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Les règles pour réussir la culture de choux pommés

Les choux pommés sont produits sur des surfaces relativement importantes dans des fermes maraîchères organisées sur le circuit des criées. Il existe aussi une demande en production locale auprès des fermes diversifiées. Pour ces légumes classiques de notre région, la demande est plus forte en automne et en hiver, mais on peut en trouver sur le marché toute l’année grâce à une production précoce ou une conservation de longue durée. Par ailleurs, ceux de taille plus réduite (1,5 kg) s’adaptent aux besoins des familles.

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Les terrains limoneux de notre région conviennent très bien pour cette production. Les teneurs en argile et en matières organiques sont des atouts pour assurer un approvisionnement régulier en eau de la culture.

Les particularités variétales

Les choux pommés sont allogames, ils se croisent entre eux. Les variétés traditionnelles sont des lignées fixées, les hybrides sont très nombreux dans les catalogues depuis une quarantaine d’années.

Les variétés sont variées pour chaque couleur de choux pommés. Elles ont une préférence climatique (résistance à la montée à graines, résistance au gel) sur laquelle se base leur classement. Pour les choux rouges, blancs et de Milan, des variétés sont adaptées aux usages (marché du frais, conservation, industrie).

L’enracinement et le travail du sol

Le système racinaire pivotant chez le jeune plant se ramifie ensuite d’un fort développement de racines latérales puissantes. L’ensemble du système racinaire est puissant, s’étend en profondeur et en largeur jusqu’à un mètre pour autant que la structure du sol soit préservée.

En sols à drainage imparfait, la culture peut être installée sur buttes de 75 cm d’écartement ou sur ados de 1,5 m.

L’élevage de ces légumes

Dans les entreprises spécialisées pour de grands volumes de production, la plantation est mécanisée au moins partiellement et l’élevage des plantules se déroule sur des supports adaptés.

En fermes maraîchères diversifiées, l’élevage peut assez facilement s’organiser sur place, en mottes pressées ou même en arrachis.

La germination des choux demande un minimum pratique de 5°C, idéalement, environ 15°C. La germination dure une semaine à 15°C, une semaine et demi à 10°C.

La rotation et fumure nécessaires

Nous tenterons de tenir une rotation d’au moins 4 ans, 6 ans idéalement. Les choux pommés valorisent très bien les fumures organiques d’automne ou de printemps. Évitons de semer des engrais verts de la famille de Crucifères juste avant cette culture.

Ces légumes ont besoin d’un approvisionnement régulier et important en eau. Les sols ayant une bonne rétention sont donc mieux adaptés à cette culture.

Les corrections de pH du sol permettent de soutenir son état structural et de limiter l’extension de la hernie du chou, maladie liée aux sols à pH acide.

Le chou pommé développe une importante masse végétale par ha. Il a besoin d’une fertilisation soutenue régulièrement tout au long de sa croissance en azote. Pour y arriver, nous pouvons fractionner les apports en culture conventionnelle ou apporter une fumure organique importante avant la plantation en conventionnel ou en bio. Un apport de 400 kg/are de fumier mixte de ferme ou de 200 kg de compost est une bonne base. Une analyse de profil déterminera ensuite quels seront les besoins complémentaires en azote. Les besoins totaux de la culture varient, bien sûr, avec la production espérée et dès lors le débouché, avec une moyenne de 210 kg d’azote par ha. Les besoins en potasse sont de l’ordre de 300 kg de K2O, en préférant les formes apportant le soufre et le magnésium dont les besoins sont de l’ordre de respectivement 140 de soufre (S) et 50 kg de magnésie (MgO). La fumure organique de base pourvoit déjà à une large part des besoins.

Enfin, la résistance au froid diffère selon les variétés et le stade.

La pépinière de plants

Les plants mottes sont très souvent employés, mais les plants à racines nues donnent de très bons résultats également. Les plants en mottes sont plantés dès que les racines sortent de la motte, les plants en arrachis sont plantés au stade 4 ou 5 feuilles. Le plus important est le respect de quelques règles :

Le terrain de la pépinière doit être sain (respect d’une rotation d’au moins 4 ans pour les crucifères), bien fumé et bien drainé.

Protéger la pépinière contre les attaques de mouches, de papillons et de pigeons. La bâche ou le filet à mailles fines conviennent.

Respecter une densité de l’ordre de 350 plants par m² au maximum, soit 2,5 g de semence/m².

Les semis d’été sont ombrés pour limiter le nombre de jours à température supérieure à 25°C, les semis de mai sont réalisés en plein air pour les mêmes raisons.

Pour la plantation…

À la plantation, il convient d’écarter les plants borgnes dont le bourgeon central est déformé ou disparu. Ceux-ci sont enfoncés dans le sol en enterrant complètement la motte, jusqu’à l’aisselle des premières feuilles.

La densité de plantation dépend de la variété et du débouché. Les recommandations des semenciers vont de 200 plantes par are pour l’industrie à 400 plantes pour le marché du frais et même 600 pour les plants destinés à la commercialisation au printemps.

En pratique, nous plantons 32.000 choux pommés par ha. La proportion de pommes récoltables varie sensiblement suivant l’efficacité des moyens de lutte contre les ravageurs, la régularité des apports d’eau et la chance d’être en phase avec les besoins des marchés.

Le suivi de la culture

Le bâchage à l’aide d’un voile non tissé dès la plantation permet une meilleure reprise et une protection partielle contre les pigeons et la mouche du chou. La bâche peut rester environ 6 semaines en place.

Le désherbage des choux pommés n’est pas très compliqué. Nous le plantons ce qui diminue la durée de la période sans couverture du sol qui est elle-même très efficace. En conventionnel, plusieurs matières actives sont homologuées (voir http://fytoweb.be/fr). En bio, les binages, hersage et même le buttage avant le stade de la couverture du sol permettent de bien maîtriser l’enherbement.

L’irrigation est un point important pour la qualité et pour le planning de maturité technique des choux. Elle est pilotée en visant une humidité du sol de 70 à 80 % de la capacité au champ. Comme l’enracinement est puissant, nous pouvons tenir compte d’une réserve utile sur une profondeur de 60 ou 70 cm. Les irrigations seront donc espacées et volumineuses.

Bien conserver sa récolte

La conservation en frigo est la règle pour les choux pommés qui ne sont pas vendus directement à la récolte. La température de – 1 à 0°C, une humidité relative de 95 % et pour les locaux adaptés, un taux de CO2 de 3 à 7 % permettent un bon maintien des qualités pendant au moins 4 mois avec des pertes limitées. Une conservation plus longue entraînera des pertes de plus de 6 % dues à l’épluchage.

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