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Poules en cage: la Wallonie prolonge la période transitoire pour s'aligner avec la Flandre

La Wallonie veut prolonger de huit ans, jusqu'au 1er janvier 2036, la période transitoire autorisant encore l'élevage de poules pondeuses en cages. «Un recul historique» inscrit dans le projet de Code wallon du Bien-être des animaux, dénonce Gaia. Une mesure destinée à éviter les distorsions de concurrence avec la Flandre, se défend Adrien Dolimont, le ministre-président wallon, en charge du Bien-être animal.

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Gaia y voit, elle, «un cadeau politique aussi incompréhensible qu'injustifiable à une poignée d'éleveurs industriels, au détriment de centaines de milliers de poules qui continueront à vivre enfermées derrière des barreaux pendant huit années supplémentaires».

«Un ministre du Bien-être animal devrait supprimer les cages, pas les prolonger. Adrien Dolimont est en train de devenir le pire ministre wallon du Bien-être animal depuis la régionalisation de cette compétence. Alors que sa mission est de faire progresser la protection animale, il choisit au contraire d'organiser un retour en arrière et de renier un engagement pris par la Wallonie il y a huit ans», insiste Sébastien de Jonge, directeur des opérations chez Gaia.

Du côté du cabinet Dolimont, on recadre les faits. «Les élevages en batterie sont interdits en Wallonie depuis le 1er janvier 2012, conformément à la réglementation européenne. Les exploitations concernées utilisent aujourd'hui des systèmes de cages aménagées autorisés par la directive européenne de 1999, qui imposent notamment des nids, des perchoirs et des normes minimales de bien-être animal», y explique-t-on.

Selon le ministre-président en charge du Bien-être animal, la proposition du gouvernement - qui devrait être examinée - ne remet nullement en cause cette exigence. «Elle vise à aligner l'échéance wallonne sur celle retenue en Flandre, fixée au 1er janvier 2036, afin d'éviter une distorsion de concurrence au sein de notre propre pays».

«Il faut également regarder la réalité du secteur: aujourd'hui, la Wallonie produit moins d'un œuf sur deux qu'elle consomme. Nous importons déjà une part importante de notre consommation, y compris depuis des pays qui ne sont pas soumis aux règles européennes en matière de bien-être animal et où subsistent parfois des installations que nos propres éleveurs ont dû abandonner il y a plusieurs années. Fragiliser davantage notre production locale ne ferait pas progresser le bien-être animal, cela risquerait au contraire de déplacer la production vers des systèmes moins exigeants», poursuit le libéral.

Mais pour Gaia, le secteur connaissait parfaitement le calendrier depuis 2018. «Une période transitoire est, par définition, temporaire. Après dix ans, on ne parle plus d'une transition, mais d'un renoncement politique», dénonce l'association selon qui cette prolongation ne concerne en réalité «que sept élevages wallons et leurs 370.000 poules pondeuses qui continueront à vivre en cages jusqu'en 2036 si cette mesure est adoptée».

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