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Plateforme d’essais Certis Belchim : de nouvelles solutions pour renforcer les programmes phytosanitaires

À l’occasion de sa plateforme d’essais, Certis Belchim a présenté plusieurs nouveautés et confirmé l’intérêt de certaines spécialités déjà bien implantées. Désherbage pomme de terre, lutte contre le souchet en maïs, protection fongicide et solutions pour les cultures légumières : la firme mise sur des programmes associant plusieurs matières actives pour répondre aux défis agronomiques actuels.

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Retrait de certaines matières actives, apparition de nouvelles adventices et pression variable des maladies : les programmes phytosanitaires sont en constante évolution. À travers ses essais, Certis Belchim a présenté différentes solutions et associations de produits visant à optimiser le désherbage et la protection des cultures, de la pomme de terre au maïs en passant par les légumes.

Le Proman reste une référence

Chez Certis Belchim, une large gamme est dédiée aux pommes de terre. Cette année encore, le Proman est mis en avant. Cet herbicide sélectif de prélevée, inhibiteur de photosynthèse, contient du métobromuron (500 g/l) et fête ses 11 ans. « Suite au retrait de la métribuzine, les schémas de traitement doivent être revus », affirme Gilles Warnon, responsable développement grandes cultures.

Dans ses essais, Certis Belchim met en évidence la valeur ajoutée du métobromuron sur un large éventail de mauvaises herbes, notamment la camomille, la morelle et le datura. L’intérêt de cette matière active réside dans le fait qu’elle est la dernière représentante de la famille des urées substituées encore disponible en pomme de terre.

Le datura reste une adventice préoccupante. Les essais de Certis Belchim montrent l’intérêt d’associer le Proman à d’autres matières actives pour renforcer son contrôle.
Le datura reste une adventice préoccupante. Les essais de Certis Belchim montrent l’intérêt d’associer le Proman à d’autres matières actives pour renforcer son contrôle. - A.B.

« On remarque également un effet de synergie lors de l’association du métobromuron et de la clomazone ainsi qu’un effet dose de Proman seul », précise Gilles Warnon. Concernant la problématique du datura, il est conseillé de travailler avec un minimum de 2 l de Proman en association avec d’autres matières actives disposant d’une efficacité contre celui-ci.

Onyx, un nouvel outil pour les corrections en pomme de terre

Un autre produit de désherbage présenté par Gilles Warnon est Onyx, à base de pyridate (600 g/l), également utilisé en maïs. « Nous avons obtenu une dérogation de 120 jours pour cette matière active en pomme de terre. À l’avenir, nous espérons obtenir une autorisation définitive, ce qui offrirait une nouvelle solution de désherbage aux producteurs », explique-t-il.

Selon le responsable développement, trois étapes sont déterminantes pour le désherbage pomme de terre : « La pré-émergence, l’émergence avec le Gozai (Pyraflufen-éthyl 26,5 g/l) et les corrections avec Onyx. Ce dernier est agréé jusqu’à BBCH 14 mais nous le conseillons jusqu’au petit bouquet de 10 cm ». L’objectif de l’Onyx est de corriger les daturas qui lèvent de manière échelonnée.

« Il s’agit donc d’un nouvel outil pour des corrections précoces. Toutefois, il reste important d’intervenir au bon moment sur de jeunes plants de pomme de terre et sur des jeunes adventices ».

Un nouvel adjuvant pour renforcer les traitements

En culture de maïs, l’Onyx joue également un rôle essentiel dans la lutte contre le souchet comestible. En parallèle, un nouvel adjuvant, l’Ampli, composé d’huile et de sulfate d’ammonium, sera commercialisé l’année prochaine. Il est homologué dans de nombreuses cultures, en mélange avec les herbicides, les régulateurs de croissance et les fongicides. Des effets antidérive, une meilleure rétention de la goutte, un effet pénétrant et une diminution du temps de séchage de la goutte lui sont attribués. « Dans un premier temps, nous observons particulièrement ses effets en maïs sur le souchet mais aussi en céréales en sortie d’hiver ou encore avec des antigraminées. C’est un produit assez flexible », détaille Gilles Warnon.

Ampli, un nouvel adjuvant, vise à renforcer l'efficacité des traitements grâce à une meilleure rétention des gouttes, une pénétration accrue et une réduction du temps de séchage.
Ampli, un nouvel adjuvant, vise à renforcer l'efficacité des traitements grâce à une meilleure rétention des gouttes, une pénétration accrue et une réduction du temps de séchage. - A.B.

Le développement de cet adjuvant a nécessité un important travail de formulation, les deux composants n’étant pas naturellement miscibles. Selon Gilles Warnon, l’arrivée de ce produit constitue une nouveauté sur le marché belge, où l’offre en adjuvants homologués reste relativement limitée et soumise à des contraintes réglementaires importantes. Sa polyvalence, qui permet son utilisation en association avec différentes familles de produits phytosanitaires, constitue également l’un de ses principaux atouts.

Areli confirme son potentiel contre le mildiou

Encore en pommes de terre, Certis Belchim a également mis en avant son fongicide Areli, lancé l’an dernier. Les faibles pressions de mildiou observées en 2025 n’avaient toutefois pas permis d’évaluer pleinement ses performances en conditions de terrain.

Areli associe deux matières actives, le valifénalate (150 g/l) et le cyazofamide (80 g/l). Selon la firme, cette formulation se distingue par la complémentarité de ses substances actives, permettant d’optimiser leur utilisation, ainsi que par son efficacité sur l’ensemble des souches de mildiou.

Lentagran complète les stratégies de désherbage en carotte

En cultures légumières, Géraldine Halleux, conseillère technique, a présenté les résultats d’essais réalisés avec le Lentagran, un herbicide à base de pyridate (45 %) sous forme de poudre. Les expérimentations ont été menées en oignon, pois et choux, avec un focus particulier sur la carotte.

Le Lentagran, produit de contact, doit idéalement être appliqué sur une culture sèche, son efficacité dépend donc fortement des conditions d’application. Le printemps particulièrement humide de cette année a ainsi influencé les stratégies de désherbage.

En carotte, les essais ont comparé différents programmes de prélevée associant notamment le Chanon (600 g/l d’aclonifène), le Stomp Aqua (455 g/l de pendiméthaline) et le Centium (360 g/l de clomazone). Les nombreuses pluies et les températures fraîches ont favorisé l’action des herbicides racinaires, mais ont également accru les risques de phytotoxicité sur une culture restée de petit calibre. Dans ce contexte, Géraldine Halleux recommande de réaliser une préémergence complète en associant les trois matières actives afin d’obtenir une efficacité optimale.

En postlevée, le Lentagran s’est notamment montré performant sur la morelle. Il peut être associé à différents partenaires, tels que le Challenge, le Stomp Aqua ou le Beetup 160 SC(phenmédiphame). Comme base, le conseil est d’associer 0,5 l/ha de Lentagran au Challenge, tout en adaptant le programme en fonction de la flore adventice présente, des conditions d’application et du risque de phytotoxicité.

Enfin, en pois, où les restrictions qui pèsent sur la bentazone limitent les solutions disponibles, le Lentagran apparaît comme une alternative intéressante selon Géraldine Halleux.

Astrid Bughin

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