Un sentiment positif en termes de contacts et de ventes à la clôture d’Agribex 2019

Un sentiment positif en termes de contacts et de ventes à la clôture d’Agribex 2019
J.V.

Quelques heures avant de refermer les portes d’Agribex pour deux ans, Johan Colpaert, président de Fedagrim (la Fédération belge des fournisseurs de machines, bâtiments et équipements pour l’Agriculture et les Espace verts), Stefaan Forret, président du salon, et Jean Devillers, président du Brussels Livestock Show ont dressé un bilan positif de cette édition 2019.

Miser sur le professionnalisme

« Cette 71e  édition a été un véritable succès, malgré le recul du nombre de visiteurs », estime Stefaan Forret. Et d’ajouter : « Étant donné la baisse du nombre d’exploitations agricoles en Belgique, il ne pourrait en être autrement. » Toutefois, Agribex ne vise pas à maximiser sa fréquentation mais bien à mettre l’accent sur le professionnalisme qui y règne durant une petite semaine. De nombreux visiteurs repartent en effet les bras chargés d’informations tandis que les exposants ont pu développer leur carnet d’adresses. Plusieurs ventes ont même été conclues à Bruxelles. Les exposants semblaient donc satisfaits de leur salon.

Malgré une légère baisse de fréquentation, Stefaan Forret (à gauche)  et Johan Colpaert se montrent satisfaits de cette édition 2019 d’Agribex.
Malgré une légère baisse de fréquentation, Stefaan Forret (à gauche) et Johan Colpaert se montrent satisfaits de cette édition 2019 d’Agribex. - J.V.

Les deux premiers jours, le nombre de visiteurs a été sensiblement le même qu’en 2017. « La journée professionnelle, avec parking, vestiaire et lunch compris, a été particulièrement appréciée des visiteurs. »

Le beau temps, durant la première partie du salon, a joué des tours aux exposants. Nombreux sont les agriculteurs à avoir profité des conditions climatiques pour poursuivre les travaux des champs. Parmi ceux-ci figuraient de nombreux Wallons. « La Belgique francophone a été moins présente pendant les trois premiers jours du salon. Mais les chiffres montrent une présence accrue le vendredi et le samedi. »

Un premier Ladies’Day réussi

Les îlots thématiques reçoivent également une évaluation positive. « Les îlots « Smart Farming » et « Workshop Live » ont à nouveau eu leur succès du côté des jeunes et moins jeunes professionnels. Cela prouve que le secteur est à la recherche de nouvelles solutions lui permettant de rendre ses activités plus économiques et écologiques », poursuit Stefaan Forret.

Pour la première fois, un Ladies’Day était organisé à Agribex. « Les femmes ont apprécié d’être mises à l’honneur durant une journée », constate Gracienne Geenens qui a porté le projet au sein de Fedagrim. À cette occasion, les organisateurs avaient demandé aux exposants de jouer le jeu en prévoyant une petite attention pour les femmes présentes. Nombreux sont ceux à s’être prêtés à l’exercice. « Le concept mérite d’être répété lors des prochaines éditions. »

La foule autour du ring

Pour la première fois, l’inauguration officielle d’Agribex s’est tenue dans le grand ring, à proximité immédiate des animaux et de leurs éleveurs. « Cela témoigne de l’importance qu’accorde Fedagrim à notre secteur », souligne Jean Devillers, président du Brussels Livestock Show. « Aujourd’hui, le partenariat nous liant à la Fédération est vital. C’est uniquement grâce à son soutien que les expositions et concours peuvent encore être organisés à Bruxelles. Les pouvoirs publics, eux, ne nous octroient plus aucune dotation financière… »

« Autour du ring, le public a répondu  présent tout au long de la semaine »,  souligne Jean Devillers.
« Autour du ring, le public a répondu présent tout au long de la semaine », souligne Jean Devillers. - J.V.

En matière de fréquentation, l’homme se montre satisfait. « Le public a répondu présent tout au long de la semaine. Le concours Blanc-bleu-belge a drainé davantage de spectateurs qu’il y a deux ans, signe de son succès. » Parmi les éleveurs présents, tous ne participaient pas au concours mais s’étaient déplacés en vue de passer un moment agréable et convivial en compagnie de leurs collègues et amis.

Organisées pour la première fois, les ovinpiades pour jeunes bergers ont attiré la foule. 35 à 40 jeunes de Flandre et Wallonie y ont participé sous les encouragements de leurs camarades et professeurs.

Le Livestock Forum, théâtre de plusieurs séances d’information destinées aux éleveurs, doit quant à lui être retravaillé. Donner à chaque journée un thème précis figure parmi les idées évoquées. Les organisateurs disposent toutefois de quelques mois pour développer un concept plus attrayant.

Rendez-vous immanquable pour de nombreux éleveurs, le concours Blanc-bleu-belge a drainé davantage de spectateurs qu’en 2017.
Rendez-vous immanquable pour de nombreux éleveurs, le concours Blanc-bleu-belge a drainé davantage de spectateurs qu’en 2017. - P-Y L.

