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«Qu’elle est belle ma prairie»: trois agricultrices récompensées pour leurs prairies riches en biodiversité

Dans le cadre de la Foire de Libramont, Natagora, la Fugea et Natagriwal ont remis les prix de leur concours « Qu’elle est belle ma prairie ». Trois agricultrices dont les prairies illustrent la richesse biologique des prairies permanentes wallonnes et le rôle essentiel des élevages herbagers dans leur préservation ont été récompensées. Le premier prix revient à Julie Gilain (Yvoir). Martina Lux (Büllingen) est arrivée deuxième tandis que le prix « jeune » a été remporté par Élise Berguet (Léglise).

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Le concours « Qu’elle est belle ma prairie ! Des fermes autonomes, des prairies florissantes » souhaite mettre en lumière des exploitations qui démontrent qu’il est possible de produire autrement. Comment ? « En s’appuyant sur des prairies permanentes riches en biodiversité, garantes d’une alimentation de qualité pour les troupeaux, tout en préservant un patrimoine naturel exceptionnel », répondent les organisateurs.

Pour ce cru 2026, organisé dans le cadre de « l’Année internationale des agricultrices », le jury a souhaité récompenser bien plus que de belles prairies. Les critères d’évaluation portaient sur leur qualité écologique, mais aussi sur la durabilité et l’autonomie de l’exploitation, la place accordée à la biodiversité et le parcours des agricultrices.

À l’issue du concours, les deux premières places ainsi qu’un prix « jeune » ont été décernées le 25 juillet. La lauréate a remporté un bon d’une valeur de 1.000 € destiné à l’achat d’un animal. Les deux autres gagnantes ont reçu un bon d’une valeur de 500 €.

Une prairie née d’une réflexion sur la santé

Venue d’un autre horizon professionnel, Julie Gilain a créé son exploitation à la suite d’une réflexion familiale sur l’alimentation et la santé. Aujourd’hui installée à Purnode, elle élève des chèvres, des brebis et quelques vaches brunes suisses sur 16 ha, dans un système très largement inspiré de l’agriculture biologique, avec transformation fromagère et forte diversification.

La prairie récompensée, d’environ 1 ha, constitue l’un des joyaux de son exploitation. Pas moins de 59 espèces végétales y ont été recensées. Gérée de manière extensive, elle offre un habitat de grande qualité aux pollinisateurs et à une multitude d’espèces typiques des prairies naturelles.

Le jury a été particulièrement sensible à la cohérence du projet agricole porté par l’agricultrice : un système diversifié, autonome et profondément réfléchi, qui établit un lien fort entre environnement, qualité de l’alimentation et santé. Il a également salué le parcours d’une agricultrice récemment installée, non issue du monde agricole et parvenue à développer un modèle original conciliant production et biodiversité.

Martina Lux arrive en deuxième position

Infirmière à temps partiel, Martina Lux a construit son exploitation pas à pas, par passion pour les animaux. Partie de quelques moutons au début des années 1990, elle conduit aujourd’hui une ferme biologique de 13 ha où cohabitent moutons, chèvres et chevaux.

La prairie récompensée jouxte la réserve naturelle de la Vallée de la Warche et constitue un précieux prolongement de ce réseau écologique préservé par l’agricultrice. Le lieu présente une remarquable diversité de milieux. Ses secteurs plus secs alternent avec des zones humides particulièrement favorables à une flore variée et à une faune abondante. Cette richesse écologique est renforcée par une gestion fine du pâturage et de la fauche, adaptée aux caractéristiques de chaque partie de la parcelle.

Martina Lux présentait une prairie alternant  zones sèches et zones humides.
Martina Lux présentait une prairie alternant zones sèches et zones humides. - Concours « Qu’elle est belle ma prairie ! »

Le jury a souligné la qualité exceptionnelle de cette prairie ainsi que la réflexion menée par l’agricultrice pour en préserver toute la diversité. Il a également salué un élevage extensif à faible chargement et les solutions mises en place pour assurer la coexistence entre son troupeau et le retour du loup dans cette région de l’est de la Belgique.

Le prix « jeune », pour Elise Berguet

À seulement quelques années de son installation, Élise Berguet, 27 ans, poursuit l’histoire de la ferme de son grand-père, à Léglise. Avec son compagnon, elle développe un élevage de blanc-bleu belges sur 73 ha de prairies de fauche et de pâturage, tout en faisant évoluer progressivement les pratiques de l’exploitation pour renforcer leur intérêt écologique.

La prairie récompensée est une prairie permanente difficile d’accès, préservée des interventions mécaniques. Véritable refuge pour la biodiversité, elle abrite notamment une cinquantaine d’orchidées sauvages, témoignant de son excellent état de conservation.

Elise Berguet développe un élevage de blanc-bleu belges sur 73 ha de prairies de fauche et de pâturage.
Elise Berguet développe un élevage de blanc-bleu belges sur 73 ha de prairies de fauche et de pâturage. - Concours « Qu’elle est belle ma prairie ! »

En lui attribuant le prix « jeune », le jury a souhaité encourager une nouvelle génération d’agricultrices qui fait de la préservation du patrimoine naturel une composante à part entière de son projet d’exploitation. Il a salué la qualité de cette reprise familiale ainsi que les nombreuses démarches entreprises pour restaurer certains milieux naturels et développer des pratiques favorables à la biodiversité.

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