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Chez Syngenta, plusieurs nouveautés s’invitent aux côtés des fers de lance

Outre ses références déjà bien connues des agriculteurs, Syngenta étoffe son catalogue afin de répondre aux problématiques rencontrées dans diverses cultures. Ainsi, sa gamme de biostimulants prend de l’ampleur tandis que son offre « classique » intègre diverses nouveautés. En effet, un nouvel herbicide sera disponible dès la saison prochaine en maïs tandis que de nouveaux fongicides ont vu le jour afin de lutter contre le mildiou, que ce soit en pommes de terre ou légumes de plein air.

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C’est une nouvelle fois dans la région de Basilly que le phytopharmacien a établi ses parcelles d’essais. À travers celles-ci, il expose ses nouveautés et stratégies, tout en les évaluant dans le contexte de l’année. Avec un objectif : tenter de répondre au mieux aux problématiques que rencontrent les agriculteurs, que ce soit à l’aide de produits de synthèse, de biostimulants ou encore de techniques culturales.

En céréales, ne pas oublier les leviers agronomiques

Le désherbage des parcelles céréalières se complexifie d’année en année, avec l’apparition de populations d’adventices de plus en plus difficiles à combattre. Sont ainsi cités : le jouet du vent, le vulpin ou encore le ray-grass dont on craint que les variétés résistantes aux herbicides, observées en France, arrivent en Belgique. « L’apparition de résistances aux matières actives a entraîné un retour en force des désherbages automnaux et un moindre recours aux opérations printanières », détaille Christian Walravens, Crop advisor pour la Wallonie. Or, le non-renouvellement du flufenacet au niveau européen requiert d’adapter les pratiques.

Dans ce contexte, la firme s’est orientée vers le Defi (800 g/l prosulfocarbe), produit qu’il convient toutefois de combiner avec des partenaires adaptés à la flore rencontrée. Après de premiers essais sur jouet du vent, les expérimentations sont, cette année, consacrées au ray-grass et au vulpin, tant en escourgeon qu’en froment. « Nous en tirons deux enseignements majeurs. D’une part, il ne faut pas travailler sous la dose recommandée, à savoir 3 l/ha. D’autre part, le diflufenican (ou diflufenican + aclonifen) semble être une partenaire incontournable du prosulfocarbe », commente-t-il. On préférera également intervenir en pré-émergence plutôt qu’au stade 1-2 feuille(s) de la culture.

En situation difficile, des adventices peuvent subsister. « La chimie ne peut pas tout faire. Il est important de se tourner également vers les leviers agronomiques. » Premièrement, il est envisageable de retarder les semis de céréales afin de réduire la pression en vulpin. Toutefois, cette piste est difficile à mettre en œuvre pour les agriculteurs travaillant des terres lourdes. Un faux semis peut s’anticiper deux à trois semaines avant l’implantation de la céréale. Il est encore possible d’accroître la densité de semis ou d’opter pour une variété plus couvrante. Selon Christian Walravens, ces deux dernières options constituent toutefois des leviers secondaires, dont l’impact n’est pas aussi marquant que les pistes précédentes.

« Enfin, la rotation demeure clairement un outil précieux. Semer un colza et intervenir avec un anti-graminée afin de nettoyer la parcelle constituent une voie supplémentaire. De même, le labour est une solution pour diminuer la pression des adventices. »

Lutter contre les maladies fongiques des céréales

En céréales toujours, l’accent est également mis sur la lutte contre les maladies fongiques. Et ce, dans un contexte particulier : « Juin est le seizième mois consécutif durant lequel les températures sont supérieures aux normales de saison », commente Johan Antoons, lui aussi Crop advisor. « Ce n’est pas sans influence sur le développement des maladies que sont la septoriose et les rouilles jaune et brune », ajoute-t-il. Dans ce contexte, plusieurs T1 et T2 sont mis à l’épreuve.

Le phytopharmacien épingle notamment son dernier-né qu’est Amistar Prime (aussi connu sous l’appellation Idencia Prime) (150 g/l azoxystrobine + 280 g/l fenpropidine). Celui-ci se montre efficace contre les rouilles et permet, grâce à la fenpropidine, d’apporter une famille chimique autre qu’une triazole. En T1, il sera toutefois appliqué en combinaison avec une triazole afin d’accroître l’efficacité du traitement en présence de septoriose.

En T1, Syngenta mise sur Amistar Prime. « Celui-ci est, entre autres, agréé (1 l/ha) en froment pour la lutte contre la septoriose, la rouille jaune, la rouille brune... », éclaire  Johan Antoons.
En T1, Syngenta mise sur Amistar Prime. « Celui-ci est, entre autres, agréé (1 l/ha) en froment pour la lutte contre la septoriose, la rouille jaune, la rouille brune... », éclaire Johan Antoons. - J.V.

