Des bouliers compteurs pour des morceaux de sucres

Voix de la terre

Retour à l’anormal

Marc Assin

Voix de la terre

Voici quatre mois, le Covid-19 faisait sa joyeuse entrée dans notre quotidien, confineur confidentiel assignant à demeure une population déconcertée. Puis le virus s’en est allé papillonner sous d’autres cieux, contaminer des innocents, des insouciants, des imprudents, des imbéciles. Il a laissé chez nous en arrière-gardes quelques hordes bien armées, planquées en embuscade, histoire de nous embêter et nous obliger à rester sur nos gardes, quoiqu’il advienne. Il nous a interdit les gestes amicaux, les effusions d’amour et d’affection. Il est parvenu à gripper et mettre à l’arrêt pour un temps l’infernal mouvement perpétuel de notre flamboyante machinerie capitaliste. Il a ainsi rendu quelques bouffées d’oxygène à nos cieux pollués, éclairci nos esprits embrumés. Cette parenthèse inattendue aura duré quelques semaines, trois petits tours et puis s’en va, puis le déconfinement s’est attelé au retour jubilatoire « à la normale ». Ne devrait-on pas dire plutôt « à l’anormal », à « l’amoral », sous bien des aspects ?

Léopold II, l’hévéa et les migrations

JMP

Voix de la terre

Ces temps-ci, Léopold II est, si pas à l’honneur, en tous cas sur le devant de la scène. Votre chroniqueur Marc Assin a bien analysé cette constance de notre espèce à jouer au «dominant-dominé» entre les peuples au fil des siècles.

Allons-nous traire à la main?

Voix de la terre

En Belgique, nous consommons chaque année, toutes énergies confondues, 627 millions de MWh.Nos éoliennes produisent annuellement 16 millions de MWh. Nous voyons donc la différence. Faire des économies d’énergie ne permettra pas de combler ce gouffre. Et de toute façon, la population n’acceptera jamais de réduire son train de vie. Les fermiers accepteront-ils de retourner à la traction chevaline et à la traite manuelle ?

«Colonia-virus»

Marc Assin

Voix de la terre

La belle barbe de Léopold II est aujourd’hui tachée du sang des millions de Congolais massacrés durant l’époque coloniale ; la mémoire de la Belgique est souillée par tous les excès commis au nom du droit du plus fort, quand une nation moderne et prospère s’empare d’une vaste région, s’approprie ses terres, ses ressources naturelles et asservit sa population. Les grands états européens ont pratiqué cette activité violente et lucrative durant des siècles, en Afrique, Asie, Amérique et partout dans le monde. La Belgique a suivi l’exemple -avec zèle il est vrai !- de la France, l’Espagne, la Grande Bretagne… En fait, l’exploitation de l’homme par l’homme est aussi vieille que l’humanité, et l’agriculture est concernée au premier chef. Il existe mille et une façons de voler des terres, d’exploiter ou d’anéantir des peuples de paysans, et cela dure depuis des millénaires, d’hier à aujourd’hui.

L’après Covid 19: pire ou mieux qu’avant pour notre alimentation?

Voix de la terre

En général toute crise quel qu’elle soit amène du changement. Actuellement déjà alors que vraisemblablement la crise est loin d’être terminée des choses ont changé. La preuve a été faite qu’il est possible en quelques semaines de suspendre partout dans le monde et au même moment un système économique dont on nous disait jusqu’ici qu’il était impossible à ralentir, à rediriger, interrompre.

Camping-piercing

Marc Assin

Voix de la terre

Ardenne, merveilleuse terre de tourisme ! Ce slogan, aussi vieux que les premières roulottes camping-cars, est ressorti ces dernières semaines à la faveur de la pandémie Covid-19, laquelle limite les déplacements des aficionados inconditionnels de vacances. Fini d’épater les collègues avec des déplacements aux quatre coins du monde, vidéos et photos à l’appui ! Les Belges amateurs de grands voyages devront se contenter de l’Europe, et surtout… de notre pays-confetti ! Deux destinations opposées ont la cote chez nous : les plages de la Mer du Nord, et les hauts plateaux de l’Ardenne. Nos campagnes vont-elles être envahies par des hordes de touristes ?

