidément la période que nous vivons est des plus déstabilisante. La proposition de la RT de remonter le prix minimum de 28,24 à 38 € – ce qui représente une augmentation de près de 35 % – sonne comme une victoire est une nouvelle très positive pour l’avenir. Oui nous disons bien pour l’avenir parce qu’à court terme et avec les conditions d’instabilité économique actuelle cela pourrait ne pas suffire voire même être hors sujet.

Et maintenant, on fait quoi?

Marc Assin

Voix de la terre

La pandémie de coronavirus nous a donné un petit avant-goût de l’enfer, le sentiment de sentir sur sa nuque le souffle chaud d’un dragon. Sauf que maintenant, ce qui n’était qu’une impression de désastre brûlant est devenu une réalité incandescente, avec la guerre Russie-Ukraine… Le Destin fait fort depuis deux ans, qui nous précipite de Charybde en Scylla, puis du Covid au Moscovite. La loi des séries nous réserve-t-elle d’autres surprises ? Déjà, les prix flambent dans tous les secteurs, et le spectre des pénuries alimentaires déploie ses ailes en grand, prêt à fondre sur les pays pauvres importateurs et à déchiqueter les économies du monde entier. Du cauchemar à l’espoir, de l’espoir au cauchemar les cœurs balancent, et battent au rythme des bonnes et des mauvaises nouvelles. Comment appréhender ce qui nous attend ?

Nous sommes tous ukrainiens…

Voix de la terre

Comme nous étions Charlie après l’attentat de Charlie Hebdo à Paris le 7 janvier 2015. On ne comprend pas pourquoi, depuis la nuit des temps, l’homme peut être aussi violent et intolérant avec ses semblables.

Le virus s’en va, le vil Russe s’en vient

Marc Assin

Voix de la terre

Avant -mais c’était avant…-la guerre déclenchée par Poutine, le mot « Ukraine » était indissociablement lié à ses « terres noires » les plus fertiles du monde. Voir ce paradis agricole labouré par les chars russes et rougi par le sang des victimes est un vrai crève-cœur. Les conflits guerriers n’amènent jamais rien de bon : des souffrances incommensurables, des destructions, des pollutions, un gaspillage insensé de ressources et d’énergie, à l’heure où le dérèglement climatique menace l’humanité toute entière.

Étranglement

Marc Assin

Voix de la terre

Réputés se plaindre tout le temps, les agriculteurs ont été rejoints dans ce fâcheux comportement par une importante cohorte de consommateurs! En fin de mois, beaucoup tirent de drôles de têtes en découvrant leur compte en banque asséché, persuadés pourtant de ne pas avoir commis de folie. On appelle ce phénomène «inflation», mes bons amis! Comme les Animaux Malades de la Peste, «ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés!» . Parmi les agriculteurs, le renchérissement des engrais et des intrants inquiète beaucoup d'exploitants; chez les particuliers, le coût du gaz et de l'électricité fait des ravages jusque dans la classe hier encore dite «moyenne»!

Les bons choix

Marc Assin

Voix de la terre

C’est le moment, c’est l’instant de réfléchir à son plan de culture ! Février avance bon train, et les champs se réveillent tout doucement à l’appel d’un soleil qui revient aux affaires, après les interminables semaines d’un hiver à la Jacques Brel, « avec un ciel si gris qu’il faut lui pardonner, avec le vent du nord qui vient s’écarteler ». Que va-t-on semer cette année ? Et d’une manière plus large, quelles surprises 2022 nous réserve-t-il ? Été de foins ? Été de grains ? Inondations ou sécheresse ? Marchés agricoles en hausse, ou dégringolade ? Bye bye covid, ou corona come-back ? Guerre ou paix en Ukraine ? Les questions se bousculent dans les têtes, et laissent autant de réponses à deviner…

Les terres agricoles: «Espèces» menacées?

Voix de la terre

Après les bétons, asphaltes, bâtiments administratifs, voici que les panneaux photovoltaïques deviennent de nouveaux prédateurs de terres agricoles.

