Connaître la valeur des engrais de ferme afin de les valoriser au mieux
Les prix des engrais minéraux ont connu de fortes variations ces dernières années, sous l’effet combiné de nombreux enjeux agricoles, commerciaux et géopolitiques. Ces fluctuations se répercutent directement sur les coûts de production. L’évolution des cours – influencés par les coûts énergétiques, la demande et les facteurs (géo)politiques – met ainsi en lumière la réelle valeur des engrais de ferme.

En termes de production fourragère, 2025 a été marquée par des rendements moyens à abondants en prairie, avec des qualités plutôt satisfaisantes, voire assez corrects en maïs fourrage. La sécheresse printanière, observée de mars à juin, n’a certainement pas été sans conséquence par endroits. Toutefois, le retour des précipitations a évité, en dernière minute, une aggravation de la situation.
Plusieurs prix en légère hausse
En analysant les prix des engrais azotés, on constate une légère hausse pour cet élément majeur, pourtant moins prononcée que l’évolution enregistrée entre 2024 et 2025. L’unité azote provenant du nitrate d’ammoniaque augmente de 0,06 €, à 1,39 €/unité, alors que le prix de l’urée n’évolue pas.
Le phosphate naturel connaît pour la troisième année consécutive une baisse de prix et se fixe à environ 2,00 €/unité. En même temps le prix du TSP (triple super phosphate) est quelque peu plus élevé qu’en janvier 2025. Le prix du potassium (référence chlorure de potassium KCl 60), quant à lui, progresse légèrement à 0,69 €/unité de K2O.
Fertiliser efficacement en réduisant les pertes
Les lisiers et les digestats de biométhanisation sont à épandre sous une météo humide et des températures basses (mais pas de gel), voire – si nécessaire et possible – avec une technique d’épandage proche du sol, afin de préserver au mieux la fraction azotée à action rapide qu’est l’ammoniaque.
Pour le phosphore et le potassium, un coefficient d’efficacité de 100 % est considéré. En prairie fauchée, les exportations en potassium sont de même intensité que celles de l’azote. Le potassium est hautement présent dans les engrais de ferme, mais des pertes peuvent survenir lors des différentes étapes de leur manipulation. Entre autres, le fumier stocké à l’extérieur durant une longue période court un risque de perte par le biais du jus d’écoulement, d’autant plus s’il est fortement exposé à la pluie.
La réduction de la durée de stockage au champ et de son exposition aux précipitations (couverture des tas) ont un effet significatif sur la réduction de ces pertes. Selon une série de mesures réalisées par Fourrages Mieux, en six mois de stockage au champ, les pertes d’un tas non couvert peuvent atteindre, voire dépasser, 20 % du potassium.
La valeur des engrais de ferme
Deux tableaux présentent la fertilisation des prairies permanentes et des cultures. Les calculs sont basés sur les prix des engrais minéraux observés au mois de janvier 2026, indiqués dans la colonne de droite, ainsi que sur la teneur moyenne en nutriments des échantillons analysés. Ces échantillons ont été envoyés pour analyse par des agriculteurs wallons à l’un des laboratoires du réseau Requasud.
Le coefficient d’efficacité de l’azote des engrais de ferme par rapport aux engrais minéraux repose sur des résultats de recherche et implique que l’engrais de ferme épandu en conditions optimales peut atteindre une meilleure efficience et, donc, un coefficient d’efficacité plus élevé.
Le prix de référence de l’azote minéral est fixé sur base du nitrate d’ammoniaque. Dans le cas des prairies permanentes (

Le

Les échanges d’engrais et paille/fumier
Les échanges d’engrais de ferme entre deux exploitations, ainsi que les échanges paille/fumier permettront éventuellement de se rapprocher davantage d’une autonomie fertilisante au sein de l’exploitation et de pouvoir limiter ses achats d’intrants. Il est important de veiller à respecter les différentes législations (mesures agro-environnementales et climatiques, politique agricole commune, bio, liaison au sol, plan de gestion durable de l’azote…) qui concernent l’exploitation lorsqu’on importe des engrais de ferme d’une autre structure.
L’organisme de recherche français Arvalis met à disposition un logiciel pour aider les agriculteurs dans le calcul des équivalences, lorsque sont réalisés des échanges paille/fumier entre collègues. Celui-ci est disponible en ligne, à l’adresse www.paille-fumier.arvalis-infos.fr.
Un apport de carbone
Un autre atout important des engrais de ferme consiste en leur apport en carbone. Une partie de ce carbone est source d’humus pour les sols. Cet humus a une valeur réelle d’autant plus importante que la teneur des sols est pauvre en carbone.
Si la prairie permanente est un puits de carbone, les terres de cultures, labourées et travaillées chaque année avec peu ou pas d’apport de matières organiques, risquent de s’appauvrir. La fertilisation avec des engrais de ferme a donc un double effet bénéfique dans les sols cultivés : l’apport de carbone au-delà de leur apport en nutriments.
Agra-Ost







