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Une scientifique reçoit le «Nobel de l’environnement» pour ses travaux sur les champignons

La biologiste américaine Toby Kiers s’est vu décerner le Tyler Prize for Environmental Achievement – parfois surnommé « Nobel de l’environnement » – pour ses travaux mettant en lumière les réseaux de champignons, a annoncé l’institution, le 13 janvier.

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Sous la surface des forêts, des prairies et des exploitations agricoles du monde entier, d’immenses réseaux fongiques constituent des systèmes d’échange souterrains pour transférer des nutriments aux racines des plantes, agissant comme des régulateurs climatiques essentiels en absorbant 13 milliards de tonnes de carbone chaque année.

Pourtant, jusqu’à récemment, ces « réseaux mycorhiziens » étaient largement sous-estimés : considérés comme de simples compagnons utiles des plantes, plutôt que comme l’un des systèmes de circulation vitaux de la Terre.

En cartographiant la répartition mondiale des champignons mycorhiziens dans un atlas lancé l’an dernier, Mme Kiers et ses collaborateurs ont contribué à mettre en lumière la biodiversité souterraine – des connaissances qui peuvent orienter les efforts de protection de ces vastes réservoirs de carbone.

Les plantes envoient leur excès de carbone sous terre où les champignons mycorhiziens absorbent 13,12 milliards de tonnes de dioxyde de carbone, soit environ un tiers des émissions totales provenant des combustibles fossiles.

Toby Kiers a commencé à étudier les champignons à 19 ans, après avoir rédigé une demande de subvention qui lui a valu de partir au sein d’une expédition scientifique dans les forêts tropicales du Panama.

Les récentes analyses globales auxquelles elle a participé ont livré un résultat alarmant : la plupart des points chauds de diversité fongique souterraine se trouvent en dehors des zones écologiquement protégées.

« La vie telle que nous la connaissons existe grâce aux champignons », plaide-t-elle, expliquant que les ancêtres sous forme d’algues des plantes terrestres modernes étaient dépourvus de racines complexes, et qu’un partenariat avec les champignons leur a permis de coloniser les milieux terrestres.

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