Aussi petit qu’il puisse être, «le taupin est un soldat en armure dans nos sols»











Recevez Le Sillon Belge chaque semaine chez vous et bénéficiez d'un accès à tout le site : Articles, météo et cotations des marchés agricoles
Voir l'offre d'abonnement
Le prix des pommes de terre pour l’industrie de la transformation creuse toujours plus bas, à 10 €/t. « Il n’y a plus de demande pour ces pommes de terre », résume l’organisation professionnelle Belgapom par l’entremise de son CEO, Christophe Vermeulen. Le secteur va se réunir avec les banques alimentaires afin de trouver une solution pour les stocks excédentaires.

D’emblée, le panneau surplombant le magasin de la famille Emond, à Chassepierre, ne laisse aucune équivoque : ici, on vit et on respire « pommes de terre » et, toute discussion avec le patriarche, Pierre Emond, ne peut que confirmer cet état de fait : le tubercule fait partie de l’histoire familiale depuis plusieurs générations.

Après plusieurs années de croissance soutenue, la filière pomme de terre est confrontée à un net ralentissement. La combinaison d’une hausse marquée des volumes produits en Europe de l’Ouest et d’un recul des ventes de produits surgelés a entraîné une forte baisse des cours industriels ainsi qu’un repli significatif des prix contractuels pour la récolte 2026. Dans un contexte de coûts de production élevés et d’ajustements en cours au sein de l’industrie de transformation, l’ensemble du secteur doit composer avec de nouvelles réalités de marché.

La robustesse variétale devient un pilier central d’un système de production plus résilient, à l’interface entre agriculture biologique et conventionnelle, et au cœur des discussions sur l’avenir de la filière pomme de terre. Lors de la journée de restitution du Centre Pilote Pomme de terre (CPP), Daniel Ryckmans de la Fiwap est revenu sur l’essor de ces variétés. Il a également partagé ses recommandations en matière de prévention et de gestion du mildiou.

L’évaluation des stocks en cours de commercialisation reste un élément de première importance pour appréhender l’évolution des marchés. Au 1er février, les stocks belges totaux de pommes de terre, toutes variétés confondues, étaient estimés à 3,28 millions de tonnes, soit supérieurs de 30 % à la moyenne quinquennale. Les trois quarts des stocks sont sous contrat et les stocks libres sont comparables à ceux de l’année dernière.







L’offre de pommes de terre destinées à l’industrie de la transformation est trop abondante par rapport à la demande, ce qui risque de laisser le secteur avec des montagnes de pommes de terre invendues sur les bras.

Constatant que le marché n’est actuellement pas favorable, l’organisation interprofessionnelle de la pomme de terre en Belgique incite les patatiers à la réflexion et à la prudence, surtout au moment de conclure les contrats de livraison.

Dans son message du 3 février, la Fiwap dresse un état des lieux des contrats à venir et table sur une réduction des assolements pour la campagne 2026-2027.

Au 15 novembre, les stocks totaux de pommes de terre sont estimés à 4,11 Mt et surpassent la moyenne des trois dernières années. 2025 aura été marquée par une forte augmentation de la production de tubercules, liée aux surfaces implantées et aux bons rendements, et se termine avec de faibles prix pour le marché du libre et le risque de refus ou de réfaction à la livraison. La variété Fontane continue sa progression pour atteindre les 60 % des surfaces cultivées en Wallonie.

Le secteur de la pomme de terre se prépare à vivre des moments plus sombres… Rendements ou marchés, plusieurs raisons expliquent cette situation. Il est maintenant tant de réfléchir à la viabilité économique de cette culture.
Abonnez-vous à Le Sillon Belge
Voir l’offre d’abonnement