Céréales: la Belgique installée dans le haut du classement
Sans surprise, la vague de chaleur observée en mai aura un impact sur les rendements céréaliers dans quelques régions européennes. Mais l’impact du mois de juin risque d’être bien plus remarquable en raison du stress hydrique traversé par les cultures. Sur base des projections, la Belgique semble toutefois relativement épargnée, bien que ce sera sur la bascule que les chiffres avancés seront, ou non, confirmés.

Dans son dernier rapport mensuel, daté du 22 juin, l’Observatoire des cultures Mars de la Commission européenne s’attend à des rendements globalement supérieurs à la moyenne sur cinq ans mais inférieurs aux chiffres de l’an dernier. Des inquiétudes sont toutefois soulevées, en raison du climat rencontré en ce mois de juin.
En effet, bien que les cultures d’hiver soient ou approchent de leur maturité, le printemps sec et la vague de chaleur de mai ont réduit les perspectives de rendement dans certaines régions d’Europe occidentale, centrale et orientale. De même, les cultures d’été se sont bien développées dans la plupart des régions mais la météo de ces dernières semaines est source d’inquiétudes. En détail, les réserves en humidité du sol sont, en de nombreux endroits, épuisées alors que la demande en eau augmente. Les températures élevées et les précipitations limitées enregistrées jusqu’à fin juin dans une grande partie de l’Europe occidentale et centrale ont aggravé le stress hydrique des cultures et pourraient menacer le potentiel de rendement.
La Commission européenne n’a pourtant que très peu adapté ses rendements prévisionnels en blé (moyenne établie sur le blé tendre et le blé dur, ainsi que sur l’épeautre), les estimant à 5,79 t/ha, contre 5,65 t/ha en moyenne lors des cinq dernières années. En orge (d’hiver et de printemps), ils sont attendus à 5,09 t/ha, contre 5 t/ha en moyenne lors des cinq dernières années.
Une très noble troisième place
Du côté du froment, la prévision pour l’ensemble de l’UE s’établit à 6 t/ha (6,33 t/ha en 2025, 5,87 t/ha en moyenne sur 2021-2025). En orge d’hiver, elle est fixée à 5,17 t/ha (4,72 t/ha en 2025, et 5,11 t/ha en moyenne lors des cinq dernières années).
En Belgique, la moisson des escourgeons a débuté et le mûrissement des froments avance bon train. Chez nos voisins français, leur récolte a commencé voici plusieurs jours déjà, précocement. Mais qu’en est-il des estimations ?
Pour notre pays, tout d’abord, Mars évalue les rendements en orge d’hiver à 8,14 t/ha (8,51 t/ha en 2025, 7,89 t/ha en moyenne sur 2021-2025). En France, ils sont évalués à 6,60 t/ha, contre 7 t/ha l’an dernier (6,62 t/ha en moyenne sur 2021-2025). En Allemagne et aux Pays-Bas, les estimations avancent, respectivement, 7,67 t/ha (7,86 t/ha en 2025, 7,35 t/ha en moyenne sur 2021-2025) et 8,42 t/ha (8,61 t/ha en 2025, 8,21 t/ha en moyenne sur 2021-2025). Aucune projection n’est livrée pour le Luxembourg.
Par rapport à tous les pays de l’UE (excepté la Finlande, Malte et le Luxembourg pour lesquels aucune prédiction n’est communiquée, faute de surface suffisante), la Belgique se classe en très bonne position. En effet, elle enregistrait le troisième meilleur rendement à l’hectare, devancée uniquement par l’Irlande (avec une prévision à 9,15 t/ha) et les Pays-Bas.
En froment maintenant, un rendement de 8,64 t/ha est envisagé pour la Belgique (9,13 t/ha en 2025, 8,28 t/ha en moyenne sur 2021-2025). En France, les estimations évoquent 7,05 t/ha (7,42 t/ha en 2025, 7,05 t/ha en moyenne sur 2021-2025). Du côté de l’Allemagne, la Commission européenne table sur 7,79 t/ha (7,85 t/ha en 2025, 7,48 t/ha en moyenne sur 2021-2025) tandis que les Pays-Bas devraient atteindre 9,07 t/ha (9,25 t/ha en 2025, 8,57 t/ha en moyenne sur 2021-2025). Enfin, les rendements de nos voisins luxembourgeois seraient de 6,10 t/ha (6,81 t/ha en 2025, 5,99 t/ha en moyenne sur 2021-2025).
Ici aussi, la Belgique tire son épingle du jeu. Elle se classerait également troisième en matière de rendement à l’hectare. Une nouvelle fois, l’Irlande (9,94 t/ha) et les Pays-Bas devancent notre pays sur le podium.
À l’autre extrémité se trouve le Portugal, avec un rendement attendu à 2,17 t/ha (2,20 t/ha l’an dernier, 2,44 t/ha sur la moyenne quinquennale). Les conditions pédoclimatiques y sont toutefois fortement éloignées de celles rencontrées en Belgique.
Pour les cultures de printemps, la prudence s’impose
En colza, l’estimation européenne est plus modeste, à 3,18 t/ha (3,34 t/ha en 2025, 3,20 t/ha en moyenne sur 2021-2025). Aucune projection n’est avancée pour cette culture à l’échelle belge.
Du côté des cultures de printemps, la projection de productivité du maïs grain pour l’UE s’affiche à 7,38 t/ha, (7,08 t/ha en 2025). Une prévision de 11 t/ha est avancée pour la Belgique (10,08 t/ha en 2025).
Sous terre maintenant, les rendements européens en betterave sucrière sont attendus à 77,7 t/ha (76,2 t/ha l’an dernier). La Belgique culminerait en tête du classement, avec une prévision de 90,2 t/ha (85,6 t/ha en 2025).
Enfin, en ce qui concerne la pomme de terre, les prévisions européennes et belges s’établissent respectivement à 37,7 t/ha et 42,8 t/ha (37 t/ha et 41,8 t/ha en 2025)
Ces derniers chiffres sont toutefois à prendre avec prudence. D’une part, les premières récoltes n’auront lieu que dans plusieurs semaines et s’achèveront dans quelques mois. D’autre part, la météo estivale pourrait influencer ces prédictions à la hausse ou à la baisse, notamment si un nouvel épisode de canicule venait à s’abattre sur l’Europe.








