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De la viande faussement bio aurait été vendue en Belgique

De la viande conventionnelle aurait été vendue en Belgique comme étant bio, nous relate l’agence Belga. La fraude provient des Pays-Bas et d’un transformateur de viande du Brabant peu scrupuleux, qui approvisionne le marché néerlandais mais aussi belge et allemand. L’information émane de deux rapports de l’organisme de surveillance néerlandais Skal Biocontrole et de l’Autorité néerlandaise de sécurité des produits alimentaires et de consommation, couvrant la période de consommation de 2015 à 2018.

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Le bio fait pourtant l’objet de contrôles assidus: l’agriculteur, le préparateur, le distributeur, l’importateur, l’exportateur, le point de vente et les entreprises de catering sont passés à la loupe, indique Certisys, l’un des organismes officiels de contrôle en Belgique.

«Le produit n’est contrôlé que lorsqu’on le touche», précise Alison Hamoir, de Certisys. Un produit importé en vrac sera donc aussi contrôlé en Belgique mais «s’il arrive emballé, nous n’allons pas déballer la viande pour la contrôler sauf si nous avons un doute», explique-t-elle. Dans ce cas-ci, la viande est très certainement arrivée emballée et c’était donc aux autorités néerlandaises d’effectuer tous les contrôles nécessaires.

Le label bio fait pourtant l’objet d’une réglementation européenne stricte. L’aventure débute à partir du moment où une personne est désireuse de vendre un produit en le labellisant bio. Elle est alors obligée de notifier son activité à un organisme de contrôle. Il en existe quatre en Belgique. Un contrôle d’agrément a alors lieu, «il s’effectue sur place et on vérifie si la personne est apte à réaliser ses activités en conformité avec le bio», détaille encore Alison Hamoir.

«Un agriculteur qui veut passer de l’agriculture conventionnelle au bio doit par exemple respecter un délai de minimum deux ans pour sa conversion.» Une fois l’agrément obtenu, des vérifications annuelles sont effectuées. Il existe également des contrôles complémentaires, décidés sur la base d’une analyse de risques. «Par exemple, si le champ d’un agriculteur bio est à côté d’un champ conventionnel, le risque de contamination est plus élevé», illustre-t-elle. Des contrôles inopinés sont également opérés, toujours sur la base d’une analyse de risques. Enfin, des contrôles renforcés sont prévus lorsque des irrégularités ont été constatées. En cas de non-conformité, des sanctions sont prévues. Elles sont infligées par l’organisme de certification et vont, en Wallonie, de la remarque simple à la suspension totale de la certification. Il existe également des contrôles «cross-check», ajoute Mme Hamoir. Si un organisme de contrôle, Skal en l’occurrence, a eu vent d’une fraude, il peut prévenir les autres organismes. Dans le cas révélé jeudi, si le distributeur de la viande est belge, «nous allons alors opérer des contrôles chez lui». S’il est néerlandais, le contrôle relève une nouvelle fois des autorités néerlandaises.

«Nous regrettons amèrement de constater à nouveau une fraude qui jette le discrédit sur une filière qui est, en Wallonie, de qualité et très contrôlée», a pour sa part réagit le cabinet du ministre wallon de l’Agriculture, René Collin. «Nous avons appris l’information par la presse mais le ministre n’est pas concerné. En effet, la viande venant du Brabant néerlandais, ce sont les autorités néerlandaises» qui ont la main, explique un porte-parole.

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