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Le compost,

un complément

aux engrais verts

Éliminer les matières organiques végétales du jardin telles que les coupes de haies ou d’herbe mais aussi certains déchets ménagers peut se faire via l’installation d’un compost. Bien réalisé, il offrira de nombreux avantages à son utilisateur tout au long de la saison.

Temps de lecture : 7 min

Le compostage est une manière de gérer les matières organiques végétales du jardin. Elle constitue une application du Principe de Lavoisier : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ».

Pourquoi composter ?

Plusieurs raisons justifient l’installation d’un compost dans son jardin :

Économies. Dans la gestion des déchets produits par le ménage, une fraction importante est composée de déchets organiques végétaux. En recyclant cette quantité de déchet par le compostage, nous diminuons d’autant le poids et le volume de déchets à faire emmener par les services de voiries.

Fertilité du sol. Le compost apporté au sol permet le maintien ou l’amélioration de la fertilité de celui-ci. Cela ne signifie pas que le compost apporte tout ce dont le sol aura besoin pour une bonne fertilité mais il fournit une partie importante des éléments fertilisants nécessaires pour combler les besoins des cultures. Il améliore également la composition du sol en matières organiques. Les composts ont donc un effet structurant et un effet engrais.

Assainissement. Le compostage permet un assainissement des matières organiques qui seront destinées à être incorporées au sol. Si la température des matières s’élève suffisamment durant le compostage, les semences des herbes perdront leur faculté germinative et les champignons et bactéries responsables des maladies des plantes perdront leur pouvoir de contamination.

Facilité. Après compostage, les matières organiques seront plus facilement incorporées au sol, avec moins d’efforts de la part du jardinier.

Comment composter ?

Un compost, ce n’est surtout pas un tas où s’accumulent les matières durant un an.

La décomposition et la transformation des matières organiques exigent de l’air, il faut donc aérer ou retourner régulièrement le tas. En été, les retournes se font deux à trois fois par mois, deux fois moins souvent en hiver. À chaque retourne, la température du tas s’élève rapidement jusqu’à 40 à 70 ºC. Le volume du tas diminue rapidement, avec pertes d’eau et de gaz carbonique (CO2) et tassement. La couleur et l’aspect des matières évoluent.

Notons que malgré la perte de carbone avec le CO2 produit, la quantité de carbone pouvant être retenue par le sol ultérieurement sera supérieure à celle que nous aurions retenue en incorporant les matières au sol directement.

La durée du compostage est de quelques semaines à quelques mois, selon la nature des composants et la température extérieure. Lorsque les matières organiques sont apportées en grande quantité en une seule opération, la température du tas s’élève très rapidement, en quelques heures. Ce sera le cas, par exemple, avec les tontes de pelouse ou les fumiers. Les apports quotidiens des épluchures de cuisine donneront une évolution moins spectaculaire, les masses en jeu ne provoquant pas d’aussi grands apports de chaleur.

Deux tas ou mieux encore trois tas d’âges différents permettent de disposer en permanence d’un endroit de dépôt de nouvelles matières et d’un autre de mise à disposition de compost utilisable. La forme des tas a peu d’importance, pourvu que l’aération puisse être assurée.

La taille du jardin vous orientera vers des conteneurs de la taille d’une grande poubelle pour les plus modestes jusqu’aux andains de plusieurs mètres de longueur pour les plus grands. Dans ce dernier cas, les endroits ombrés conviennent bien pour limiter le dessèchement de la masse préjudiciable aux décompositions organiques. Un grillage de clôture disposé en cercle et posé sur le sol peut convenir pour les jardins de quelques ares ; il est aéré, facile à enlever pour les retournements et la reprise du compost et bon marché.

Que composter ?

Pratiquement tout ce qui se présente comme déchet organique décomposable d’origine végétale peut être composté. Les rameaux et tailles de haies seront broyés pour réduire l’encombrement, faciliter le mélange avec les matières vertes, faciliter les manipulations lors des retournements et lors de la reprise du compost.

