Une plateforme technique inédite

Pour ses 70 ans, la Scam a installé une plateforme technique qui reprend l’ensemble des recherches et services proposés par la coopérative. Ces essais démonstratifs s’inscrivent dans un contexte où la durabilité et la résilience face au bouleversement climatique sont au cœur des réflexions.
Miser sur les couverts pour renforcer la résilience des exploitations
Le parcours débute par un atelier consacré à la vie du sol et au couvert végétaux, présenté par Florian Tock. « Un sol vivant constitue la base des performances agronomiques. Une simple poignée de terre contient des milliards d’organismes », explique-t-il.
Les couverts végétaux jouent donc un rôle central de protection, de maintien de l’activité biologique, de fixation de carbone, d’amélioration de la fertilité et de la résilience des sols…
Le choix des espèces doit répondre à plusieurs objectifs selon leur finalité : production de biomasse, amélioration de la structure et protection de la surface du sol, valorisation fourragère et retour agronomique.
Les mélanges fourragers sont envisagés comme une solution pour renforcer l’autonomie des exploitations. Selon leur composition, ils peuvent être destinés à la fauche, au pâturage, à l’ensilage ou à la production de fibres.
L’intérêt des mélanges réside dans la complémentarité des espèces, leur capacité à produire du volume et de la matière, ainsi que dans leur résilience face aux conditions climatiques. La Scam élabore leur propre composition, en fonction de leur essai et de la demande de la clientèle.
Une place particulière a aussi été laissée aux betteraves fourragères. « Elles retrouvent actuellement leurs lettres de noblesse dans les exploitations, dans un contexte de réduction des surfaces de betteraves sucrières et, par la même occasion, des pulpes », justifie Florian Tock.
Un point d’attention sur les mélanges fourragers
Pour l’occasion, chaque espèce variétale est cultivée pure afin de comparer la masse et leur comportement. Elles sont ensuite semées en mélange, élaboré par la Scam, pour pouvoir les observer différemment.
La coopérative a introduit des essais herbagers – fourragers depuis quelques années. L’objectif pour les nutritionnistes est surtout de pouvoir proposer une base solide dans les parcelles afin d’adapter au mieux les rations à l’étable, tout en restant rentable. « Notre but est donc de conseiller au mieux l’éleveur de A à Z », affirme un nutritionniste.
Luzerne, trèfle violet, trèfle blanc géant et nain, festulolium (croisement entre un ray-grass et une fétuque), ray-grass italien et anglais, dactyle, fléole, fétuque sont ainsi présentés.
La Scam propose des mélanges pérennes, destinés à la fauche, au fanage ou au pâturage, avec une réflexion sur la valeur alimentaire produite, la résilience au climat et la réponse à la fertilisation.
Un plan de fumure a également été décliné sous différentes versions : fumure classique, fertilisant à base d’urine, Azotobacter salinestris (bactérie fixatrice d’azote), produit foliaire, application pour le bio, association avec du thiosulfate d’ammonium pour bloquer la nitrification…
L’évolution variétale au service des performances céréalières
Le troisième atelier est dédié aux céréales. Triticale, épeautre, escourgeon hybride et lignée, froment sont comparés avec d’un côté les céréales non traitées et de l’autre, celles ayant reçu des traitements fongicides et régulateurs.
L’idée de cet essai était également de montrer l’évolution variétale. Alain Gérard, responsable semence de la coopérative, donne l’exemple des escourgeons : « En plus des variétés lignées, il existe aujourd’hui des hybrides qui accentuent l’effet hétérosis et sont des plus tolérantes au stress hydrique, par exemple, ou encore résistantes à certaines maladies ». En froment, des hybrides sont de plus en plus présents sur le marché.
La Scam recherche auprès des obtenteurs des variétés adaptées à nos régions, qui ont un bon comportement face aux maladies, une bonne tolérance au chlortoluron, de la qualité et un bon comportement agronomique, notamment à la verse.
Encourager les petites filières locales
La visite se termine sur la plateforme « filière ». « Le fil conducteur de cette démonstration est la volonté de sortir de l’ornière conventionnelle dans laquelle on se trouve actuellement pour proposer des cultures qui donneraient une plus-value aux exploitations », décrit Jean Wart, responsable céréales.
L’orge brassicole fait partie de ses solutions connues et maîtrisées. Le blé biscuitier est aussi présent sur la parcelle, avec le blé dur, qui suscitent tous les deux l’intérêt des industriels qui recherchent un approvisionnement local et sécurité dans le temps.
Pour les pois protéagineux, la sélection a fait de grand progrès, notamment en introduisant le gène afila, qui permet aux plants de se tenir ensemble grâce aux vrilles. Avec Cosucra, la Scam va développer cette spéculation chez ses clients.
La moutarde et le tournesol sont les deux dernières cultures présentées. Avec ses 3,5 t/ha, le tournesol retient aussi l’intérêt des industriels. La Scam ambitionne de réceptionner 700 t cette année et de monter à 3.000 t d’ici cinq ans. Le problème de cette culture concerne le désherbage ; peu de produits étant agréés.