Bien que se montrant en léger recul, l’association Amistar Prime et Aquicine Duo peut être utilisée en l’absence de triazole. Pour rappel, l’Aquicine Duo (600 g/l soufre + 300 g/l phosphonates de potassium) est un multi-site dont les composants ne sont pas concernés par les résistances.

En T2, Syngenta mise toujours sur le Solatenol (nom commercial de la substance active benzovindiflupyr présente dans les fongicides Elatus Plus, Velogy Era et Ceratavo Plus). Cette SDHi, appliquée au stade dernière feuille – épiaison sera associée à une triazole et une strobilurine. « Comme c’est le cas pour toutes les SDHI, afin de couvrir le spectre complet des maladies fongiques », insiste M. Antoons.

Un nouvel herbicide commercialisé en 2027 en maïs

Le désherbage de la culture de maïs a connu plusieurs évolutions ces dernières années. Ainsi, la terbuthylazine, herbicide relativement rapide, connaît des restrictions d’usage. La sulcotrione, quant à elle, a une action plus lente. Syngenta souhaitait retrouver une certaine rapidité d’action au champ. Cela se traduit par l’arrivée d’un nouveau produit, qui devrait bénéficier de son agréation dans les jours à venir et sera commercialisé au printemps prochain.

Cette coformulation associe notamment la mésotrione (375 g/l) à la thiencarbazone-méthyl (75 g/l). Elle devrait être agréée en pré- et en post-émergence, en vue de compléter le panel de produits disponibles pour les agriculteurs. L’essai visait à déterminer les associations possibles avec d’autres matières actives et à identifier d’éventuelles contre-indications d’utilisation.

Malgré la mise sur le marché de cette nouveauté, Syngenta insiste sur le fait qu’il est nécessaire de concevoir un programme permettant de traiter le plus large spectre possible d’adventices tout en restant sélectif du maïs. De même, il reste recommandé d’anticiper autant que faire se peut le désherbage des parcelles.

Pergado Pro, une nouveauté contre le mildiou en pommes de terre

En pommes de terre, c’est le mildiou qui revient sur le devant de la scène. « Le champignon ne se préoccupe pas des conditions commerciales… Les tas de tubercules invendus, issus de la récolte 2025, constituent un paramètre dont on ne connaît pas l’exacte influence sur la saison », insiste Christian Walravens. Depuis quelques années, Syngenta, comme d’autres firmes phytopharmaceutiques, recommande vivement d’alterner et de mélanger les matières actives mais aussi d’intervenir à dose pleine. Le but ? Limiter l’apparition de souches résistantes. « Cette recommandation doit encore être suivie cette année, malgré le climat ambiant dans le secteur de la pomme de terre. » Et ce, d’autant qu’en cas de surproduction, aucune tolérance n’est concédée au niveau qualitatif.

Dans sa gamme à base de mandipropamide, Syngenta mise sur les coformulations. « C’est une source de facilité pour l’agriculteur qui ne doit ni calculer, ni mélanger les produits. Ce sont des solutions prêtes à l’emploi. » En la matière, une nouveauté fait son apparition : Pergado Pro (75 g/l mandipropamide + 450 g/l propamocarbe). Celle-ci s’applique à 1,9 l/ha, une à trois fois par saison et combine deux modes d’action (de contact, pour le mandipropamide, et systémique, pour le propamocarbe).

La firme avait déjà étoffé sa gamme l’an dernier, avec les coformulations Evagio Forte et Pesonia Forte (200 g/l mandipropamide + 100 g/l amisulbrom) destinées à lutter contre le mildiou en seconde partie de saison. L’association de ces deux matières actives permettrait de protéger tant le feuillage que les tubercules, tout en prévenant l’apparition de nouvelles résistances.

Du neuf également face au mildiou en légumes

L’année dernière, Syngenta dévoilait Orondis Evo (12 g/l oxathiapiproline + 250 g/l azoxystrobine) dont l’application à 1 l/ha permet de lutter contre le mildiou, l’alternariose et la rouille en laitues, poireaux, oignons de printemps, plantes ornementales… Désormais, la firme complète son portefeuille avec Orondis Vip (30 g/l oxathiapiproline + 174,4 g/l métalaxyl-M). Appliqué à la dose de 0,5 l/ha, celui-ci assurerait une protection supérieure contre le mildiou en choux, oignons, épinards, laitues ou encore poireaux.

Jérémy Vandegoor

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