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Plantation de haies en Wallonie: la faible consommation des budgets interroge

Interrogée en commission de l’Agriculture, la ministre Anne-Catherine Dalcq a défendu le programme Yes We Plant, tout en reconnaissant la nécessité de renforcer la communication et l’accompagnement des acteurs locaux.

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Le 19 janvier dernier, en commission de l’Agriculture, le député Nicolas Janssen a interpellé la ministre Anne-Catherine Dalcq, sur l’état d’avancement de la politique de plantation de haies en Wallonie et sur l’avenir du programme Yes We Plant.

Rappelant le rôle central des haies dans la restauration des habitats, la protection de la faune, la résilience des sols et l’atteinte des objectifs européens en matière de biodiversité, le député a pointé une consommation particulièrement faible des crédits disponibles. Sur les 10 millions € mobilisables via un droit de tirage destiné aux communes, seuls quelque 300.000 € sont aujourd’hui justifiés. Par ailleurs, sur une enveloppe récurrente de 400.000 €, à peine 15.000 € auraient été consommés cette année.

Des objectifs toujours en cours de réalisation

En réponse, la ministre a dressé un bilan chiffré du programme. « À la fin de l’année 2024, Yes We Plant a permis la plantation de 1.600 km de haies et près de 910.000 arbres en Wallonie », a-t-elle indiqué, précisant que cela représente un peu moins de 50 % de l’objectif annoncé de 4.000 km, si l’on tient compte des actions toujours en cours ou à venir.

La ministre a également expliqué pourquoi le compteur public n’avait plus été actualisé récemment. « Ce travail s’est avéré particulièrement énergivore et peu pertinent, alors que plusieurs dispositifs sont encore actifs et permettront d’atteindre les objectifs annoncés », a-t-elle justifié.

Parmi ces dispositifs figurent notamment l’opération des plants de haies gratuits, dont la dernière distribution est prévue en 2026, ainsi que le droit de tirage de 10 millions € accordé aux communes pour les plantations de ligneux indigènes à réaliser d’ici fin 2027. À ce stade, un montant précis de 314.892,57 € a été justifié dans le cadre du rapportage intermédiaire.

Lever les freins et structurer la filière

Reconnaissant l’existence de freins sur le terrain, Anne-Catherine Dalcq a souligné les mesures prises pour y répondre. Les frais d’encadrement sont désormais éligibles jusqu’à 15 % du montant des plantations, afin de pallier le manque d’expertise, et une communication régulière est assurée à destination des communes.

La ministre a également insisté sur un autre acquis du programme : la structuration d’une filière wallonne de plants. Une convention de cinq ans a ainsi été conclue pour poursuivre le soutien à l’encadrement des pépinières forestières et de plants de haies, avec un objectif affiché : couvrir à terme 100 % des besoins wallons en plants indigènes et renforcer la valorisation de la charte « Végétal d’ici ».

D’autres mécanismes structurels intégrés à Yes We Plant, comme les subventions pour la plantation de haies vives et de taillis linéaires, sont par ailleurs maintenus, avec des budgets déjà inscrits pour 2026.

Une évaluation qui appelle à renforcer l’action

Concernant l’évaluation externe du programme, annoncée de longue date, la ministre a indiqué que ses conclusions plaident surtout pour un renforcement des actions et de la communication à destination des acteurs, en particulier dans le monde agricole. Les surfaces agricoles constituent, selon elle, « un potentiel majeur pour la biodiversité en plaine ».

La Wallonie compte déjà 23.000 km de haies agricoles, qui contribuent à la biodiversité, à la captation du carbone et à la protection des sols. L’ambition est désormais de renforcer la collaboration avec les agriculteurs, tout en maintenant la simplification administrative comme priorité.

Si aucun dispositif spécifique d’évaluation de l’impact direct sur la biodiversité n’existe, la ministre a rappelé que les effets positifs des haies sur les habitats et la faune sont largement reconnus et pleinement alignés avec les objectifs du règlement européen sur la restauration de la nature.

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