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Unis face aux flammes

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France, Espagne, Portugal, Italie, Grèce et, maintenant, Belgique… Aux quatre coins de l’Europe, les incendies ont fait des ravages. Le feu n’a pas grignoté quelques hectares mais en a dévoré des milliers, tel un ogre affamé que rien ne rassasie. Les pompiers, les forces de l’ordre, la protection civile ou encore l’armée sont intervenus mais hommes et femmes, en dépit de leur courage et de leur détermination, semblaient parfois n’être que des Petits Poucets face aux géants se dressant devant eux. Malgré l’appui d’avions et d’hélicoptères, lutter contre les flammes, avançant tous azimuts avec un comportement parfois difficilement prévisible, s’est avéré extrêmement complexe.

L’Europe devra désormais panser ses plaies. Et elles sont nombreuses : environnementales, tout d’abord, mais aussi humaines, économiques, infrastructurelles… Elle devra également prendre le temps de remercier celles et ceux qui ont lutté contre les incendies durant de trop longues semaines, parfois au péril de leur vie. Et ce, sans oublier ses agriculteurs !

Car partout, discrètement et volontairement, des hommes et des femmes de la terre sont intervenus en soutien mettant leur temps, leur énergie et leurs moyens au service des secours. Tonnes à eau attelées aux tracteurs, ils ont affronté les incendies aux côtés des professionnels du feu. En France, des convois entiers ont sillonné les routes, d’un département à l’autre, pour prêter main-forte aux pompiers, les ravitaillant en eau au fur et à mesure que leur combat contre l’incombattable progressait. Jusqu’à, parfois, perdre leurs outils de travail, engloutis par les flammes.

Plus près de nous, dans les Hautes Fagnes, touchées par l’un des pires incendies qu’ait connu la Belgique, les agriculteurs, entrepreneurs de travaux agricoles et concessionnaires, parmi de nombreux autres volontaires, étaient aussi au rendez-vous ! Ils ont abandonné fermes, familles et ateliers pour épauler les pompiers, assumant sur leurs deniers personnels, dans l’attente d’une éventuelle indemnisation, l’usure de leur matériel et le carburant consommé au fil de leurs interventions, ne s’offrant que peu de répit.

Face à l’insatiable brasier, ils ont déversé des milliers de litres d’eau pour essayer de contenir au maximum le feu et garder les chemins libres d’accès pour les pompiers. Un travail long et pénible, mais décisif dans le combat contre les flammes. Un ballet de tracteurs assurait également des allers-retours entre les barrages d’Eupen et de la Gileppe et le lieu du sinistre. Avec un seul but : pomper de l’eau d’un côté et approvisionner les services de secours de l’autre, afin qu’ils puissent assurer la continuité de leur cruciale mission.

La détermination et le courage des travailleurs de la terre doivent être soulignés ! L’agriculture remplit nos assiettes autant qu’elle façonne les paysages de nos campagnes. Elle démontre aussi une capacité de solidarité et d’entraide qui force le respect. Face à ce nouvel engagement aux côtés des services de secours, un seul mot nous vient à l’esprit : merci !

Jérémy Vandegoor

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