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Blue deal : «L’eau de demain se cultive aujourd’hui»

C’est à la ferme du Vieux Tilleul (Fernelmont) que s’est tenu le premier « Coin de champ ». Un événement organisé ce lundi dans le cadre du lancement de l’appel à candidatures du Blue deal agricole. Ses objectifs ? Protéger la ressource en eau des fermes volontaires en les accompagnant vers une réduction de l’usage de produits phytopharmaceutiques et d’engrais chimiques, le tout en contribuant à l’augmentation de la surface en agriculture biologique.

Temps de lecture : 4 min

En Wallonie, près de 80 % de l’eau potable provient des eaux souterraines. Et plus de 40 % de ces masses d’eau souterraines wallonnes sont aujourd’hui en mauvais état chimique, principalement en raison des nitrates et des pesticides. Une dégradation qui, malheureusement, se poursuit… Au niveau des chiffres, toujours, on estime que les coûts de dépollution de l’eau sont 2 à 5 fois plus élevés que ceux de la prévention. Une prévention dans laquelle le secteur agricole a un rôle à jouer. C’est justement dans ce contexte que le Blue deal prend sa source. Un projet wallon de cinq ans, pour une enveloppe budgétaire de 8 millions d’euros.

À travers ce Blue deal, l’objectif est de permettre à des agriculteurs volontaires d’expérimenter, d’échanger entre pairs et de bénéficier d’un accompagnement technique de qualité afin de co-construire des solutions adaptées à leurs réalités de terrain. « Ce qui nous intéresse, ce sont les changements de pratiques avec des agriculteurs qui trouvent des solutions adaptées à leur ferme », a d’ailleurs souligné le ministre wallon de l’Environnement et de la Santé, Yves Coppieters. « Les transitions agricoles ne se décrètent pas. Elles se construisent avec les agriculteurs. Ce secteur doit être le premier bénéficiaire de cette dynamique. Car une pratique agricole plus durable n’a de sens que si elle permet aussi à l’agriculteur de trouver davantage de résilience, d’autonomie et de perspectives pour son exploitation », a-t-il ajouté.

Ambitieux, le Blue deal espère contribuer aux objectifs de réduction de 50 % de l’utilisation et des risques liés aux produits phytopharmaceutiques, de diminution de 20 % de la consommation d’engrais chimiques, mais aussi à celui visant à porter à 30 % la part des surfaces agricoles biologiques sur le territoire wallon. « Protéger l’eau, c’est protéger notre agriculture mais aussi notre santé », a encore souligné le ministre, présent lors de l’événement.

Quatre leviers et huit groupes pilotes

Concrètement, ce projet s’appuie sur quatre leviers distincts, autour desquels graviteront une dizaine de partenaires. Le premier levier est le conseil technique. Citons notamment Natagriwal qui apportera son expertise en biodiversité, en lutte intégrée et en aménagements favorables à l’eau. Ou encore Greenotec pour mener des travaux sur la santé des sols, les couverts, les rotations et la robustesse des systèmes de culture. Protect’Eau accompagnera les travaux liés à la fertilisation et à la gestion des intrants. De son côté, Biowallonie partagera son expertise en agriculture biologique et en systèmes à faibles intrants. Fourrages Mieux sera également présent pour apporter son expérience dans les systèmes d’élevage et l’autonomie fourragère.

Le second levier est la montée en compétences grâce à la formation. Puis, l’on trouve la création de débouchés et de mécanismes économiques capables de rémunérer les efforts réalisés, avec Farm for Good comme partenaire. Enfin, le dernier levier porte sur les pratiques agricoles et leur ancrage dans les normes professionnelles, les représentations et les logiques sociales. Le Cra-w mènera cette analyse socioanthropologique afin de mieux comprendre ce qui influence leur évolution.

Pour mener à bien tous ces travaux, huit groupes rassemblant une vingtaine d’agriculteurs, seront mis en place. Ces derniers seront encadrés par quatre animateurs d’Espace-Environnement, un organisme spécialisé dans l’animation et l’intelligence collective.

Qui peut y participer ?

Le projet étant à présent officiellement lancé, place à présent aux candidatures. Les agriculteurs avec des parcelles dans les zones de captage IIa et IIb karstiques sont particulièrement recherchés. La priorité sera aussi accordée à ceux qui travaillent dans des zones à enjeu eau, c’est-à-dire où l’eau est impactée par les produits phytopharmaceutiques ou les nitrates. Sinon, tous les profils sont les bienvenus : conventionnel, bio, en transition, élevage, culture, céréales, maraîchage… Une fois envoyée, la candidature sera analysée par l’équipe du projet. Un entretien avec l’un des animateurs est également prévu afin de mieux cerner l’exploitation, ses enjeux ou encore ses potentiels pour ensuite passer à la constitution des groupes. Le diagnostic de fermes, les premières animations, formations et conseils techniques pourront, par après, être mises en place. Le projet poursuivra alors son fil, au rythme des réalités de chaque ferme volontaire.

Pour déposer sa candidature, rendez-vous sur : urlr.me/j82sGD

Plus d’info : info@blue-deal-agricole.be

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