Accueil Colza

Sécuriser la culture de colza d’hiver : les bons réflexes pour la prochaine campagne

Face aux aléas climatiques, le colza d’hiver conserve de nombreux atouts, à condition de bien raisonner son implantation. Choix de variétés adaptées, diversification des précocités, qualité du semis et surveillance des ravageurs constituent autant de leviers pour sécuriser la culture et tirer parti de son potentiel.

Temps de lecture : 4 min

Le colza d’hiver est une culture à envisager car bien adaptée au changement climatique. Bien sûr, l’eau sera indispensable pour assurer la germination des semences et un bon démarrage de la culture. Les prévisions météo seront encore très consultées pour profiter de fenêtres propices au semis avant une pluie. Nos voisins français scrutent également le ciel et n’hésitent pas à recommander de semer dans le sec.

Il s’agira d’assurer un bon contact de la petite semence avec le sol (suffisamment de terre fine, semences bien plombées, roulage si sol sec…).

Des variétés européennes qui ont fait leur preuve

Le choix variétal est large et constitue un bon point de départ de la culture. Toutes les variétés disponibles sont des hybrides restaurés avec un potentiel de rendement élevé et une vitesse d’installation rapide à l’automne, pourvu que les conditions météo soient favorables. Par son système racinaire pivotant, le colza d’hiver est capable d’aller chercher l’eau et les éléments nutritifs en profondeur, piégeant les nitrates à l’automne.

Les variétés s’adaptent déjà au dérèglement climatique, avec ses extrêmes. En testant des variétés européennes, c’est-à-dire inscrites dans différents pays d’Europe de l’Ouest (France, Allemagne) et d’Europe de l’Est (Pologne, Hongrie) avec des climats bien souvent très contrastés en hiver comme en été, on a accès à une génétique qui a déjà fait ses preuves. Le travail de sélection n’est pas terminé car nous bénéficions aujourd’hui de variétés de colza d’hiver qui ont été créées il y a une dizaine d’années, lorsque les périodes de sécheresse à l’automne ont été plus fréquentes (depuis 2016, elles ont été nombreuses en Belgique).

L’amélioration de la résistance au phoma, via un ou plusieurs gènes, permet un meilleur développement de la culture au printemps avec des tiges saines et surtout une bonne résistance à la verse.

La tolérance vis-à-vis du virus de la jaunisse du navet, transmise par le puceron vert du pêcher, se retrouve dans les variétés de type TuYV.

33-colza-suite-tab1-web (4)

Colza 2

Partie 3

Diversifier les variétés pour sécuriser la floraison

Lors du semis, personne ne connaît la date du début de la floraison, ni les conditions météo durant celle-ci. C’est pourquoi il est intéressant de ne pas mettre tous ces œufs dans le même panier, en choisissant des variétés avec différentes précocités à la floraison pour espérer connaître des conditions favorables à la pollinisation.

Le traitement des semences apporte une sécurité supplémentaire quant à la protection contre les premières maladies et attaques d’insectes, dès la levée. Pour stimuler le développement racinaire, un biostimulant à base d’une bactérie, Bacillus amyloliquefaciens, enrobe les semences ; ce traitement mieux connu sous le nom d’Integral Pro, est devenu aujourd’hui un traitement standard.

Dans l’attente du retour de la pluie, le colza pourra être semé avec des variétés à risque d’élongation avant l’hiver, moyen ou faible, surtout s’il est associé avec des légumineuses. Les variétés avec un risque élevé d’élongation seront semées plus tardivement pour éviter une élongation de la tige avant l’hiver si cet automne connaît encore des températures douces. La résistance au froid du colza durant l’hiver, est meilleure, sans élongation de tige.

Une implantation réussie pour mieux affronter les aléas

En année chaude et sèche, ce sont surtout les insectes ravageurs qui seront surveillés de près. L’utilisation d’un piège à insectes mi-enterré permettra de repérer l’arrivée des altises dans la culture. Les principaux défis de la culture restent liés à la protection contre les attaques d’insectes. La recherche est très active chez nos voisins français et allemands pour trouver de nouvelles solutions en dehors de la chimie (variétés à développement automnal rapide moins sensible à la présence de larves d’altises, plantes pièges à altises…).

En année chaude et sèche, la surveillance des insectes ravageurs reste une priorité, notamment grâce à la mise en place de pièges dès l’automne.
En année chaude et sèche, la surveillance des insectes ravageurs reste une priorité, notamment grâce à la mise en place de pièges dès l’automne. - C.C.

En conditions sèches, le désherbage mécanique peut être envisagé à l’automne. Toutefois, le choix des herbicides permettra d’assurer une plus longue rémanence de la propreté de la parcelle.

La meilleure résistance à l’égrenage des variétés actuelles confère également une meilleure assurance contre les pertes de graines avant la récolte.

La résistance à l’égrenage des variétés actuelles apporte une sécurité supplémentaire  en limitant les pertes de graines avant la récolte.
La résistance à l’égrenage des variétés actuelles apporte une sécurité supplémentaire en limitant les pertes de graines avant la récolte. - C.C.

Le semis du colza d’hiver constitue toujours une étape importante. La réussite de la levée permet de donner un bon départ à la culture implantée pour onze mois. La météo durant la prochaine campagne sera déterminante pour assurer de bons résultats que l’on peut atteindre chez nous.

Christine Cartrysse,

Cepicop

A lire aussi en Colza

Le colza d’hiver : belle floraison sous le soleil!

Colza La culture de colza bénéficie encore d’un soleil très généreux, de températures très douces en journée, supérieures aux normales de saison, et d’un temps sec. Les nuits restent toutefois fraîches avec localement des gelées blanches.
Voir plus d'articles