Les manuels de compostage nous expliquent que les matières brunes (broyats de branches et rameaux), dures et sèches sont riches en carbone. Les matières vertes, molles et mouillées, sont riches en azote. C’est une explication simple et pratique. Nous pourrions ajouter que ces mélanges permettent une bonne aération grâce aux matières brunes et une bonne activité biologique grâce à l’eau apportée par les matières vertes et humides. L’idéal est de mélanger les unes avec les autres pour obtenir un tas se compostant bien (meilleure structure et meilleur équilibre entre les matières riches en carbone et celles riches en azote).

En Belgique, les pluies sont généralement suffisamment importantes pour garder les tas de compost humides. Pourtant, il arrive que des périodes plus sèches nécessitent d’apporter un peu d’eau au tas de compost. Nous nous en rendrons rapidement compte, notamment si les tontes de pelouses se feutrent en moisissant. N’hésitons pas alors à arroser le tas avec de l’eau de récupération.

Les feuilles, les épluchures et déchets de légumes et de fruits, les fleurs fanées, les coquilles d’œufs, le marc de café et le filtre en papier, le papier essuie-tout, les tontes de pelouses alternées avec des rameaux broyés, de la paille ou des feuilles séchées pour l’aération peuvent également se composter. Les litières d’animaux de maison peuvent être ajoutées au tas si l’origine de la matière de support est compostable (voir emballage).

La bonne aération permet une évolution rapide de la masse vers un compost utilisable au jardin. Pas seulement pour le potager, mais aussi au pied des arbustes décoratifs, dans les parterres fleuris entre autres.

Le compost mûr est de couleur très foncée, noirâtre et est grumeleux. Nous n’y reconnaissons plus les matériaux d’origine. Il peut être utilisé pour presque tous les usages du jardin, en surface ou incorporé au sol. On évitera toutefois d’en apporter au pied des plantes acidophiles (rhododendrons, etc.). Restons raisonnables dans les quantités. Si les retournements sont réalisés régulièrement, le compost sera utilisable après 3 à 6 mois.

Doit-on éviter de composter les plantes malades ou les racines et rhizomes de plantes envahissantes ? Si le compost est mélangé régulièrement avec une bonne montée de température, il n’y a pas de problème à cela.

Où et comment utiliser le compost ?

Si notre jardin est grand, la masse des tontes de pelouses et broyats de branches sera rapidement importante. N’apportons pas tout le compost au potager, répartissons-le sur l’ensemble du jardin. Le trop est l’ennemi du bien.

Apporter suffisamment, mais pas trop. D’accord, mais encore ? Ce n’est pas simple de répondre à la question des quantités à apporter tant la composition des composts est extrêmement variable selon les matières entrantes. Pour donner un ordre de grandeur, une brouette de 80 l bien remplie apporte environ 40 kg de compost.

Pour les légumes gourmands, les apports de 120 à 160 kg, soit quatre brouettées, de compost par are sont corrects.

Pour les légumes moins gourmands, comme les laitues, scaroles, haricots par exemple, la moitié de cet apport est largement suffisante.

Pour les oignons, ails, échalote, carotte, nous nous contenterons de l’arrière fumure de l’an passé et n’apporterons rien avant leur implantation.

Pour les légumes sensibles à l’excès d’azote comme les racines de chicon, nous choisirons un emplacement du potager sur lequel il n’y a pas eu d’apport de compost lors des deux dernières années.

Lorsqu’un espace du potager se libère, après une récolte et avant l’implantation de la culture suivante, les apports de compost sont possibles. Les composts jeunes poursuivront leur évolution dans le sol, avec un besoin en oxygène. Ils seront incorporés superficiellement. Les vieux composts peuvent être incorporés superficiellement ou un peu plus profondément. Ils libéreront leurs éléments minéraux plus lentement.

Notons que le compost apporté en fin d’été – début d’automne sera très bien valorisé par une culture d’engrais vert (voir Le Sillon Belge du 4 septembre).

Ajouter des produits stimulateurs ?

Des stimulateurs de compostages sont proposés à la vente. Ils peuvent apporter un plus si le volume de la zone de compostage est limité et isolé, par exemple pour les petits conteneurs de compostage pour balcons. Ils facilitent la décomposition et surtout améliorent la vitesse du compostage, et donc le volume total nécessaire.

Pour les tas plus importants, en contact direct avec la terre de jardin et composés de matières organiques végétales très diversifiées, ils ne sont pas indispensables.

F.

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