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Le Sillon Belge au Brésil : une immersion chez un géant agricole

Début d’année 2026, j’ai eu l’occasion de participer à un voyage de presse au Brésil, ayant pour objectif de nous faire découvrir l’agriculture du Mato Grosso et, en particulier, la culture du soja. Au cœur de cet État brésilien, cette expérience m’a plongée dans une réalité agricole bien différente de celle que nous connaissons en Belgique.

Temps de lecture : 4 min

Fille de ferme, je n’avais jamais vraiment voyagé au-delà de l’Europe, ni passé autant d’heures dans un avion. Malgré mes craintes, je me suis laissée porter par cette expérience. Après près d’une journée de voyage, je foulais enfin le sol brésilien. Ce qui m'a d'abord interpellée, c'est cette impression de temps orageux que l'on ressent lors d'une après-midi d'été, quand on se dépêche de rentrer les derniers ballots de paille. Le ciel devenant de plus en plus sombre, menaçant, avec le tonnerre en bruit de fond. Cette sensation me suivra tout au long de mon séjour.

Des paysages riches et variés

Et puis, le voyage à travers le Mato Grosso. Des villes, aux campagnes, en passant par la forêt. Nous avons sillonné les routes et même le ciel ! Car oui, cet État couvre un territoire presque 30 fois plus grand que la Belgique. Composé de trois biomes, le Mato Grosso est caractérisé par ces paysages très marqués. L’Amazonie d’abord, située dans le nord de l’État et composée d’une vaste forêt tropicale humide. Le Cerrado ensuite s’étend sur le centre et le sud-est. Il s’agit d’une immense savane arborée définie par sa végétation unique. Enfin, le Pantanal, situé au sud-ouest, est l’une des plus grandes zones humides de la planète.

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Comprendre la réalité des agriculteurs brésiliens

Mais au-delà de ces paysages spectaculaires, c’est surtout l’agriculture qui façonne l’identité du Mato Grosso. Un secteur si important qu’il représente plus de la moitié de l’économie de l’État.

La moisson du soja et les semis de maïs battaient leur plein lors de mon voyage. J’ai tout de suite été impressionnée par la taille des parcelles, le nombre de moissonneuses-batteuses sur les champs, les semoirs 25 rangs. Je découvrirais plus tard que les exploitations de plus de 1.000 ha sont loin d'être exceptionnelles.

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C’est l’Aprosoja, l’association brésilienne des producteurs de soja et de maïs, représentée par Lucas Costa Beber, qui était notre guide. Agriculteurs, indigènes, chercheurs, pompiers, politiques et d’autres acteurs du secteur agricole ont ainsi été rencontrés lors de notre périple.

Selon Lucas, ce voyage de presse avait pour but de nous faire découvrir l’agriculture du Mato Grosso, mais aussi de nous permettre de mieux comprendre le travail des producteurs locaux, désireux de partager leur réalité et de faire connaître leur agriculture au reste du monde.

Une réalité plus complexe qu’il n’y paraît

Au fil des visites, j’ai rapidement compris que l’agriculture du Mato Grosso ne pouvait être résumée aux images souvent véhiculées en Europe. Derrière les chiffres impressionnants et les immenses étendues cultivées se cachent des réalités complexes, où cohabitent enjeux économiques, environnementaux et sociaux.

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En tant que fille d’agriculteur, je retrouvais parfois des préoccupations familières : la météo, les marchés, les coûts de production ou encore la transmission des exploitations.

Pourtant, les dimensions impressionnantes de cette agriculture et les défis auxquels elle est confrontée m’étaient souvent inconnus : incendies dévastateurs, fertilité des sols, préservation du territoire. Ce contraste entre similitudes et différences a rythmé l’ensemble du voyage.

Chaque rencontre apportait un nouvel éclairage sur la manière dont les producteurs perçoivent leur métier, leur responsabilité et l’avenir de leur agriculture.

Cette immersion n’est qu’un aperçu des découvertes réalisées lors de ce voyage. Vous trouverez dans cette édition une première série de reportages, qui est avant tout un témoignage de terrain, un récit de ce que j’ai pu voir, entendre et comprendre, mais aussi de ce que l’on a bien voulu me montrer. Ils ne prétendent pas à l’exhaustivité, mais cherche à apporter une nuance dans un débat souvent polarisé.

Je vous donne rendez-vous dans nos prochaines éditions pour en poursuivre le récit et vous souhaite une agréable lecture.

J’espère que ces articles seront accueillis avec bienveillance. Ils ne racontent qu’une réalité parmi d’autres, celle qui m’a été donnée de voir au cours de ce voyage.

Astrid Bughin

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