Accueil Cultures

Huit règles d’or pour un prélèvement APL dans les meilleures conditions

À l’approche de la campagne de contrôle de l’azote potentiellement lessivable (APL), quelques réflexes permettent de veiller au bon déroulement des prélèvements. Présence sur le terrain, signalement des particularités des parcelles, vérification du procès-verbal ou suivi des résultats. Protect’eau rappelle les huit règles d’or à connaître.

Temps de lecture : 5 min

Chaque année en Wallonie, l’Administration sélectionne au minimum 5 % des exploitations situées en zone vulnérable et contrôle la teneur en nitrate dans trois de leurs parcelles. L’échantillonnage est réalisé par un préleveur formé, selon une procédure précise.

L’agriculteur reste toutefois la personne qui connaît le mieux ses terres et leurs particularités. Sa vigilance avant, pendant et après le prélèvement peut contribuer à ce que le contrôle reflète correctement la réalité des parcelles.

1. Soyez présent lors du passage du préleveur

La présence de l’exploitant n’est pas légalement obligatoire, mais elle est vivement recommandée. Elle permet de guider le préleveur, de répondre à ses éventuelles questions et de lui signaler les éléments susceptibles d’empêcher le prélèvement ou d’être endommagés par celui-ci.

Le préleveur maîtrise la procédure, mais il ne peut pas connaître chaque parcelle aussi précisément que la personne qui l’exploite.

2. Demandez une parcelle de remplacement lorsque la situation le justifie

Dans certaines circonstances, il est possible de faire appel à une parcelle de remplacement prévue dans la sélection de l’Administration. Cette demande doit être formulée au laboratoire avant le prélèvement.

Cette possibilité peut notamment être envisagée pour une parcelle de betteraves arrachée avant le 15 octobre, une culture ayant subi des dégâts de gibier avec une incidence sur le rendement, une parcelle où le prélèvement est rendu très difficile par une inondation ou une sécheresse extrême, ou encore lorsque l’échantillonnage n’a plus de sens, par exemple en raison de la construction d’un bâtiment.

Les circonstances météorologiques exceptionnelles ayant entraîné une perte significative de rendement pourront, quant à elles, être prises en considération lors de la réception des résultats, à condition de disposer d’un procès-verbal de la Commission de constat des dégâts aux cultures pour la parcelle prélevée.

Le recours à une parcelle de remplacement doit être justifié. Il est donc nécessaire de pouvoir fournir un document attestant la situation : preuve d’un arrachage précoce, constat de dégâts aux cultures, attestation d’un agent assermenté de l’Administration ou d’un assureur, par exemple. Mieux vaut préparer ces éléments sans attendre le contrôle.

3. Signalez clairement les limites et les zones particulières

Au début du contrôle, indiquez précisément les limites des parcelles sélectionnées. Signalez également les zones d’abreuvement ou d’affouragement ainsi que les lieux de stockage des engrais de ferme.

Ces informations permettent au préleveur d’appliquer correctement la procédure d’échantillonnage.

4. Mentionnez tout élément pouvant entraver le prélèvement

Avant l’échantillonnage, indiquez l’emplacement et la profondeur des éventuels drains, ainsi que tout autre élément susceptible d’être endommagé. Signalez également les zones particulièrement caillouteuses ou régulièrement inondées.

La présence de drains n’empêche pas le prélèvement. Pour éviter de les endommager, l’échantillonneur peut limiter la profondeur de prélèvement à 30 ou 60 cm, selon leur profondeur. Le résultat de l’analyse est alors comparé aux références établies pour la profondeur effectivement échantillonnée, soit 0 – 30 ou 0 – 60 cm.

5. Relisez attentivement le procès-verbal

Un procès-verbal est établi pour chaque parcelle prélevée. Même si la signature de l’agriculteur n’est pas obligatoire, le préleveur l’invite généralement à le signer.

Prenez le temps de relire chaque document et ne le signez qu’après la réalisation du prélèvement. Vérifiez notamment la classe attribuée à chacune des trois parcelles. Lorsqu’une Cipan est implantée, assurez-vous que l’espèce présente est correctement mentionnée. Dans le cas d’une double culture, c’est la dernière culture fertilisée qui doit être prise en compte.

Si une information vous semble incorrecte ou incomplète, signalez-le avant de signer.

6. Examinez rapidement les résultats d’analyse

À la réception des résultats, vérifiez attentivement les valeurs communiquées pour chacune des parcelles. En cas de doute, une analyse contradictoire peut être demandée, à vos frais, auprès d’un laboratoire agréé de votre choix.

La demande doit être introduite dans les 15 jours ouvrables suivant le prélèvement. Lorsque les trois parcelles sont prélevées à des dates différentes, ce délai commence à courir à partir de la date de prélèvement de la dernière parcelle du dossier. Le résultat le plus favorable est retenu pour la parcelle concernée.

7. Conservez l’ensemble des documents

Procès-verbaux de prélèvement, résultats d’analyse, justificatifs transmis, attestations et éventuels échanges avec l’Administration ou le laboratoire : conservez soigneusement tous les documents relatifs au contrôle.

Ils permettent de retracer précisément son déroulement et peuvent s’avérer utiles en cas de question, de contestation ou de demande d’accompagnement ultérieure.

8. Maintenez un échange courtois et factuel

Le préleveur a pour mission de réaliser les prélèvements. Il n’est pas responsable de la conformité ou de la non-conformité des parcelles contrôlées.

Un échange calme, précis et respectueux permet de communiquer plus facilement les informations utiles et contribue au bon déroulement de l’échantillonnage.

A lire aussi en Cultures

Voir plus d'articles