TVA sur les engrais: de 12% à 6%?

Voix de la terre

En vue d’aider les consommateurs frappés par l’augmentation du coût du chauffage, par le gaz, par l’électricité, le Ministère des Affaires Économiques propose de réduire la TVA de 21 % à 6 %.

Comme au temps des Mayas…

Marc Assin

Voix de la terre

Avec une contagieuse obstination, l’espèce humaine répète en boucles les mêmes comportements, les mêmes emportements depuis la nuit des temps. Elle a conquis tout l’espace vital de sa planète, puis appris à cultiver la terre voici 10.000 ans à peine. Au fil des siècles se sont développées de brillantes civilisations, disparues les unes après les autres, le plus souvent empêtrées dans des crises majeures causées en grande partie par la mauvaise conduite de leur agriculture. Un reportage consacré aux Mayas (France 5, 27 janvier) m’a beaucoup interpellé, tant leur déclin présente des similitudes effrayantes avec notre époque contemporaine. Vers 900 après JC, l’extraordinaire civilisation Maya s’éteignit au faîte de sa splendeur, en Amérique Centrale. Démographie urbaine galopante, surexploitation des sols, déforestation, changements climatiques, troubles sociaux, conflits intercités…, anéantirent un mode de vie bien rodé en quelques décennies à peine ! Ces causes ne vous rappellent-elles rien ?

Question d’argent

Marc Assin

Voix de la terre

« Ah, si ce n’était pas les sous ! Si je tenais l’idiot qui a inventé l’argent… ». Je ne sais trop pourquoi, j’ai une tête à recueillir les confidences. Un vieil ami m’a exposé ses états d’âme, son désappointement de voir son plus jeune fils abandonner son grand projet de reprise de la ferme familiale, bel héritage paysan de plusieurs générations. Si ce n’était un lourd capital à emprunter et des perspectives aléatoires, son gamin aurait certainement franchi le pas, mais l’effroyable logique capitaliste a eu raison de tout son amour pour le métier de ses aïeux. Il se contentera de son petit élevage dynamique, de son vaste potager « cultivé pour le plaisir », sans avoir à se tracasser toute sa vie comme son père, endetté chronique toujours à la chasse aux euros. Le jeune homme restera fonctionnaire aux heures de bureau, micro-fermier le reste du temps…

«Instruire pour servir»

Marc Assin

Voix de la terre

20 mars 1932

Cette date n’évoque sans doute chez vous aucun écho particulier. Elle devrait pourtant être marquée d’une pierre blanche, dans les mémoires des agriculteurs de notre beau pays ! Ce jour-là parut le tout premier Sillon Belge, le numéro UN d’une très longue série qui nous régale depuis bientôt nonante ans, et fête cette semaine son numéro 4000 ! Quatre mille « Sillon Belge » ! Imaginez les piles de journaux, où sont consignés les heurs et malheurs de notre profession, toute son évolution, toutes ses révolutions au fil de ces neuf décennies chahutées par l’Histoire… « Instruire pour servir »  : telle était la devise de son fondateur, Roger de Marneffe, et telle fut la ligne de conduite de ses successeurs, tout au long des quatre mille Sillon Belge.

Quel État gère?

Marc Assin

Voix de la terre

Inutile de vous le rappeler, notre société vit une époque fort chahutée, secouée dans la plupart de ses compartiments, de ses tiroirs et étagères… L’agriculture wallonne n’échappe pas aux chamboulements tous azimuts, et c’est peu de le dire ! Notre nouvelle PAC est à l’étude auprès de nos gouvernements régionaux, afin de décider à quelle sauce piquante nous serons mangés. Sur nos femmes et hommes politiques wallons, repose la lourde tâche de mettre en musique les partitions européennes. Valse ou tango ? Limbo-twist ou boogie-woogie ? Les paris sont ouverts ! Le monde politique tient notre sort entre ses mains : c’est tout sauf rassurant, quand on voit comment la particratie mange littéralement les débats au sein des hémicycles parlementaires et sur les tables de négociations.