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En escourgeon, les pucerons demeurent bel et bien présents

Si les escourgeons poursuivent leur croissance, les pucerons sont eux aussi bien présents dans les parcelles. La nécessité d’une intervention insecticide doit être évaluée au cas par cas, sur base de deux critères que sont la sensibilité variétale à la jaunisse nanisante de l’orge et le niveau d’infestation observé.

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La grande majorité des parcelles d’escourgeon est désormais levée. Les semis réalisés fin septembre ont atteint le stade 3 feuilles (BBCH 13), tandis que ceux effectués début octobre se situent entre les stades 1 et 2 feuilles (BBCH 11-12). Seuls les escourgeons semés la semaine dernière ne sont pas encore sortis de terre.

Les observations réalisées le 19 octobre révèlent une certaine pression en pucerons sur l’ensemble du territoire wallon ainsi qu’une forte hétérogénéité entre les parcelles d’escourgeon. Le pourcentage de plantes porteuses d’au moins un puceron varie de 2 % à plus de 25 % selon les situations. Par exemple, du côté des Isnes (Gembloux), la pression est de 25 % alors qu’elle est de 15 % du côté de Béclers (Tournai). Pour rappel, le seuil d’intervention recommandé est fixé à 10 % de plantes porteuses d’au moins un puceron.

Quand intervenir ?

Compte tenu de cette variabilité, il est essentiel d’évaluer la situation à l’échelle de chaque parcelle avant d’envisager une intervention. La décision dépend notamment des traitements déjà réalisés, de la sensibilité variétale à la JNO et du niveau d’infestation observé.

 Parcelles ayant déjà reçu un traitement insecticide

Dans les parcelles ayant reçu un traitement insecticide au cours de la semaine précédente, les observations montrent que la pression en pucerons reste limitée. Il n’est donc pas encore recommandé de réaliser un second traitement à ce stade.

 Parcelles n’ayant pas encore reçu de traitement insecticide

Pour les parcelles non traitées, deux éléments doivent être pris en compte avant toute décision. Dans un premier temps, la sensibilité de la variété implantée constitue un critère déterminant dans la stratégie de lutte contre les pucerons vecteurs de la JNO. On distingue les variétés sensibles, tolérantes et résistantes. Ensuite, il convient d’évaluer la pression en pucerons dans la parcelle.

La forte hétérogénéité observée entre les parcelles souligne l’importance de réaliser ses propres observations au champ plutôt que de se baser uniquement sur la situation régionale. Pour cela, il convient d’examiner 100 plantes à différents endroits de la parcelle et de déterminer le pourcentage de plantes porteuses d’au moins un puceron.

Lorsqu’une variété sensible à la JNO a été emblavée, deux situations se présentent. D’un côté, si moins de 10 % de plantes sont porteuses, aucun traitement insecticide n’est recommandé à ce stade. Il convient toutefois de poursuivre une surveillance régulière de la parcelle. De l’autre côté, si 10 % des plantes ou plus présentent des pucerons, une intervention insecticide peut être envisagée, en tenant compte des conditions locales et de l’évolution de la pression en pucerons.

Ne pas intervenir systématiquement

Un traitement insecticide réalisé tôt en saison ne garantit pas une protection contre les réinfestations au cours des semaines suivantes. La majorité des insecticides homologués sont des produits de contact et lessivables avec une persistance de 48 à 72h et ne protègent que les organes sortis. De plus, les insecticides peuvent affecter les populations d’insectes auxiliaires, notamment les ennemis naturels des pucerons, et ainsi favoriser les réinfestations.

Il est donc essentiel de ne pas intervenir systématiquement et de privilégier une décision basée sur les observations réalisées dans chaque parcelle.

G. Wain

groupe « ravageurs d’automne », Cepicop

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