Et voilà comment on a déserté les cours de ferme

Voix de la terre

Avec un PIB national tout rikiki de 0,7 %, l’agriculture belge exporte néanmoins 6 fois plus que sa part dans ce même PIB. Si on y rajoute l’industrie alimentaire, cette proportion grimpe jusqu’à fois 12 ! Petit mais costaud !

Le mythe de la Femme-Araignée

Marc Assin

Voix de la terre

Ces temps-ci, les bulles sont à la mode. Elles pétillent de tous côtés, en principe sans trop se toucher : bulles familiales, bulles sociales, amicales, sportives, etc. Les bulles sont pourtant fragiles, et très éphémères. Gonflées d’air, elles s’envolent à la moindre brise et éclatent sans rien laisser, ou se rassemblent par milliers en une mousse légère, laquelle retombe trop souvent en un morne liquide, triste comme une larme. Une bulle n’est nullement faite pour vivre seule. De même, notre agriculture n’est pas confinée dans une enveloppe qui l’isole du reste du monde. Elle fait partie du « système alimentaire », « food system » selon sa dénomination la plus moderne. Les termes de « filière » et « chaîne alimentaire », employés naguère dans le langage courant, étaient trop linéaires et n’exprimaient pas l’enroulement sur lui-même de tout un système interconnecté, interdépendant. Alors, dans le nouveau Green Deal, cheval de bataille de l’Union Européenne pour ces prochaines années, le concept « Farm to Fork Strategy » -stratégie de la ferme à la fourchette- entend déployer ce qu’ils appellent un « système » alimentaire harmonieusement interconnecté, solide et résilient, aux myriades de bulles montées en une mousse censément onctueuse, qui ne retombera pas au moindre coup de froid, ou de chaud… En toute logique, notre agriculture devrait être au centre de ce redéploiement, et bénéficier de toutes les attentions. Sera-ce le cas ?

Genou à terre

Voix de la terre

15 mars-15 juin 2020 : la parenthèse inattendue touche à sa fin… D’emblée, l’épidémie de Covid-19 a tout noyé sous son raz-de-marée de menace sanitaire, isolant les uns des autres des myriades d’êtres humains confinés chacun sur leur île, enfermés dans leur bulle, tandis que les métiers essentiels s’efforçaient de maintenir à flot notre monde chahuté par des courants contraires. Subitement, dans les médias et sur les réseaux sociaux, ce fut l’union sacrée, la communion aux beaux principes : compassion, gratitude, solidarité, altruisme, respect universel… On ne parlait plus de consommation, de croissance économique, de rentabilité… Temps mort, mi-temps, long arrêt de jeu dans le grand match capitaliste planétaire ! Et ensuite ?

Miscanthus et bétonithus

Voix de la terre

A peste, fame et bello, libera nos Domine

Voix de la terre

L’autre jour, j’ai rencontré un agriculteur ayant vendu tout son bétail pour le remplacer par du maïs destiné à faire du gaz, comprenez si vous le pouvez… Le but est-il de ne plus réchauffer le climat avec ces horribles vaches ?

Pourquoi dénigrer une méthode simplement parce qu’on ne la maîtrise pas?

Voix de la terre

Dans le Sillon Belge du 21 mai, je lis le texte de JMP. Ce n’est pas la première fois que je relève son antagonisme pour l’agriculture biologique. Sa comparaison avec Trump en ce qui concerne des décisions politiques et/ou scientifiques sur la méthode de vaincre le Covid-19, décisions qui seraient toutes pareilles aux pratiques des écologistes, croit JMP, fait faire un sacré raccourci ! Je dirais même un biais.

Patience, la vie reprendra!

Voix de la terre

La vie sociale reprend peu à peu… Comme avant ? Non, il faut encore faire la queue pour entrer dans les épiceries et magasins de premières nécessités. Le télétravail est encore fortement conseillé et fera probablement partie de l’avenir. Les écoles rouvrent mais pas, loin s’en faut, comme avant. Les cantines ne font plus partie de la vie des petits. Aussi difficile pour eux que la rentrée de septembre et cela sans la divine récré ! On hésite encore à flâner dans les boutiques, essayer un vêtement sans but précis… ça fait partie du passé. On se méfie. La bibliothèque est ouverte mais que sur catalogue en ligne. On ne peut pas encore errer au milieu des rayons, lire le dos d’un roman, flasher sur une couverture intrigante… s’imprégner de l’odeur, de l’atmosphère… Dommage…

