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Mesures de lutte contre l’IBR : « Vers une fin programmée du marché de Ciney»

Suite aux concertations entre l’Agrofront et le ministre David Clarinval concernant la lutte contre l’IBR, le 20 janvier et le 9 juillet, la Fédération nationale du commerce de bétail tire la sonnette d’alarme. Selon elle, les mesures proposées, sans discussion avec elle, risquent de mettre fin à la possibilité de tout commerce de bovins vivants maigres en Belgique et de rendre l’engraissement belge non compétitif sur la scène européenne.

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La FNCB rappelle que le nouvel arrêté prévoit notamment deux tests obligatoires chez les engraisseurs au moment de l’achat avec une quarantaine stricte de minimum 21 jours si le bovin ne vient pas directement de l’élevage d’origine par transport sécurisé. Cette mesure signifie un coût supplémentaire important en matière de tests, de frais vétérinaires et surtout de logistique. D’après elle, cette décision aura deux conséquences immédiates : la fermeture des marchés aux bestiaux et la non-utilisation officielle des étables de négociants « bref, la fin du commerce de bétail maigre en Belgique ! ». Elle ajoute que les éleveurs peuvent ainsi se préparer à perdre tout pouvoir de négociation et à sacrifier le marché de Ciney qui permet d’accéder à l’exportation et de faire jouer la concurrence pour obtenir un meilleur prix accessible et transparent. De plus, elle risque d’engendrer le ralentissement de toute la filière de l’engraissement en Belgique.

Des mesures « disproportionnées »

Selon la secrétaire de la FNCB : « Les éleveurs et les autorités ont eu peur l’année passée avec quelques contaminations non expliquées, et nous comprenons cette prudence mais on peut être prudent sans tuer le commerce et l’engraissement. D’autant plus que plus de 90 % des troupeaux en Flandre et en Wallonie sont aujourd’hui assainis (I3) ou indemnes d’IBR (I4) ». La Fédération prône dès lors la réalisation de coups de sondages en centres d’engraissement fermés ou de tests sur la viande à l’abattoir pour l’obtention du statut indemne. « Des quarantaines et des tests systématiques à l’achat sont trop contraignants alors que tous les animaux en centres d’engraissement fermés sont canalisés directement vers l’abattoir. C’est disproportionné et contre-productif pour toute la filière bovine belge. Nous n’avons pas besoin de coûts inutiles à charge de la filière et qui retomberont in fine sur les éleveurs ! ». Stéphanie Ligot indique que nos voisins européens sont déjà indemnes (Allemagne) ou presque indemnes (France, Luxembourg) sans avoir paralysé tout leur commerce d’animaux maigres et avec la ferme volonté de préserver leur compétitivité. « Nous avons pour habitude de soutenir les demandes des syndicats agricoles. Néanmoins, nous ne les comprenons vraiment pas car ces nouvelles mesures sont contraires à l’intérêt de la filière bovine belge », déplore-t-elle encore.

Interrogé sur la question, Benoît Cassart, député européen, a confirmé l’analyse : « C’est incroyable que les éleveurs se soient tirés une balle dans le pied de cette façon. Je crois qu’ils le regretteront quand ils se rendront compte qu’ils seront condamnés à engraisser tous leurs animaux au prix que l’abattoir voudra bien leur donner ! La politique du risque zéro prônée par l’Arsia va coûter très cher. L’intérêt des statuts sanitaires est aussi de faire du commerce plus facilement et de récompenser ceux qui ont fait les efforts. S’il faut tuer le commerce pour obtenir de bons statuts, cela perd tout son sens ! »

Dans ce contexte, la FNCB espère que les décideurs intégreront aussi les risques économiques dans leurs prises de décision afin de préserver les marchés et la compétitivité de la filière bovine en Belgique. La Fédération tient également à préciser qu’elle souhaite être concertée sur toutes les modifications à venir dans les arrêtés royaux concernant l’identification, le transport et le commerce de bovins vivants afin d’éviter tout blocage économique.

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