La Scam : 70 ans d’histoire au service de l’agriculture
Cette année, la Scam, la Société coopérative agricole de la Meuse, fête ses 70 ans. À cette occasion, une plateforme technique a été installée au dépôt de Thorembais-Saint-Trond. Entre visite des parcelles d’essai, conférences et présence de stands partenaires, l’occasion était donnée aux clients et visiteurs de découvrir un peu plus cette entreprise qui comptabilise désormais 2.500 coopérateurs.
Créée en 1956 par quelques agriculteurs de Marchovelette, la Scam compte aujourd’hui 2.500 coopérateurs et poursuit son développement autour de l’autonomie, de l’innovation et de la durabilité. - A.B.
Par : Le Sillon Belge
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L’histoire de la Scam remonte à 1956. Cette année-là, quelques agriculteurs de Marchovelette ont décidé « d’être plus fort ensemble », raconte Fabrice Flamend, président de l’organe d’administration. Au départ, les infrastructures étaient limitées mais « la volonté était immense ». « Par leur expérience, le bon sens et beaucoup de détermination, ces agriculteurs ont créé la coopérative avec comme objectif de mutualiser les moyens, d’améliorer les conditions de travail et de défendre les intérêts des agriculteurs wallons », ajoute le président. Un hommage particulier est d’ailleurs rendu à Jean Mailleux qui faisait partie de ses fondateurs et qui a dirigé la Scam pendant de nombreuses saisons.
Pour Fabrice Flamend, président de la Scam, la coopérative reste fidèle à l’esprit de ses fondateurs : être « plus forts ensemble » au service des agriculteurs wallons. - A.B.
Au cours de ces 70 années, la structure créée par des agriculteurs pour les agriculteurs s’est agrandie, s’est diversifiée, a investi et a également connu des années plus difficiles. « Elle reste pourtant un acteur majeur de l’agriculture en Wallonie, avec ses 2.500 coopérateurs et ses 4.000 clients », affirme Fabrice Flamend.
400 nouveaux coopérateurs
« Dans un monde marqué par les crises géopolitiques, les tensions sur les marchés, les enjeux climatiques et les dépendances croissantes, la question qui se pose à notre agriculture n’est pas seulement celle de sa compétitivité mais c’est aussi celle de son autonomie et de sa souveraineté », poursuit Olivier Debehogne, directeur général. Il définit alors l’esprit agricole par « la responsabilité, la résilience et la volonté d’entreprendre ».
Il y a deux ans, la coopérative lançait une levée de fonds. « La confiance des agriculteurs se traduit par des chiffres historiques : c’est 3,5 millions d’euros qui ont été collectés en deux ans, à comparer aux 2,5 millions levés au cours des 69 années précédentes », informe le directeur. 400 nouveaux membres ont ainsi rejoint la coopérative au cours de ces 24 derniers mois. Selon Olivier Debehogne, cette capitalisation renforce la crédibilité de la Scam auprès de ses partenaires financiers et lui donne les moyens de concrétiser sa vision à long terme.
Les quatre axes majeurs du plan stratégique 2030-2035
Pour transformer ces moyens financiers en valeur concrète pour le terrain, la Scam déploie son nouveau plan stratégique autour de quatre priorités.
La première concerne les infrastructures stratégiques en Wallonie, avec des investissements dans le conditionnement des engrais ou encore dans la modernisation des sites, par exemple. Le deuxième point est relatif au renforcement des métiers techniques et de conseils. Le troisième a pour objectif d'optimiser les processus de support, de la commande à la facturation, et les outils numériques. Pour la dernière priorité, le leadership et la gestion du changement y sont au cœur, avec un développement continu des compétences des équipes.
Innover et consolider les filières locales
La coopérative se veut progressiste avec la volonté d’investir de manière pragmatique dans des filières de qualité différenciées : filière Pqa, aliment de la gamme sans Ogm, céréales panifiables, tournesol, orges brassicoles… « Tout en consolidant les productions historiques de la Wallonie », rappelle Olivier Debehogne.
Pour cela, la Scam s’appuie sur des alliances solides pour sécuriser les volumes et les débouchés. L’objectif est donc : « de devenir un accélérateur pour créer davantage de valeur en Wallonie plutôt que de la voir partir à l’étranger ».
La Scam souhaite renforcer les filières locales et différenciées afin de créer davantage de valeur ajoutée en Wallonie et de sécuriser les débouchés des producteurs. - A.B.
La Scam revendique aussi son rôle de pont entre le monde agricole et la société. Face à la demande croissante des consommateurs pour une alimentation durable, transparente et locale, la coopérative veut multiplie les initiatives, comme lors des Journées découvertes entreprises ou dans le cadre de projet sur la durabilité avec certains partenaires.
Olivier Debehogne conclut : « Renforcer notre économie ne signifie pas nous isoler, bien au contraire. L’autonomie n’est pas l’opposé de l’ouverture, elle en est la condition. Une région forte est une région capable de produire, de transformer et de valoriser d’avantage ce qu’elle crée. De son côté, une agriculture forte est une agriculture moins dépendante, mieux organisée et davantage présente dans les chaînes de valeur alimentaire. Seul, on va plus vite, ensemble, nous allons plus loin ».