Le panier de la ménagère

Marc Assin

Voix de la terre

Saviez-vous que la « ménagère » est un papillon minuscule d’environ un centimètre d’envergure ? De couleur grisâtre, il n’est pas vraiment un prix de beauté, et vit en Europe Centrale, Turquie et Afrique du Nord. Voilà ce que l’on apprend en se baladant sur la toile Internet, quand on tape « panier de la ménagère » sur un moteur de recherche ! Cette ménagère-là ne porte pas de panier, les nôtres non plus d’ailleurs, et depuis longtemps… Ménagers et ménagères d’aujourd’hui poussent un gros caddie, et consomment tout qui passe à portée de leurs yeux ou de leurs oreilles, inspirés par toutes sortes de besoins, objectifs ou subjectifs, influencés ou plutôt conditionnés — par le martelage insidieux des publicités.

Ces sols si secs mis à sac

Marc Assin

Voix de la terre

Même les journalistes météo le concèdent: ce si beau temps si sec dure depuis trop longtemps... Quelques averses seraient les bienvenues pour dépoussiérer les rues et laver les maisons. Les agriculteurs ne parlent pas encore de sécheresse, mais il faut bien avouer que nos sols se sont transformés en aires bétonnées, détrempés par les intenses précipitations hivernales puis dessiqués brutalement par les bises printanières, quasi ininterrompues depuis trois mois. Une saison de pluies diluviennes, suivie d'une saison sèche, comme aux pays de la mousson! Semblable scénario se répète inlassablement ces dernières années: ne devient-il pas la norme, dans le contexte du réchauffement climatique?

Et Après?

Voix de la terre

« Il y aura un avant et un après!! ». Cette rengaine tourne en boucle dans les conversations, comme une incantation, une catharsis, une évidence indiscutable. Il faut qu’on vire le Covid, qu’on vide l’abcès purulent qu’était le monde d’avant. Oufti, rien que ça ! Toutes sortes de théories fumeuses, au sujet de l’émergence du virus, sont nées de l’imagination des désœuvrés confinés : thèse écologique – la Terre se venge de l’humanité –, thèse scientifique – le virus est né de la conjonction complexe de failles sanitaires –, thèse terroriste – le corona est une bombe virologique artificielle –, thèse politique – les Chinois ont merdé grave –, etc, etc. Bref, «  il fallait que ça arrive ! » , parce que rien n’allait plus, paraît-il. Tandis qu’après ! Après, -ah ça oui, promis, juré ! –, tout ira mieux, c’est évident.

La bergeronnette printanière, une des espèces les plus courantes de nos plaines agricoles  et pourtant, c’est un oiseau exclusivement insectivore!

Voulez-vous un peu de positif?

Voix de la terre

Chaque fois qu’on nous parle d’oiseaux, c’est toujours très négatif et surtout très culpabilisant pour les agriculteurs. On nous dit par exemple que l’hirondelle a perdu 80 % de ses effectifs… Ce qui lui manque : de la boue et des insectes. De la boue et des insectes, voilà bien deux choses que les citadins et néoruraux ne supportent pas, ils font d’ailleurs tout pour s’en débarrasser. Voilà bien deux choses qu’on ne trouve plus guère qu’aux alentours des fermes. Donc si 20 % des hirondelles ont survécu, c’est grâce aux agriculteurs et surtout aux éleveurs tant critiqués. Il y a de quoi être fier…

Prom’nons-nous dans les champs…

Marc Assin

Voix de la terre

« Loup, y es-tu ? Covid-19, que fais-tu ? Prom’nons-nous dans les bois, là-bas pas de corona ; prom’nons-nous dans les champs, ici pas de virus méchant ».

Privés sans doute de vacances à l’étranger, -ô mon dieu, quel drame pour d’aucuns!! –, les Belges déconfinés déconfits n’auront d’autre choix cet été que les frontières intérieures du pays. Où est le problème ? Notre Wallonie propose à elle seule toute une rivière de diamants naturels et patrimoniaux, ce que nos gens ignorent fort probablement, car l’herbe paraît toujours plus verte ailleurs aux yeux des touristes. Plus loin c’est, mieux c’est, et l’empreinte carbone, on pose ses fesses dessus sur son siège d’avion… Pourtant, du Condroz à la Gaume, de la Hesbaye à l’Ardenne, du Pays de Herve au Tournaisis, nos campagnes offrent de vastes espaces à explorer, de milliers de kilomètres de chemins et sentiers où se balader sans souci, en pleine nature et sans trop se soucier d’y rencontrer le grand méchant loup-virus.

