À retenir

L’agroforesterie bien conçue est une réponse pertinente aux défis climatiques. Dans la grande majorité des cas, les espèces recommandées ne posent pas de problème de toxicité en situation de pâturage normal.
Il existe cependant quatre situations à risque : déchets de taille fraîchement coupés (surtout genre Prunus et arbres fruitiers) ; disette fourragère liée à la sécheresse, qui modifie les comportements alimentaires ; chute abondante de fruits en automne, source d’acidose et de fourbure selon les filières ; configurations particulières (juments gestantes, animaux sensibles aux sucres, accès à des piquets en robinier).
La sécheresse amplifie ce risque à deux niveaux simultanément : elle concentre certaines toxines dans les plantes (Prunus, chênes) et elle diminue la capacité de l’animal à les éliminer.
Vingt-six espèces de l’annexe 1 (sur 64), soit plus du tiers de la liste, présentent une toxicité documentée pour le bétail et le vadémécum exclut déjà l’érable sycomore, l’if et le buis.
À l’inverse, saules, frêne commun, orme champêtre, noisetier, charme et tilleuls combinent l’absence de risque documenté et une valeur fourragère réelle, exactement ce dont on a besoin en période de sécheresse.
Quatre gestes simples pour éviter un accident :
adapter le choix des essences plantées à la filière animale ;
retirer les rameaux de taille immédiatement (Prunus, arbres fruitiers, rameaux chargés de gui) ;
surveiller les comportements alimentaires anormaux en période de sécheresse ;
effectuer un inventaire des espèces spontanées dans les haies et gérer la chute des fruits en automne.
