Limagrain expose les variétés récentes…
et les nouveautés de sa gamme
Le semencier Limagrain a récemment invité les céréaliculteurs à visiter la plateforme mise en place sur des terres de la ferme de Waroux. Cette vitrine rassemble une série de variétés déjà commercialisées et lève aussi le voile sur les nouveautés.
Quatrième semencier à l’échelle mondiale, le groupe français Limagrain est une coopérative qui appartient à 65 % aux agriculteurs, 5 % au Crédit Agricole, tandis que 30 % du capital sont cotés en bourse. L’entreprise emploie quelque 10.200 salariés, parmi lesquels on compte plus de 70 nationalités. Elle développe des activités commerciales dans 150 pays et dispose d’implantations dans 56 pays à travers le monde.
Le chiffre d’affaires 2017 s’élève à 2,6 milliards d’euros et est réalisé à 46 % en Europe, 37 % en Amérique du Nord et du Sud, 11 % sur le sud du continent africain, 6 % en Inde et en Chine.
Près de 14,6 % de chiffres d’affaires sont investis dans la recherche de nouvelles variétés performantes, à court, moyen et long terme, jusqu’à un horizon de 20 ans. « L’activité de recherche et développement se concentre sur le progrès génétique, avec un budget annuel de 268 millions d’euros (312 millions en tenant compte des partenaires) », précise Marc Ballekens, directeur stratégie et marketing de Limagrain Belgium.
Et d’ajouter que « Le renouvellement variétal est indispensable, qui permet à la génétique de s’adapter aux nouvelles problématiques liées par exemple aux changements climatiques et à la constante apparition de nouvelles souches de maladies ».
En froment d’hiver, les fers de lance…
Parmi les variétés phares de la gamme Limagrain, Alain Thomas et Bruno Jennart, sales managers pour la Wallonie, ne manquent pas de citer Anapolis, RGT Reform, Benchmark et RGT Sacramento.
Ils rappellent également que deux nouveautés étaient venues renforcer la gamme l’an dernier, à commencer par Milor (obtention Unisigma, France), très précoce à maturité, non barbue, caractérisée par une très bonne résistance à la verse, un tallage moyen, une résistance à l’hiver moyenne, un poids de 1.000 grains élevé, un tallage moyen, BPS en France. Très bon comportement vis-à-vis de la rouille jaune, moyen par rapport à la fusariose des épis.
Gustav, la deuxième nouveauté 2017, est une obtention Von Borries Eckendorf (Allemagne), décrite comme relativement tardive en début de cycle et tardive à maturité, poids de 1.000 grains relativement faible, très bon potentiel de tallage et très bonne résistance à la verse, sensible à la rouille jaune et à la septoriose. Peut suivre toute autre culture dans la rotation. Bon comportement à l’égard de la rouille brune, de l’oïdium et de la fusariose.
… et un quatuor de nouveautés pour cet automne
Les nouvelles introductions en blé d’hiver pour cet automne se nomment Chevignon, Johnson, Mutic et Complice.
Obtention de Florimond Desprez, Complice est une variété inscrite en France en 2015, barbue, très précoce, qualifiée de BPS en France, poids de 1.000 grains élevé, tallage moyen, très bonne fertilité d’épi. Elle peut être semée jusque fin janvier et demande une bonne protection contre la verse et les maladies (2 traitements).
Issue de ce même obtenteur, Mutic, inscrit en France l’an dernier est un blé tout venant, précoce à la montaison et à maturité, doté d’un bon PS. Il a produit des rendements élevés, ces 3 dernières années, possède une résistance moyenne à l’hiver et à la verse. Il convient de bien la protéger contre la rouille brune et la fusariose de l’épi, mais fait preuve d’une bonne résistante à la septoriose et à la rouille jaune.
Chevignon est le fruit d’une sélection Saaten Union. Inscrite en France en 2016 et en Belgique en 2017, cette variété est mise en avant pour son potentiel de rendement très élevé et régulier, sa qualité de type BPS et son très bon comportement général face aux maladies, hormis une petite sensibilité à la fusariose. Elle requiert une bonne protection contre la verse.
