À l’approche de son 60e anniversaire, Delvano fait faillite
Le fabricant belge de pulvérisateurs a été déclaré en faillite le 10 septembre. Un repreneur s’est déjà manifesté pour le site de production et une partie du personnel, mais il ne reprendra pas la gamme Delvano.

L’histoire de Delvano débute comme beaucoup d’autres dans le monde agricole. Le fondateur de la marque, Paul Vanlerberghe, entrepreneur agricole de son état, n’était pas satisfait des outils de pulvérisation qu’il trouvait sur le marché. Dès le début des années 60, l’homme décide donc de construire sa propre machine, en se concentrant particulièrement sur la mise au point d’une rampe de pulvérisation stabilisée et automatisée. Et le succès est au rendez-vous.
Sollicité par des entrepreneurs pour la fabrication d’autres exemplaires, Paul Vanlerberghe convertit son entreprise agricole en entreprise de fabrication de pulvérisateurs. C’est finalement en 1966 que naît la société Delvano, dont les ateliers sont situés à Hulste, en Flandre occidentale.
À mesure que le temps passe, l’entreprise grandit et se développe. Dans les années 80, elle fait même office de pionnier dans le développement d’installations électroniques de pulvérisation. Plus près de nous, le constructeur a souhaité répondre à la demande en rampes de grande largeur. C’est ainsi qu’un premier modèle tracté doté d’une rampe de 52 m est dévoilé en 2007. Le premier automoteur avec une rampe de même largeur sort, lui, des ateliers en 2008.
Une fin brutale
Le fabricant, qui se présentait comme le seul vrai constructeur belge de pulvérisateurs portés, tractés et automoteurs vendait ses produits en Belgique mais les exportait également aux Pays-Bas, dans le nord de la France et ponctuellement vers des pays comme l’Ukraine, la Chine ou encore le Sénégal… L’histoire s’est cependant arrêtée brutalement ce 10 septembre 2026, à l’aube du soixantième anniversaire de l’entreprise.
Celle-ci connaissait déjà des difficultés. En cause, entre autres, l’incertitude qui règne dans le monde agricole et pousse les agriculteurs et entrepreneurs à reporter leurs investissements. Si les affaires tournaient moins bien ces derniers temps, la rapidité avec laquelle les événements se sont déroulés a surpris les syndicats.
Le constructeur a également dû faire face à une concurrence internationale toujours plus forte dans le domaine de la pulvérisation, même si le constructeur tentait de se démarquer avec des machines fabriquées « à la carte ».
Depoortere en repreneur du site
Le fabricant de machines Depoortere, basé à Beveren-Leie (Flandre occidentale), a manifesté son intention de reprendre le site de Delvano ainsi que 18 des 42 salariés. Depoortere explique que cet investissement, nécessaire, lui permettra de disposer d’une capacité de production supplémentaire afin de répondre à la demande croissante pour ses machines dédiées à la culture du lin.
Depoortere ne poursuivra pas les activités de Delvano. Un curateur a été désigné pour mener à bien la procédure de faillite. Quant aux propriétaires de pulvérisateurs teintés de bleu et jaune, il n’est actuellement pas possible de répondre à leurs éventuelles questions en matière de pièces de rechange et autres opérations de maintenance.





