Bayer dévoile ses nouveautés en betteraves et pommes de terre
Annoncés comme étant en attente d’agréation l’an dernier, un traitement de semences ainsi qu’un insecticide font partie des nouveautés dévoilées cette année par la firme, en betteraves sucrières. Une nouveau biofongicide, à incorporer au sol avant la plantation des pommes de terre, vient également compléter la gamme, sans pourtant que soient occultés les divers produits déjà bien connus des cultivateurs.

Depuis plus de trente ans déjà, c’est à Houtain-le-Val (Genappe) que Bayer CropScience met sur pied sa plateforme démonstrative. Sur une surface d’environ 1 ha, le phytopharmacien y expose son catalogue tout en mettant l’accent sur ses nouveautés, en agriculture conventionnelle ou biologique. Sur place, Olivier Buyze, Advisory representative Agri s’attarde sur les plus-values de chaque matière active et coformulation, en tenant compte des problématiques rencontrées par les agriculteurs eux-mêmes.
Désherbage des céréales : quelles pistes suite à la disparition du flufenacet ?
En matière de désherbage des céréales, le flufenacet est en fin de vie et ne pourra plus être utilisé que cet automne. Par conséquent, le Liberator (400 g/l flufenacet + 100 g/l diflufenican) a quitté le portefeuille du phytopharmacien, alors qu’il le considérait comme étant la locomotive des interventions automnales. Dans ce contexte, il se tourne vers le Mateno Duo (500 g/l aclonifen + 100 g/l diflufenican). « Grâce à la bonne synergie entre les matières actives, ce dernier assure un traitement à large spectre sur dicotylées (camomille, coquelicot, véronique…) et apporte une efficacité certaine sur jouets du vent, vulpins, pâturins et ray-grass, entre autres », éclaire Olivier Buyze.
Ce produit ne remplace toutefois pas le flufenacet. Selon la flore rencontrée, il peut donc être nécessaire de l’associer à un partenaire. Le conseil est de s’orienter vers le prosulfocarbe, le chlortoluron (si la variété implantée est tolérante) ou encore le triallate. « On élargit ainsi le spectre dès la pré-émergence, que ce soit contre les graminées ou contre les dicotylées. Mais il convient de garder à l’esprit que l’on perd la souplesse de positionnement du flufenacet. »
Pour rappel, le Mateno Duo est agréé sur toutes les céréales, excepté l’avoine, et peut être appliqué en pré- et en post-émergence. Cette flexibilité permet de traiter le même jour des parcelles présentant des stades différents.
Si un rattrapage printanier est requis, la gamme Sigma, à base de mésosulfuron, constitue une piste de travail. En la matière, un conseil demeure d’année en année : traiter au moment opportun, sur base du stade phénologique des adventices, et à une dose adaptée à la situation rencontrée.
Face aux maladies fongiques du froment
Concernant la protection fongicide du froment, notre guide estime qu’il est impensable de ne pas travailler en deux passages. « Le premier permet de protéger les feuilles du bas, le second agit principalement sur les deux dernières feuilles. Cette combinaison est essentielle pour assurer le bon remplissage des épis », détaille-t-il. Observer les stades de développement de la céréale est tout aussi crucial afin de déclencher le traitement au moment adéquat.