Enfin, Johnson – obtenteur Saaten Union – est inscrite au catalogue belge depuis l’an dernier. Variété fourragère, demi-tardive à maturité, son potentiel de rendement est qualifié d’élevé. Sa résistance à la verse et à l’hiver est moyenne. « Elle présente un très bon comportement vis-à-vis de l’oïdium et de la rouille jaune, mais on veillera à bien la protéger contre la rouille brune, et elle est sensible à la fusariose de l’épi », indiquent encore Alain Thomas et Bruno Jennart.
Notons encore qu’un froment hybride, Hyking, une obtention Saaten Union, sera proposé cet automne.
Les variétés d’escourgeon
Comme chacun le sait, les néonicotinoïdes (dont l’Argento et sa clothianidine) sont interdits depuis le 1er juin dernier en Wallonie. « D’où l’intérêt d’une variété comme Rafaela, résistante au virus de la jaunisse nanisante de l’orge. Inscrite au catalogue belge en 2014, elle est lq variété la plus cultivée en Belgique. »
Les variétés phares de la gamme en orges d’hiver sont Hedwig, obtention Von Borries, inscrite en Allemagne en 2017 (résistante aux virus de la mosaïque de types 1 et 2) et Veronika, obtention Limagrain Europe, inscrite en Allemagne en 2016.
« La nouveauté SU Jule, obtention Von Borries, inscrite cette année en Belgique, a fait la preuve de rendements élevés dans les essais officiels. Précoce à la montaison puis demi-tardive à l’épiaison et à maturité, cette orge présente un poids spécifique très élevé, un bon potentiel de rendement et une résistance moyenne à la verse et à la rouille naine. Elle est également décrite comme peu sensible à l’helminthosporiose et à la rhynchosporiose. »
Et le triticale ?
Deux variétés sont disponibles cet automne : Vuka, obtention allemande Saatzucht Hege, productif, avecc un bon comportement sanitaire et Remiko, obtention polonaise Danko. Deux autres variétés sont en observation pour un possible développement futur : Kasyno demi-précoce (inscrit en Pologne en 2016) et Lombardo demi-tardif (inscrit en Allemagne en 2015).
En clôture de ce chapitre consacré aux céréales, le semencier annoce que des semences bio seront disponibles cet automne en froment d’hiver (Evina), triticale (Vuka) et épeautre.
Betteraves sucrières
Cette année, avec les variétés Betaseed, Limagrain détient 28 % de parts de marché en Belgique, signant une hausse continue depuis 8 ans, le conduisant de la 7e à la 2e place d’un marché qui s’oriente de plus en plus vers des variétés antinématodes.
Marc Ballekens : « Nos variétés phares sont BTS 110, BTS 3955, pour la résistance à la rhizomanie ; BTS 990 apporte en plus la résistance aux nématodes, tandis que BTS 605 et BTS 4190RHC apportent la tolérance au rhizoctone ». Les nouvelles introductions sur le marché pour le printemps prochain sont BTS 2385 (rhizomanie) et BTS 4860N (nématodes).
En colza, tolérance à la jaunisse du navet
Alain Thomas annonce l’introduction, cet automne, de deux variétés qui se distinguent par leur bonne installation avant l’hiver, mais aussi leur tolérance à l’égrenage et à la jaunisse virale du navet. Transmise par le puceron vert du pêcher, cette maladie se traduit par une décoloration du bord des feuilles en rouge, une nanification des plantes et une perte potentielle de rendement de 300 à 600 kg/ha en cas de forte attaque. Issues de la sélection Limagrain Europe, il s’agiot de : LG Architect et LG Angelico, inscrites en France, respectivement en 2016 et 2017. « Ce virus, auquel on ne prêtait jusqu’ici pas attention, semble pourtant largement présent dans nos cultures de colza. »
Propos recueillis par M. de N.