En effet, les événements météorologiques extrêmes, tels que les fortes pluies ou les sécheresses prolongées, augmentent le stress auquel les plantes sont exposées, rendant les céréales, en particulier le maïs, plus vulnérables aux infections fongiques et donc à la contamination par les mycotoxines produites par les champignons. Par exemple, des études ont montré qu’une hausse de la température de 2°C entraînerait une augmentation de la contamination du maïs, en particulier dans le sud de l’Europe (Espagne, Italie et Balkans), alors que dans un scénario de hausse des températures de 5°C, le risque pourrait diminuer dans les régions du sud en raison de la chaleur extrême, mais augmenterait dans les pays d’Europe du nord.
La principale source d’exposition aux mycotoxines est l’alimentation, principalement par la consommation d’aliments contaminés (en particulier les céréales et leurs dérivés). Un récent projet de recherche européen a montré que 14 % de la population adulte en Europe était exposée à des niveaux de mycotoxine déoxynivalénol (DON) considérés comme nocifs pour la santé humaine. Certaines mycotoxines sont associées à des effets cancérigènes, mutagènes, reprotoxiques et immunotoxiques, et sont même soupçonnées de perturber le système endocrinien. Autre facteur de risque : l’augmentation des précipitations, des inondations et de l’érosion des sols peut également transférer ces toxines du sol vers les rivières et eaux souterraines. Une contamination accrue des cultures peut entraîner une baisse des rendements, avec les pertes économiques associées.
L’Agence européenne de l’environnement recommande une approche européenne pour limiter cette exposition qui passe, en particulier, par la sélection de cultures résistantes aux infections fongiques, l’adoption de bonnes pratiques agricoles (rotation des cultures), ainsi que le recours à des méthodes de contrôle biologique et à des modèles prédictifs.