Pour une application en T1, au stade 1er-2e nœud, Bayer met en avant ses coformulations à base de prothioconazole que sont Madison, Fandango Pro et Cello Triple. « Associer le prothioconazole à d’autres matières actives permet de renforcer l’efficacité du traitement contre les rouilles et septoriose, tout en limitant l’apparition de résistances. » L’épiaison constitue le second stade clé, auquel appliquer le T2, généralement trois semaines après le T1. Ici, la recommandation porte sur un fongicide à large spectre et longue rémanence de la gamme Xpro (prothioconazole + bixafen) qui, outre les dernières feuilles, protège l’épi contre les fusarioses.
Deux nouvelles agréations en betteraves sucrières
Présenté l’an dernier, le traitement de semences Buteo Start (480 g/l flupyradifurone) est agréé depuis ce printemps 2026. Cet enrobage permet de protéger les jeunes plantules des attaques d’insectes souterrains et aériens (altises, atomaires, taupins, pucerons…). Systémique, l’insecticide protège jusqu’au stade deux feuilles de la betterave.
Sur la plateforme, l’intérêt de cet enrobage face aux altises est largement mis en évidence. En l’absence de traitement, les morsures du ravageur réduisent la surface foliaire et, par conséquent, la photosynthèse, mais accroissent également la sensibilité des jeunes betteraves aux herbicides. Cela se traduit, in fine, par un recul du rendement.
Buteo Start a aussi une action sur les pucerons vecteurs de la jaunisse de la betterave, dont le relais doit être assuré par un programme insecticide. En la matière, Bayer a obtenu l’agréation en betteraves sucrières et fourragères du Sivanto Prime (200 g/l flupyradifurone), produit déjà connu des patatiers. Appliqué au maximum une fois par saison, à la dose de 0,25 l/ha, cet insecticide foliaire présenterait une très bonne efficacité contre le puceron vert (Myzus persicae), « contre lequel certaines matières actives se montrent en retrait », complète Olivier Buyze. Il est également sélectif des auxiliaires et pollinisateurs.
Du côté de la protection fongicide, les semis précoces, les températures actuellement élevées et la présence d’humidité matinale constituent un cocktail favorable au développement de la cercosporiose. Dans sa gamme, Bayer dispose du Propulse (125 g/l fluopyrame + 125 g/l prothioconazole). Récemment agréé, il fait intervenir deux modes d’action différents, permettant de limiter l’apparition de nouvelles résistances tout en ayant une bonne rémanence. À noter : le produit est aussi agréé sur rouille, oïdium et alternariose en chicorée.
Une nouvelle version du Serenade à disposition des patatiers…
En pommes de terre, Bayer a renforcé sa gamme avec une nouvelle formulation du biofongicide Serenade, appelée Serenade Soil Active. Agréée tant en bio qu’en conventionnel, elle est davantage enrichie en spores bactériennes de Bacillus amyloliquefaciens QST713 que la version Aso. De ce fait, elle se prêterait davantage à une incorporation dans le sol (1 l/ha), que ce soit avant ou pendant la plantation.

Serenade Soil Active protège le plant contre les maladies que sont le rhizoctone brun et la gale argentée ; le premier pouvant réduire la capacité de germination du plant et, par conséquent, pénaliser la production de tubercules filles, la seconde pouvant entraîner une déshydratation des tubercules. « In fine, la qualité et la quantité de tubercules sains s’en trouvent améliorées », insiste M. Buyze.
Face aux pucerons, l’insecticide Sivanto Prime évoqué ci-dessus est agréé pour une application par saison à la dose de 0,375 l/ha.
… mais des défis pour le désherbage
Depuis plusieurs années déjà, le désherbage des pommes de terre se complique… Le retrait de la métribuzine et du flufenacet a eu un impact sur le catalogue Bayer, marqué par la disparition de l’Artist et du Gofor. « Ce dernier travaillait très bien sur datura. Outre cette adventice, on retrouve des fumeterres, chénopodes, camomilles, morelles noires… dans les parcelles. Dans ce contexte, que faire ? », interroge Olivier Buyze.
À Houtain-le-Val, différents produits ont été testés seul ou en association afin de définir un schéma de désherbage cohérent et efficace. « Nous en tirons un enseignement : le Challenge (600 g/l aclonifen) donne de bons résultats sur chénopodes mais certains individus subsistent en l’absence de flufenacet. » Dans ce contexte, il est conseillé de travailler avec une dose de 3 l/ha plutôt que 2 l/ha. L’essai montre encore que l’herbicide est compatible avec tous les produits racinaires actuellement agréés et se montre sélectif de la pomme de terre.
À cette base, seront ajoutées plusieurs matières actives, choisies selon les adventices rencontrées. Quatre à cinq matières actives seront ainsi appliquées selon la situation. « Il est également possible d’ajouter un produit de la gamme Roudup à la bouillie de pré-émergence. L’intervention permet de lutter contre des adventices plus développées, alors que d’autres herbicides ne présentent une efficacité maximale que sur une population juvénile. »
Lutter contre les adventices en maïs
L’atelier consacré au maïs met en œuvre un screening des principaux herbicides et différents schémas à base de thiencarbazone et de tembotrione. « Dans certaines régions du pays, les agriculteurs sont confrontés à de gros problèmes de graminées et tous les produits n’ont pas la même efficacité dans ces situations », explique Oliver Buyze, qui rappelle l’importance d’intervenir sur des adventices peu développées.
Bayer mise ici sur sa gamme TCMax à base de thiencarbazone-méthyl. À large spectre et rémanents, ces produits montrent leur efficacité sur graminées classiques (panic, pâturin, ray-gras…) et dicotylées (morelle, camomille, renouée…). En parallèle, les trikétones (comme la tembotrione retrouvée dans la gamme Laudis) se montrent efficaces sur la flore classique mais aussi sur les graminées estivales typiques du maïs.





