Effluents phyto: c’est le moment d’entretenir les biofiltres et de respecter les nouvelles obligations

Biofiltre avec bacs plantés pour éliminer les eaux résiduelles par évaporation.
Biofiltre avec bacs plantés pour éliminer les eaux résiduelles par évaporation. - Inagro

Q ui est concerné par les biofiltres et les autres « Stephy »? Quels sont les points importants à vérifier au moment de l’entretien annuel de son système? Qu’en est-il d’une mise aux normes? Tel est l’objet de cet article qui fait aussi le point sur la mise à jour récente de la législation relative à ces dispositifs de traitement des effluents phyto.

Déclarer annuellement les lieux de remplissage et de nettoyage du pulvérisateur

L’acquisition d’un biofiltre ou d’un autre système de traitement d’effluents phyto n’est pas obligatoire. Le législateur laisse le choix de travailler soit au champ, soit sur une aire enherbée, soit sur une aire étanche. Un Stephy n’est nécessaire que si l’agriculteur choisit de nettoyer son pulvérisateur sur une aire étanche et de traiter lui-même les effluents.

Tous les agriculteurs même s’ils ne disposent pas de système de traitement, seront invités, lors de la prochaine déclaration de superficie, à faire part de leur choix concernant le lieu où les produits phyto seront manipulés (au champ, sur une aire enherbée, sur une aire étanche). De ce choix peut découler l’installation de certains aménagements et/ou équipements.

Toute personne utilisant un pulvérisateur devra toutefois informer annuellement l’administration de son choix de lieu de remplissage et de nettoyage du pulvérisateur , via la prochaine déclaration de superficie.

N’attendez plus pour réfléchir à la manière dont vous aller travailler. Les conseillers de Protect’eau réalisent des visites-conseils gratuitement pour répondre à vos questions.

L’hiver est la saison pour réaliser l’entretien et les aménagements nécessaires aux «Stephy».
L’hiver est la saison pour réaliser l’entretien et les aménagements nécessaires aux «Stephy».

Entretien annuel du biofiltre et points d’attention

Un biofiltre est une tourelle constituée de 1 à 3 cubitainers superposés qui sont remplis d’un mélange de paille, de compost et de terre de culture. Ce dispositif simple permet d’épurer les effluents phytopharmaceutiques par voie biologique. Les microorganismes présents dans le substrat sont capables de décomposer les matières actives, comme dans le sol des parcelles/cultures. Pour que le biofiltre fonctionne bien, il faut veiller, tout au long de la saison, à fournir à ces bactéries de bonnes conditions d’humidité et d’aération pour leur développement.

Chaque année, durant l’hiver , il importe de brasser et réalimenter le substrat qui compose les unités du biofiltre. Le volume perdu par tassement et dégradation par les micro-organismes doit être comblé avec de la paille hachée, du terreau ou compost de fumier et de la terre de culture. Il est recommandé de renouveler la totalité du substrat après 6 à 8 années d’utilisation.

L’entretien hivernal est une bonne occasion d’apporter au système de traitement certaines améliorations. Lors des visites-conseils réalisées sur le terrain par les équipes de Protect’eau, les questions relatives à la gestion de l’humidité des biofiltres reviennent fréquemment.

Dans certains cas, l’utilisation d’une installation de stockage tampon a été conseillée afin de réguler les apports d’effluents dans le biofiltre. Dans d’autres cas, des unités ont été ajoutées ou retirées afin d’adapter la taille du biofiltre aux besoins actuels des utilisateurs. Il n’est pas rare que de petites modifications soient réalisées au niveau du montage du biofiltre pour favoriser le maintien d’un bon niveau d’humidité.

Régulièrement un conseil est aussi apporté afin d’améliorer la répartition des effluents sur le substrat organique suite à l’apparition de voies d’écoulements préférentielles.

Nouvelles obligations, depuis cette année!

Il est dès lors important de profiter du présent entretien hivernal pour vérifier si votre installation est en ordre. Les dispositifs de traitement installés avant le 5 juillet 2019 peuvent toujours être utilisés moyennant le respect de certaines conditions. Il en va de même pour les installations destinées à stocker les effluents avant le traitement, les eaux résiduelles, ou les déchets issus du traitement.

On ne perd rien!

Premièrement, les effluents phyto et les éventuelles eaux récupérées à la sortie du système de traitement ne doivent en aucun cas atteindre une eau de surface, une eau souterraine, un captage, un piézomètre ou un point d’entrée d’égout public.

Dans le cas des biofiltres, par exemple, ces eaux ne peuvent jamais être dirigées vers un égout, un fossé ou une eau de surface. Elles doivent être soit dirigées vers un réservoir d’effluents d’élevage aux normes, soit appliquées au champ ou sur une aire enherbée, soit réutilisées pour préparer une bouillie d’herbicide total.

Il est également possible de diriger ces eaux résiduelles vers des bacs plantés de saules et de carex afin de les éliminer par évaporation (voir photo, page 14). Cette adaptation est facilement réalisable si l’espace nécessaire est disponible.

Un dispositif opérationnel et un registre

Ensuite, il faut vérifier que le système soit en bon état et s’assurer que les substrats organiques usagés et les autres déchets éventuels (filtres, …) soient éliminés conformément à la réglementation. Il faut aussi disposer d’un registre dans lequel seront consignées toutes les opérations de rinçage du pulvérisateur et les opérations de maintenance effectuées sur le système de traitement.

Il convient aussi de vérifier que le système tel qu’installé au départ réponde, aujourd’hui encore aux besoins de l’exploitation. Cela demande d’estimer à nouveau les volumes d’effluents produits durant un an sur l’aire de nettoyage du pulvérisateur et contrôler si le système répond encore à la gestion de ces volumes.

Déclaration avant le 5 janvier

Concrètement, il est demandé aux agriculteurs qui souhaitent faire reconnaitre leurs installations existantes, de signaler le type de Stephy qu’ils possèdent et leur date de mise en service par courrier auprès de l’administration avant le 5 janvier 2020 . Protect’eau peut vérifier avec vous, de manière confidentielle, si votre infrastructure répond aux normes et vous conseiller le cas échéant sur les éventuels aménagements spécifiques à réaliser.

Un formulaire de déclaration est disponible sur www.protecteau.be – Publications – Documents légaux et formulaires.

Plus d’infos: info@protecteau.be ou www.protecteau.be.

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