Les abattages de vaches et taureaux enregistrent un repli significatif en 2025
Entre janvier et novembre 2025, les abattoirs belges ont produit moins de viande qu’au cours de la même période, un an auparavant, ressort-il des derniers chiffres (provisoires) publiés par Statbel. La tendance à la hausse de la production enregistrée en 2024, après une année 2023 difficile, ne s’est donc pas poursuivie en 2025. Toutefois, le rendement total en viande issue de l’abattage de porcs, vaches, taureaux, veaux et poulets de chair n’a pas connu de baisse alarmante, celle-ci étant inférieure à 1 %.

Les chiffres publiés par l’office belge de statistiques, Statbel, varient d’un secteur à l’autre. Analysons cela en détail, spéculation par spéculation.
Des porcs toujours plus lourds
Le secteur porcin demeure très agité en Europe occidentale, où les maladies animales, notamment, ont un impact considérable sur la production. Après la forte baisse du nombre d’abattages enregistrée en Belgique en 2023, une pause a pu être observée en 2024. En 2025, le nombre d’abattages de porcs dans la catégorie de poids de 25 à 130 kg, que l’on peut considérer comme étant les « porcs à l’engrais standard », est resté pratiquement inchangé (figures 1 et 2).

Sur l’ensemble de l’année écoulée, il devrait s’élever à 9,16 millions d’animaux. Les abattoirs ont pu maintenir leur approvisionnement. À titre de comparaison, le nombre d’abattages a fléchi de 3,4 % aux Pays-Bas et 1,2 % en Allemagne. Une autre grande puissance porcine, le Danemark, a quant à elle enregistré une forte progression avec 10,7 % d’abattages supplémentaires.

La Belgique se caractérise, en outre, par une légère progression en termes de rendement en viande. Cela s’explique par à un poids moyen à l’abattage légèrement plus élevé, soit 700 g (figure 3). Cela s’inscrit dans la continuité d’une tendance amorcée voici plusieurs années. Depuis 2015, le poids moyen à l’abattage a augmenté de 6,3 kg.

Recul du nombre de truies
L’abattage de porcs de plus de 130 kg (figure 4) constitue un indicateur du nombre de truies éliminées des cheptels. Au cours des onze premiers mois de 2025, ce nombre a diminué de 1,9 %. Contrairement à 2024, le nombre de truies proposées à la vente a donc reculé.

Ce n’est pas tant parce que les éleveurs ont conservé les truies plus longtemps, à en juger par leur poids moyen à l’abattage, qui était légèrement inférieur à celui de 2024 (600 g, en moyenne). Le cheptel de truies semble plutôt avoir quelque peu diminué., simplement.
Un marché porcin incertain
Les éleveurs de porcs sont confrontés à un défi de taille. Alors que l’Espagne, premier exportateur européen de viande porcine depuis plusieurs années, est confrontée à des épidémies de peste porcine africaine, les prix du porc en Europe occidentale sont sous pression. Le marché demeure très incertain, après une période de baisse progressive des prix. Après une année 2024 favorable, marquée par une forte demande, les cours ont considérablement baissé l’an dernier. L’une des causes en est l’influence d’un euro fort, qui a rendu difficile l’exportation de viande porcine hors Union européenne.
L’organisation allemande des éleveurs de porcs ISN fixe chaque semaine des prix de référence pour les porcs de boucherie dans les différents États membres de l’UE. Le leader du marché, l’Espagne, affichait un prix moyen de 2,26 €/kg en 2024, contre 2,11 €/kg en moyenne en 2025. Début janvier de cette année, le prix n’était que de 1,39 €/kg. Pour la Belgique, ces prix étaient respectivement de 1,93 €/kg en 2024, 1,68 €/kg l’année dernière et 1,36 €/kg début janvier.
Nettement moins de bovins abattus
Entre janvier et novembre 2025, la production de viande bovine dans les abattoirs belges a diminué de plus de 10 % par rapport à la même période en 2024.
Le nombre de vaches abattues s’est élevé à un peu plus de 250.000 et devrait atteindre 275.000 pour l’ensemble de l’année (figure 5). Cela représente une baisse de 10,5 à 11 % par rapport à 2024. En termes de production de viande, le recul est légèrement moins important (1 % environ), car les vaches ont atteint un poids d’abattage moyen plus élevé. Cela indique également que les éleveurs laitiers ont gardé leurs vaches plus longtemps, ce qui n’est pas un signe de prospérité et suggère que le cheptel laitier s’est affaibli.

Sur la même période, 108.500 taureaux ont été abattus. Cela représente une baisse de 10,6 % par rapport à la même période, un an auparavant. Ici aussi, le rendement en viande affiche un recul moindre, mais reste malgré tout considérable, avec une chute de 10,2 %. Les taureaux abattus pesaient en moyenne 486,6 kg, soit 2,3 kg de plus que l’année précédente. Cette tendance perdure. En effet, depuis 2022, le poids moyen à l’abattage des taureaux de boucherie a augmenté de plus de 7 kg.
Par ailleurs, les chiffres montrent que l’abattage des taureaux de boucherie reste une activité principalement wallonne. Alors qu’en 2015, la part de la Wallonie dans l’abattage de ces animaux était encore de 55 %, elle est passée à 70 % en 2024 (figure 6). L’abattage des vaches est beaucoup plus fréquent au nord du pays et ne représentait, en 2024, que 35 % des abattages bovins wallons.

Léger gain de poids des veaux
Depuis 2020, les abattages de veaux connaissent une reprise progressive. En 2023, leur nombre a augmenté de 4,2 %, et même de 9,8 % en 2024. Le nombre total de veaux abattus au cours des onze premiers mois de 2025 s’élevait à 304.000 (figure 7). On estime que le total annuel pourrait atteindre 333.000, soit un affaissement de 4 % par rapport à 2024.

La production de viande diminuera un peu moins (3,2 % selon les estimations) en raison d’une augmentation de plus de 2 kg du poids à l’abattage. Contrairement à ce qui se passe pour les porcs, par exemple, il ne s’agit pas d’une tendance s’inscrivant dans la durée
Stabilisation du poids à l’abattage des poulets
L’abattage de volailles concerne principalement les poulets à rôtir. Jusqu’en 2023, selon les données livrées par Statbel, le volume de production était très stable, tant en termes de nombre de poulets à rôtir que de poids moyen à l’abattage. Mais la situation a changé au cours de cette année. Durant le premier semestre, le poids moyen à l’abattage est resté inférieur à la moyenne observée en 2022, puis il a augmenté jusqu’à l’atteindre et, finalement, la dépasser, culminant à 1,74 kg, environ.
Statbel a légèrement ajusté les chiffres relatifs à l’abattage des poulets de chair en 2024, ce qui a donné un poids moyen annuel à l’abattage de 1,76 kg. Celui-ci ressort également des chiffres relatifs aux onze premiers mois de 2025 (figure 8). Au cours de cette période, le nombre d’abattages de poulets de chair a augmenté de 1,5 à 1,6 % par rapport à 2024, tout comme le rendement en viande. On estime que 291,5 millions de poulets de chair ont quitté les abattoirs belges sur l’ensemble de l’année 2025, soit une augmentation de 4,5 millions de têtes.








