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Devant un parlement inquiet et des organisations agricoles remontées, le commissaire européen à l’Agriculture a présenté, le 19 mai, un vaste plan d’action destiné à répondre à la flambée des prix des engrais et à la dépendance stratégique de l’UE. Derrière les aides d’urgence promises et les ambitions de souveraineté industrielle, l’exécutif tente surtout d’éviter qu’une nouvelle crise géopolitique ne se transforme, demain, en crise alimentaire européenne.

Alors que l’autorisation temporaire du Calantha suscite une vive controverse en Wallonie, le ministre fédéral de l’Agriculture, David Clarinval, nous a accordé un long entretien. Il y défend avec vigueur une innovation qu’il considère comme « meilleure pour l’environnement », assume pleinement le recours à une procédure d’urgence européenne et dénonce le « combat idéologique » que mèneraient, selon lui, certaines ONG contre le progrès scientifique et les nouvelles biotechnologies agricoles.

Dans un débat saturé de critiques, la voix de Charles Goerens détonne. Rencontré lors de la dernière session plénière à Strasbourg, l’eurodéputé luxembourgeois, défenseur assumé de l’accord entre l’UE et les pays du Mercosur, ne nie ni les tensions ni les risques, mais refuse ce qu’il perçoit comme un repli réflexe. Ancien agriculteur, familier des cycles et des crises du secteur, il plaide pour une lecture plus large, à la fois économique, politique et géopolitique, d’un accord qu’il juge, en dépit de ses fragilités, nécessaire.

Alors que le volet commercial de l’accord de libre-échange entre l’UE et les pays du Mercosur est entré en application provisoire le 1er mai, le débat reste particulièrement vif dans le secteur agricole et au sein de plusieurs États membres. Pour comprendre la logique qui sous-tend ce traité controversé, nous sommes allés à la rencontre des services de la commission. Face aux critiques qui dénoncent un risque de concurrence déloyale, l’exécutif européen défend un accord qu’il présente comme étroitement encadré, combinant ouverture commerciale, mécanismes de protection pour les filières sensibles et nouvelles perspectives d’exportation pour l’agro-alimentaire européen.

Les discussions autour du futur règlement omnibus consacré à l’agriculture biologique commencent à se préciser à Bruxelles, où Parlement européen et États membres convergent sur plusieurs grands principes tout en laissant apparaître certaines lignes de fracture. Derrière ce texte technique se joue en réalité une question sensible pour le secteur bio européen : celle des conditions d’accès au marché européen pour les produits importés et, surtout, de l’usage du logo biologique de l’UE.







En marge de la dernière session plénière du parlement européen, l’intergroupe « élevage durable » s’est penché sur un levier clef de la future stratégie européenne : l’alimentation animale. Pour les porcs et les volailles, dont l’empreinte carbone dépend largement des aliments, la décarbonation passe moins par les émissions directes que par une nouvelle formulation des rations. Données plus fiables, additifs innovants et ingrédients circulaires figurent parmi les pistes avancées pour réduire les émissions sans fragiliser la compétitivité des élevages européens.

Entré en application provisoire le 1er mai dernier, l’accord UE-Mercosur ouvre une nouvelle phase, où les mécanismes techniques prennent une portée politique inattendue. En marge de la session plénière à Strasbourg, nous avons rencontré l’eurodéputé belge Benoît Cassart, qui alerte sur la gestion des quotas agricoles, un point à ses yeux déterminant pour le contrôle du marché européen.

L'Union européenne a publié une liste de pays qui respectent ses règles contre l'utilisation abusive d'antibiotiques dans l'élevage, avec un grand absent à ce stade: le Brésil.

Au lendemain du vote du parlement sur le futur budget de l’UE, nous sommes allés à la rencontre de l’eurodéputée écologiste Saskia Bricmont. Si elle salue une inflexion notable par rapport à la proposition de la commission, elle voit surtout s’ouvrir une séquence décisive, où l’ambition affichée devra désormais résister à l’épreuve des États.

Dans un hémicycle traversé par les incertitudes du monde, le parlement européen a esquissé, le 28 avril dernier, sa vision du futur cadre financier pluriannuel (2028-2034). Derrière les montants, c’est une certaine idée de l’Europe, protectrice, stratégique ou disciplinée, qui se dessine, notamment autour de l’agriculture et de la cohésion.
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