Accueil

L’agriculteur au cœur du dispositif

Sur le terrain, le programme prend une dimension très concrète. Carl De Bie, agriculteur participant au programme depuis 2014, en témoigne. Sur son exploitation familiale, qui associe cultures et élevage laitier, le blé Harmony représente une partie importante des surfaces céréalières.

Temps de lecture : 4 min

Pour Carl De Bie, l’intérêt du programme ne se limite pas à la rémunération supplémentaire obtenue pour le blé. Il met également en avant l’accompagnement technique, les formations et la possibilité d’intégrer certaines pratiques déjà présentes sur son exploitation dans une démarche structurée. « J’ai toujours été curieux d’apprendre de nouvelles techniques, de faire évoluer le métier d’agriculteur et de travailler avec et pour la nature », explique-t-il. Le programme vient ainsi renforcer une réflexion globale sur le fonctionnement de la ferme.

L’arrêt du labour

L’agriculteur illustre notamment le développement de techniques visant à préserver les sols. Depuis plusieurs années, il a progressivement réduit puis arrêté le labour. Il maintient également ses sols couverts durant l’hiver grâce à des cultures intermédiaires et introduit des légumineuses, comme la luzerne destinée au bétail, dans ses rotations. Selon son expérience, ces pratiques ont permis d’améliorer progressivement la structure et la capacité des sols à gérer l’eau. « L’arrêt du labour est une pratique dont on ne voit les effets positifs que quelques années après, il faut être patient », ajoute Carl De Bie.

Quelques économies

Concernant la conduite du blé biscuitier, elle repose sur un suivi précis des besoins de la culture. Les apports d’azote sont notamment ajustés à partir d’analyses de sol et d’un profil azoté permettant de prendre en compte les éléments déjà présents dans le sol. « Dans mon cas, cette approche m’a permis de réduire les apports par rapport aux recommandations générales de 20 unités », chiffre l’agriculteur.

La protection phytosanitaire est elle aussi raisonnée en fonction des observations réalisées au champ. « Cette année, un seul désherbage ainsi qu’un seul fongicide ont été appliqués. » Selon Esther Monard, cela reflète le suivi des agronomes qui viennent régulièrement observer les parcelles.

Les bandes fleuries, un outil au service de la biodiversité

Sur l’exploitation, la démarche Harmony se matérialise aussi de manière visible dans le paysage. Les bandes fleuries constituent des zones dédiées à la biodiversité, mais leur intérêt ne s’arrête pas à leur aspect esthétique, selon Carl De Bie.

L’agriculteur explique avoir installé des bandes fleuries sur plusieurs années, maintenues pendant au moins trois ans. « Elles permettent notamment de créer des habitats pour les insectes et de favoriser la présence d’auxiliaires capables de contribuer à la régulation naturelle de certains ravageurs », détaille-t-il.

Du champ au biscuit, donner un sens concret

Le programme Harmony met finalement en évidence une réalité souvent invisible pour le consommateur : un biscuit est le résultat d’une chaîne de production qui commence bien avant l’usine.

En Belgique, cette chaîne peut être largement locale : l’agriculteur produit le blé, les organismes partenaires l’accompagnent et le collectent séparément, le grain est contrôlé et stocké avec une traçabilité spécifique, avant d’être envoyé au moulin. La farine rejoint ensuite l’usine où elle entre dans la fabrication des biscuits.

C’est cette continuité qui donne son sens au programme. Harmony ne repose pas uniquement sur une pratique agricole particulière, mais sur une organisation de filière : définir des objectifs, accompagner les producteurs, contrôler les pratiques, assurer la traçabilité du produit et créer une valeur économique permettant de poursuivre la transition. « Pour l’agriculteur qui voit sa ferme comme un ensemble, le contrat Harmony n’est pas du tout une contrainte ! Il s’agit plutôt d’un soutien aux efforts qui sont déjà lancés sur l’exploitation », ajoute Carl De Bie.

Pour l’agriculteur, le blé n’est donc plus seulement une céréale vendue à un collecteur. Il devient une production identifiée, destinée à un usage précis et reliée à un produit que le consommateur connaît. Cette connexion donne également un sens supplémentaire au travail réalisé au champ 

: le blé produit sur l’exploitation peut se retrouver quelques mois plus tard dans les biscuits consommés au quotidien.

A.B.

A lire aussi en

Voir plus d'articles