La récolte a confirmé le bon potentiel du colza face au changement climatique
Malgré des conditions climatiques particulièrement contrastées, le colza a une nouvelle fois démontré sa capacité d’adaptation. Après un automne et un hiver doux, une floraison précoce et un printemps sec, la culture a dû composer avec un épisode de froid en mai avant de subir plusieurs vagues de chaleur. Ces conditions ont finalement permis un bon état sanitaire et un remplissage satisfaisant des siliques, avec de bons rendements dans de nombreuses parcelles.

Le colza résiste bien aux soubresauts du climat. Un sol très sec au départ, lors du semis en 2025, et encore plus sec à l’arrivée, à la récolte 2026. Cette culture aura connu des précipitations bienvenues en septembre garantissant son bon départ malgré les conditions sèches du semis, ainsi que des températures très douces dès l’automne assurant un développement rapide et une bonne couverture de sol.
La présence d’altises à l’automne a posé peu de problèmes au niveau des morsures sur les feuilles mais en a posé par la présence ultérieure de larves dans les tiges.
Après un automne chaud et sombre, l’hiver a été doux et plutôt sec.
Cette situation hivernale a d’ailleurs été à l’origine des premières sorties, très précoces et parfois abondantes, de charançons de la tige et de méligèthes dès fin février à début mars, favorisées par des températures exceptionnelles et déjà records, avec un redémarrage rapide de la culture bien avant le printemps.
Une floraison précoce, de bon augure
La floraison a démarré précocement à la fin du mois de mars. Les méligèthes ont dès lors rapidement eu accès au pollen disponible sur les fleurs ouvertes, présentes d’abord sur les variétés les plus précoces à la floraison (pièges à méligèthes, ajoutés lors du semis), ce qui a entraîné peu de pertes de boutons floraux.
La floraison a connu de bonnes conditions d’ensoleillement, toujours très favorables à l’activité des abeilles, ce qui a enchanté les apiculteurs en 2026, comme l’année précédente, en contraste avec 2024 qui avait été catastrophique.

Le mois d’avril a été doux, ensoleillé et, surtout, très sec. Les charançons des siliques sont également apparus très précocement vers la mi-avril.
Après la floraison qui s’est terminée début mai, la météo a connu des contrastes importants au mois de mai, avec la froideur des Saints de Glace suivie par une hausse exceptionnelle des températures.

Ces conditions très chaudes et sèches ont eu un impact sur le très bon état sanitaire du colza. En effet, jusqu’à la récolte, très peu de symptômes de maladies ont été observés sur tiges, feuilles et siliques. Les pieds verts, bien visibles après la récolte du colza témoignent d’un bon fonctionnement de la plante en fin de cycle.
Une situation inédite
Cette fin de cycle a connu trois vagues de chaleur, en mai, juin et juillet, avec des températures battant des records (entre 30 et 40°C), se terminant souvent par des orages localisés, parfois accompagnés de grêle et même d’inondations. Cette année, nombreuses ont été les alertes liées aux vagues de chaleur de longue durée et intenses.
La forte luminosité en fin de cycle a contribué à un bon remplissage des siliques.
Les canicules successives et la sécheresse persistante ont accéléré la maturité de la culture, tout comme en céréales. Des différences de précocité à maturité ont été observées entre variétés. Les variétés les plus précoces ont pu être récoltées dès le début du mois de juillet tandis que la présence de siliques vertes, non mûres, dans le bas de la végétation a retardé la récolte de variétés plus tardives alors que le sommet de la végétation avait été grillé à cause du soleil caniculaire.
La récolte des graines à des taux d’humidité très faible, généralement bien en dessous de la norme de 9 %, a révélé de bons rendements, souvent situés entre 4.000 et 5.000 kg/ha, et même supérieurs à 5 t dans les meilleures parcelles. Il faut toutefois indiquer que de faibles rendements, inférieurs à 3 t/ha, ont été atteints dans le cas de présence de tiges minées par des larves d’insectes.



Les premiers résultats d’analyse de qualité du colza indiquent des teneurs élevées en huile, similaires à celles obtenues en 2022, année de sécheresse, juste en dessous des records atteints en 2025, également année de sécheresse. Ceci confirme la bonne adaptation du colza au climat.
Une demande soutenue pour le colza
Au cours de cette campagne, les cours du colza ont connu une volatilité importante, liée notamment à la hausse des cours du pétrole suite aux conflits au Moyen-Orient, impactant également le prix des engrais, en forte hausse. La demande en huile au niveau mondial est ferme, ce qui devrait soutenir les prix des oléagineux.
Tout récemment, en réponse au contexte géopolitique particulier, l’Europe a présenté, ce 7 juillet, un plan protéines végétales visant à augmenter le taux d’auto-approvisionnement, passant de 25 % actuellement à 35 % en 2035. C’est-à-dire que l’on passerait de trois quarts de nos besoins en protéines végétales en Europe qui sont actuellement importés, à deux tiers , en moins de 10 ans, pour soutenir l’élevage européen.
Cela tombe bien pour le colza qui combine à la fois de l’huile et des protéines dans sa graine.
Cepicop





