Accueil Environnement

La sylviculture Pro Silva fait ses preuves au Domaine d'Haugimont à Gesves

L'UNamur a présenté vendredi, dans le cadre du plan de relance de la Wallonie, les résultats d'un projet lié à la résilience des forêts mené dans le Domaine d'Haugimont, à Gesves. Ceux-ci mettent en avant les nombreux avantages de la sylviculture Pro Silva, qui y est déployée depuis plus de 30 ans.

Temps de lecture : 3 min

Ce type de sylviculture consiste à «imiter la nature et hâter son oeuvre». En d'autres mots, il s'agit de favoriser la régénération naturelle, la succession des essences et leur mélange dans le temps, sans mise à blanc et en coupant les arbres seulement le moment venu, pied par pied. Le but est de favoriser une forêt plus naturelle, avec un écosystème plus complet. A Gesves, c'est cette approche qui est préconisée depuis 1992 pour les 285 ha de forêts que compte le Domaine d'Haugimont, appartenant à l'UNamur.

Le bilan écologique du projet montre une très bonne naturalité des lieux. «Les inventaires en termes de champignons, des lichens, du bois mort ou encore de tassement au sol se sont avérés très positifs, menant aussi à des pistes d'amélioration», a pointé Simon Hauser, régisseur du domaine.

«Nos recherches montrent également que le bois mort des arbres de grosse section jouent un rôle important. Un quart de la biodiversité forestière en dépend et notamment quarante des coléoptères qui sont menacés d'extinction. Dans un autre domaine, la bonne diffusion de la lumière jusqu'à la strate herbacée permet de diminuer le nombre d'éléments inflammables au sol, celui-ci étant donc moins propice aux départs d'incendies», a-t-il ajouté.

En parallèle, la sylviculture Pro Silva s'avère rentable sur le plan économique, tout en étant plus durable. «Elle semble donc être un très bon moyen d'envisager l'avenir forestier de manière plus sereine», a conclu Simon Hauser.

«La forêt wallonne est soumise à de plus en plus de dangers et d'enjeux, qu'il s'agisse des sécheresses, des changements climatiques d'une manière plus globale ou des risques sanitaires liés à de nouvelles maladies», a souligné Anne-Catherine Dalcq (MR), la ministre wallonne de l'Agriculture et de la Ruralité, en charge de la Forêt. «Pour toutes ces raisons, nous devons adapter notre forêt et c'est grâce à des connaissances et de l'expertise qu'on le fera. En ce sens, le projet lié à la sylviculture Pro Silva nous permet de tirer de nombreux enseignements qui serviront à l'ensemble du secteur en Wallonie. Cela, en parallèle au plan quinquennal de recherche forestière que j'ai lancé l'an dernier, pour lequel l'accent a notamment été mis sur l'adaptation climatique.»

«Grâce à une vision multidisciplinaire, mêlant les différentes sciences, on démontre ici que la sylviculture Pro Silva est vraiment un très bon modèle», a conclu Annick Castiaux, rectrice de l'UNamur, qui met le domaine au centre du développement des compétences des étudiants concernés.

A lire aussi en Environnement

Les Fagnes en feu : le monde agricole en première ligne

Environnement Lorsque les Fagnes se sont embrasées, les agriculteurs de la région n’ont pas attendu pour se mobiliser. Tracteurs, tonneaux à lisier, citernes, camions, matériel de chantier, chauffeurs et mécaniciens ont tous convergé vers la zone sinistrée. Une mobilisation impressionnante, qui a permis d’alimenter les pompiers en eau et de contenir le feu. Mais cette intervention a également mis en lumière les failles de l’organisation et la nécessité de mieux préparer les prochaines crises. Nous avons rencontré Jean-Luc Evrard, directeur de l’entreprise Evrard-Sprimat, dont l’équipe est intervenue sur les lieux, 24h sur 24 durant plusieurs jours.
Voir plus d'articles