Enfin, l’espace #Welovelocal, rassemblant une petite quinzaine de producteurs du Nord et du Sud du pays, n’a pas désempli de la semaine. « Augmenter le nombre d’exposants n’est pas nécessaire. Les produits proposés étaient suffisamment diversifiés et tout un chacun doit conserver la possibilité de rentabiliser son investissement. »

Une année Agribex typique

Les présidents des différents groupes sectoriels qui composent Fedagrim ont aussi pris la parole afin de livrer leurs impressions, et celles de leurs membres, à l’issue du salon.

Paul Dierickx, pour le groupe « Tracteurs et machines agricoles », estime que « 2019 ne sera pas une mauvaise année pour les ventes de tracteurs. Le déclin ne sera pas aussi important qu’estimé ». Conclusion : le chiffre d’affaires relatif aux ventes de tracteurs devrait atteindre le même niveau qu’en 2018, voire le dépasser.

« L’ambiance sur le salon a été très positive et les contacts étaient qualitativement intéressants. » Des ventes ont même été conclues durant la semaine. « Mais les démarches avaient débuté en amont, avant que ne s’ouvre Agribex », reconnaît-il.

En ce qui concerne les grandes machines de récolte (moissonneuses-batteuses, ensileuses et presses à balles carrées), le marché a fortement reculé ces dernières années. « Néanmoins, il se consolide à nouveau. Les contacts sont tels que la baisse des ventes devrait s’interrompre. »

« Il s’agit en somme d’une année Agribex typique », indique pour sa part Joost Vandesteene, pour le même groupe sectoriel. « 2019 a débuté calmement et difficilement en matière de ventes pour, au final, voir de nombreux achats se réaliser en fin d’année et même sur le salon. » Lui aussi souligne la qualité des échanges entre visiteurs et exposants.

À la recherche de nouvelles techniques

Joost Vandesteene remarque un intérêt croissant pour les nouvelles techniques de travail. « Tant dans le domaine des grandes cultures, avec l’apparition de robot de binage, que dans les élevages, avec les systèmes d’alimentation automatique. »

Dries Van Hessche, qui s’exprimait au nom du groupe « Matériels et construction pour l’élevage », abonde dans le même sens que ses collègues en ce qui concerne l’ambiance qui a régné du début à la fin du salon. « Les visiteurs sont réellement à la recherche d’innovation leur permettant d’améliorer l’efficacité de certaines opérations, voire de les automatiser », ajoute-t-il.

Agribex permet de se renseigner mais aussi de comparer le matériel disponible  sur le marché. Avant, éventuellement, de poursuivre les discussions  dans les semaines à venir en concession.
Agribex permet de se renseigner mais aussi de comparer le matériel disponible sur le marché. Avant, éventuellement, de poursuivre les discussions dans les semaines à venir en concession. - J.V.

L’îlot thématique « Feed the Future », où était présenté le label « Beter Leven » (« Mieux vivre ») a également été bien accueilli par les exposants et les visiteurs.

Gracienne Geenens reprend ensuite la parole, en sa qualité de présidente du groupe « Matériel pour le jardin et les espaces verts » : « Dans le palais 8 et le patio, dédiés à notre secteur d’activité, le visitorat était légèrement inférieur à ce qui était attendu. Mais la qualité était au rendez-vous ! » Les exposants semblaient satisfaits à l’issue de la semaine, indiquant que cela faisait déjà longtemps qu’ils n’avaient plus concrétisé autant de vente sur un salon. Cela prouve aussi que les parcs et jardins ont leur place à Agribex.

« Depuis trois ans déjà, le secteur vert doit faire face à des épisodes de sécheresse qui se répètent, ce qui se reflète dans les ventes. Malgré cela, 2019 se terminera sur une note positive. »

Un point négatif, selon les concessionnaires

Mme Geenens insiste encore sur la pénurie de mécaniciens qui touche l’agriculture mais aussi le secteur des jardins et espaces verts. « Pour cette raison, des machines horticoles ont été intégrées à l’îlot thématique « Workshop Live ». » Jos Lowette, pour le groupe « Distribution » insiste : « Trouver des mécaniciens demeure un problème majeur. Grâce à l’îlot et aux démonstrations, nous espérons cibler les jeunes et les encourager à suivre cette direction. »

« Le plus important, c’est que le salon maintienne son professionnalisme, pour la satisfaction de ses visiteurs et exposants. »

Concernant le salon, M. Lowette rejoint les autres représentants sectoriels au sujet du professionnalisme des visiteurs, de la bonne ambiance et de la finalisation de certains contrats. Il constate un intérêt croissant pour tout ce qui concerne la digitalisation et suggère que les concessionnaires se forment davantage en la matière.

Il met néanmoins le doigt sur un point négatif. « Durant les foires, une pression importante pèse sur les prix. C’est intéressant pour l’agriculteur qui planifie un achat et pour le constructeur qui doit faire tourner ses usines. Mais ce n’est généralement pas une très bonne chose pour le concessionnaire, dont la marge est impactée… »

Proche de l’objectif

Au moment de fermer ses portes, Agribex 2019 avait accueilli quelque 97.000 visiteurs. C’est un peu moins qu’il y a deux ans, où le cap des 100.000 visiteurs avait été atteint. Lors de l’ouverture officielle, les organisateurs avaient fait part de leur objectif d’arriver à ce même nombre. Ils n’en sont finalement pas bien loin.

« Le plus important, c’est que le salon maintienne son professionnalisme, pour la satisfaction de ses visiteurs et exposants », conclut Stefaan Forret.

J.V.

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