Marché des grains: pas de baisse en perspective!

Les récoltes de céréales dans l’hémisphère Nord ont accusé de sérieux retards. La fermeté des cours est toujours de mise  dans le contexte de forte demande mondiale, de prix des énergies élevés et de nervosité des marchés.
Les récoltes de céréales dans l’hémisphère Nord ont accusé de sérieux retards. La fermeté des cours est toujours de mise dans le contexte de forte demande mondiale, de prix des énergies élevés et de nervosité des marchés. - J.V.

Depuis la rentrée, la hausse des cours se poursuit pour le marché du blé. Les fondamentaux sont tendus : d’un côté des stocks ont été revus à la baisse par l’USDA passant de 283,2 Mt en septembre à 277,2 Mt en octobre 2021, principalement en raison des récoltes étasuniennes et canadiennes décevantes. De l’autre, la demande internationale est toujours soutenue par les sécheresses estivales qui ont entraîné une augmentation des importations. L’Union européenne a déjà exporté 6,5 Mt de blé depuis l’été, soit 2 Mt de plus qu’à la même époque en 2020. Cette conjoncture actuelle soutient les prix déjà élevés. Seule l’arrivée sur le marché des récoltes argentine et australienne au cours du 1er trimestre 2022, estimées comme records, pourrait détendre les prix. Cependant comme pour le soja, le phénomène la Niña pourrait être dommageable pour les cultures et les capacités d’exportation de l’Argentine.

Quant au maïs, les récoltes accusent trois semaines de retard en France. Seules 32 % des surfaces étaient récoltées mi-octobre en France contre 75 % en 2020 à la même époque. Cette situation, associée aux prix élevés du gaz et à la météo pluvieuse et froide qui fait son retour, apporte de la tension sur le marché. L’attente pourrait dégrader la qualité des grains d’une production annoncée comme record par l’USDA. À l’échelle mondiale, la production est estimée en hausse de 7 %, les stocks sont eux aussi revus à la hausse. Cette offre conséquente doit être mise en miroir d’une demande internationale toujours soutenue notamment du côté de la Chine dont les prévisions d’importations restent inchangées. Du côté de l’hémisphère Sud, les semis de la première récolte de maïs, la safra, progressent selon le calendrier habituel dans de très bonnes conditions.

Tourteaux : statu quo et prix fermes

Les prix des tourteaux ont peu évolué sur le marché français depuis la rentrée mais restent hauts. Pour le soja, la production mondiale est revue à la hausse par l’USDA (+5 % /2020). Une grande partie de la production étatsunienne est déjà contractualisée notamment par la Chine. Au Brésil, premier producteur mondial, les semis se déroulent selon le calendrier habituel. Pourtant, les climatologues alertent sur le retour de la Niña. Ce phénomène climatique, entraînant sécheresse et manque d’eau, pourrait être dommageable pour les cultures, mais aussi pour le niveau du fleuve Paraná, voie de communication privilégiée pour le commerce en Amérique du Sud. La Niña influe aussi sur les conditions climatiques dans l’océan indien et donc les productions indiennes. Cette situation défavorable pourrait affecter la production de soja non-OGM indien et tendre encore davantage le marché du soja non-OGM dont la prime s’élève en octobre à 258 €/t.

Du côté du colza, la flambée de la graine des derniers mois n’a que peu affecté les prix du tourteau. La demande est toujours dynamique en origine européenne pour compenser la faiblesse de l’offre canadienne et les retards d’expédition. Quant au tournesol, la récolte européenne est très bonne, mais les prix restent élevés notamment du côté de l’huile incorporée dans l’alimentation animale. La principale cause de l’augmentation des prix des huiles est le renchérissement du pétrole dû à la reprise économique asiatique et la limitation de la remontée de la production mondiale par les pays de l’Opep. Toutefois, les prix élevés des oléagineux ces dernières semaines influent sur les rotations de la prochaine campagne : la sole de colza et de tournesol pourraient augmenter en France et en Europe.

Les prix des matières premières poursuivent donc leur hausse ces deux derniers mois. Une baisse ne semble pas se profiler avant le premier trimestre 2022. Ce soutien des cours impacte le prix des aliments composés, le dernier indice IPAMPA de septembre s’élevait à 114 soit 12,8 % de plus qu’en septembre 2020.

D’après Tendances Lait et Viande (Idele)

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