Avec la Premos, Krone transforme le foin, la paille et la luzerne… en pellets

En poste fixe, la presse est couplée à un convoyeur-démêleur permettant  une alimentation continue et automatique.
En poste fixe, la presse est couplée à un convoyeur-démêleur permettant une alimentation continue et automatique. - J.V.

Dévoilée pour la première fois en 2015, année où elle a été primée d’une médaille d’or à Agritechnica, la Premos 5000 est une machine unique sur le marché laissant entrevoir une nouvelle manière de récolter les fourrages. En effet, elle transforme le foin, la paille et la luzerne en pellets directement au champ ou en poste fixe. « Ainsi, la machine est plus facilement rentabilisée. Durant la saison des récoltes, la pelletisation peut être effectuée directement au champ tandis qu’en hiver, la presse peut être installée dans un hangar de stockage et alimentée avec les ballots entreposés », explique Marc Baguette, commercial Krone pour la Wallonie.

Pourquoi des pellets ?

Les pellets peuvent être utilisés de multiples manières. « Ils constituent une excellente base pour l’alimentation animale et présentent une utilité certaine lorsqu’ils sont valorisés en litière. Le procédé de pressage fait appel à des températures élevées, entre 75 et 90ºC, ce qui permet d’aseptiser la marchandise. C’est idéal pour préserver la santé mammaire des vaches laitières mais aussi les pattes des chevaux. En outre, les pellets sont exempts de poussière, ce qui leur confère un atout supplémentaire en élevage équin. » Ajoutons encore que leur pouvoir absorbant est très élevé (1 kg de pellets peut absorber jusqu’à 4 l d’eau) et qu’ils se transforment en lisier.

Les pellets constituent également un combustible durable. Selon Krone, 2,5 kg de pellets remplaceraient 1 l de fuel. « Vu les quantités de paille non utilisées à travers le monde, le potentiel énergétique est énorme. Dans ce cadre, la rentabilité de la machine est cependant liée aux fluctuations des prix du pétrole, du gaz et du bois ». À noter que les pellets produits sont destinés aux chaudières de grande taille et non aux poêles à pellets domestiques.

Les pellets affichent un diamètre de 16 mm pour une longueur entre 15 et 60 mm.
Les pellets affichent un diamètre de 16 mm pour une longueur entre 15 et 60 mm. - J.V.

D’autres avantages sont observés au transport. « Les pellets affichent une densité de 600 à 700 kg/m³ car la matière est compressée trois à cinq fois plus qu’avec un système de récolte classique. Un camion transporte donc davantage de pellets que de ballots, ce qui permet de réduire les coûts et les émissions de CO2. Le stockage est, lui aussi, plus facile. » Par ailleurs, la pelletisation transforme la matière première en un produit conditionné en vrac, ce qui permet de simplifier, voire d’automatiser, les manipulations ultérieures.

Jusqu’à 5 t/h

Pour avaler la marchandise en vrac, au champ, la Premos est dotée d’un pick-up d’une largeur de 2,35 m. Devant ledit pick-up, un rouleau d’égalisation est présent pour assurer une alimentation homogène et contrôlée de la machine.

Derrière le pick-up, le rotor d’alimentation n’arbore aucun mécanisme de coupe. Il assure uniquement le transfert de la récolte vers le canal d’alimentation et, in fine, deux cylindres à matrice d’une largeur de 800 mm et d’un diamètre de 1.000 mm. La récolte est transformée en pellets au sein de ces rouleaux sous l’action de la pression et de la chaleur. « Chaque pellet affiche un diamètre de 16 mm pour une longueur réglage entre 15 et 60 mm. Leur taux d’humidité résiduelle est inférieur à 16 % », détaille Marc Baguette.

Au champ, la Premos (ici dans sa version 2016 à un seul essieu) récolte et transforme en un seul passage la marchandise en pellets.
Au champ, la Premos (ici dans sa version 2016 à un seul essieu) récolte et transforme en un seul passage la marchandise en pellets. - J.V.

Après pressage, les pellets sont acheminés par une vis d’alimentation vers un crible rotatif et un convoyeur. Le premier redirige les résidus trop petits – n’ayant pas été pressés – vers le canal d’alimentation et limite les poussières. Le second conduit les pellets vers la trémie d’une capacité de 9.000 l, soit 5 t. Là, un flux d’air vient abaisser la température de la marchandise (75 à 90ºC après pressage).

Selon les conditions rencontrées et les réglages effectués, un rendement allant jusqu’à 5 t/h peut être observé.

Aussi en poste fixe, pour rentabiliser l’engin

Par ailleurs, la Premos peut-être utilisée en poste fixe. « En automne et en hiver, son propriétaire peut ainsi aller de fermes en fermes transformer les ballots récoltés durant l’été en pellets. Il peut aussi pelletiser les ballots qu’il aurait lui-même pressés ou achetés. La machine est ainsi utilisée à la morte-saison, de même que le tracteur nécessaire à son fonctionnement », explique-t-il.

Il faut dire que pour son entraînement, que ce soit au champ ou en poste fixe, la presse mobilise un tracteur d’une puissance minimale de 400 ch. « Ces engins ne sont que très rarement utilisés en hiver. C’est donc une manière de les sortir de l’atelier et de les rentabiliser. »

Dans cette configuration, la Premos est couplée à un convoyeur-démêleur. Celui-ci alimente en continu la presse avec des balles carrées dont les ficelles sont automatiquement coupées et extraites. De quoi simplifier les opérations et atteindre un rendement entre 4 et 4,5 t/h.

Un outil destiné au marché belge ?

Krone répertorie une quinzaine de Premos 5000 actuellement actives en Europe. La presse n’est toutefois disponible qu’à la location pour permettre un meilleur suivi et accompagnement des utilisateurs.

En Belgique, nombre d’agriculteurs et entrepreneurs souhaitaient voir la machine fonctionner depuis plusieurs années. C’est pourquoi une démonstration a été organisée la semaine dernière, dans la région de Mettet. « Avant cet événement, je me demandais quel pouvait être le potentiel de la Premos en Belgique. Vu les réactions, je pense qu’une machine devrait faire son entrée sur notre marché en 2021 ou 2022, dans une région céréalière bien évidemment. »

J. Vandegoor