Une fascine vivante pour freiner l’érosion
Chaque grosse pluie creusait un peu plus leurs terres. À Ophain, les frères Lories ont choisi de ne plus subir : avec l’aide de Natagriwal, ils testent aujourd’hui une fascine vivante en saule pour retenir l’eau et préserver la fertilité de leurs sols. Une expérience concrète au service d’une agriculture plus résiliente.

À Ophain, dans le Brabant wallon, Nicolas et Benjamin exploitent ensemble une ferme de grandes cultures : pommes de terre, céréales, betteraves et colza. Depuis la reprise d’une partie des terres de leur oncle retraité, ils font face à un problème bien connu des agriculteurs : le ravinement dû aux coulées boueuses.
« Notre oncle avait mis en place une tournière enherbée puis ajouté une haie suite aux inondations de 2021. Malheureusement, ces aménagements ne sont pas suffisants pour arrêter le phénomène de ravinement et de coulées boueuses », expliquent Nicolas et Benjamin. Eux-mêmes ont tenté de reboucher les ravines à plusieurs occasions, mais sans succès : « On avait beau remettre de la terre, ça se recreusait tout le temps ».
Leur parcelle, située en bas du bassin versant, récupère toutes les eaux qui descendent des terres situées en amont. Chaque grosse pluie renforce leur constat : l’eau traverse le champ et cause une sédimentation importante.
L’intervention d’un conseiller spécialisé
Face à la récurrence du problème, les deux frères contactent la commune et plusieurs organismes agricoles. Quelques mois plus tard, un conseiller de la cellule « Protection des sols » de Natagriwal se rend sur place. Après analyse du terrain avec les agriculteurs, ce dernier propose une solution ciblée : installer une fascine d’environ 30 m pour retenir la terre et filtrer l’eau avant qu’elle n’atteigne la bande enherbée existante.
Principe et entretien
La fascine vivante, composée de saules enracinés, a été choisie pour sa durabilité. Nicolas et Benjamin avaient déjà observé les fascines en fagot ou en paille, mais celles-ci se dégradaient rapidement. « Nous préférons une fascine vivante qu’on doit couper chaque année mais qui se renforce continuellement », expliquent-ils.
Celle-ci est composée de deux rangées de troncs de saules plantés à intervalles réguliers, comblées par des fagots de branches qui reprennent vie et s’enracinent naturellement. Chaque année, les coupes d’entretien sont replacées dans les rangs, renforçant la structure.
Depuis l’implantation, la fascine se développe bien. Les frères Lories n’ont pas encore été confrontés à des orages aussi violents que ceux de 2021, mais ils espèrent que le dispositif permettra de mieux gérer l’eau et d’éviter de nouvelles ravines.
Une approche collective
Pour être pleinement efficace, la fascine doit s’intégrer dans un plan global du bassin versant. Des discussions sont en cours avec les agriculteurs situés en amont pour coordonner les mesures.
« Si vraiment ça a des effets, oui, c’est intéressant pour l’agriculture de demain », soulignent les frères Lories, conscients que la protection des sols passe par l’ensemble de la vallée et la coopération entre agriculteurs.
Avec cette fascine vivante d’Ophain, ces derniers ont décidé d’être dans une démarche proactive, où observation, conseil et techniques adaptées permettent de composer avec les éléments plutôt que de subir leurs effets.
Rappelons que depuis 2024, Natagriwal propose un service de conseil en protection des sols contre l’érosion en aidant les agriculteurs à trouver les solutions les mieux adaptées à leur situation, grâce à un accompagnement individuel et gratuit.
Pour plus d’information, consultez : www.natagriwal.be/sols/