L’exportation d’animaux vivants relève de la responsabilité de tous, dans le respect des lois et des accords bilatéraux

Voix de la terre

Les entreprises qui s’engagent dans la voie de l’exportation attendent un soutien des politiques mais aussi des autorités. Soutenir ces exportations fait donc aussi partie des missions de l’Afsca.

Un rayon de soleil

Voix de la terre

Vivant dans l’insouciance, nous croyons que la surconsommation tous azimuts nous procurerait le bonheur. Faisant fi du climat, nous dépensions plus pour nos voyages, notre habillement que pour notre nourriture. Soudain, un minuscule virus est venu nous faire réfléchir tout en nous rappelant ce vieil adage romain « primum vivere ».

Bonne conscience

Marc Assin

Voix de la terre

Difficile de trouver plus sympathique qu’une Miss Météo ! Pétillante, affable, bienveillante… Inoffensive ? Dépourvue de la plus petite capacité de nuisance ? J’en étais persuadé jusqu’il y a peu, jusqu’à cette soirée mémorable où Miss Caroline a conseillé vivement de manger moins de viande, dans le cadre des mesures quotidiennes à prendre pour lutter contre le réchauffement climatique. Et là, j’ai eu mauvaise conscience d’élever des bovins viandeux, tant son affirmation, sucre et miel, était persuasive.

Au bal masqué, ohé ohé

Marc Assin

Voix de la terre

« Pour vivre mieux, vivons cachés ; pour vivre vieux, sortons masqués ! ». Qui l’eût cru voici trois mois à peine ? On trouve aujourd’hui tout à fait normal de se présenter à la caisse d’un magasin ou au guichet d’une banque, le visage caché par un masque ! C’est même devenu obligatoire. Après des semaines de tergiversations et d’annonces contradictoires, nos autorités publiques ont enfin reconnu l’intérêt primordial de porter en public des protections faciales, comme en Asie. Les médecins le recommandaient vivement depuis le début de l’épidémie, mais rien n’est simple en Belgique, quand il s’agit de prendre des décisions politiques : les débats tournent rapidement à la mascarade, pouvoirs spéciaux ou pas. Dans nos gouvernements, c’est carnaval toute l’année, « coronaval » depuis le 1er mars 2020… Cependant, -alléluia ! –, on nous promet, la main sur le cœur, -croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais en enfer ! –, un « après corona » avec une revalorisation des métiers essentiels, dont celui d’agriculteur, cela va de soi. « Paroles, paroles, encore des paroles ! » . Au bal masqué du CoViD 19, les politiciens se déguisent tous en Dalida.

Comme des hamsters

Marc Assin

Voix de la terre

De quoi parlerions-nous, si le Covid-19 n’avait pas existé et n’était venu déglinguer notre monde familier, bouleverser nos petites habitudes et susciter chez nous des interrogations inimaginables ? Nos préoccupations seraient tout autres. La sécheresse de mars et avril serait sur les lèvres de tous les fermiers, laquelle a transformé nos prairies et nos champs inondés en boulevards de béton bosselés. Mon épouse causerait sans fin de football, des play-off de la Pro-League et de l’Euro, au lieu d’observer comme un animal étrange prête à la mordre sa vieille machine à coudre, exhumée du grenier pour confectionner des masques de protection… Comme un torchon dégoulinant et crasseux, le coronavirus a salopé, d’un coup d’un seul, notre vie naïvement colorée par nos soucis quotidiens et les banales actualités. Mais sous la couche des misères d’aujourd’hui, le fond des problèmes récurrents est toujours bien présent, en agriculture et partout ailleurs, dans tous les domaines de la vie… Semblable à une immense roue-cage bourrées d’hamsters affairés, notre société a ralenti pour un temps sa course folle. Pour bientôt la reprendre de plus belle ?

Coup de gueule d’un exportateur de bovins furieux!

Voix de la terre

Exportation d’animaux vivants : quel jeu joue l’Afsca ? Nos politiques ont-ils encore le contrôle ?