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Ineos Grenadier: un couteau suisse!

Quand un milliardaire britannique bloque sur le fait que Land Rover arrête la production du Defender, il décide de concevoir son propre tout-terrain pur et dur. Et cela donne l’Ineos Grenadier !

Temps de lecture : 5 min

S ir Jim Ratcliffe est un homme discret qui s’illustre assez rare dans les médias. Cet ingénieur chimiste a fondé en 1998 le groupe Ineos, actif dans l’industrie pétrochimique et la finance. Devenu l’homme le plus riche de Grande-Bretagne, il s’est récemment diversifié en devenant propriétaire d’une équipe de cyclisme et, plus récemment, en ayant fait une offre de rachat du club de football Manchester United.

Fan absolu du Land Rover Defender, Ratcliffe a plutôt mal vécu l’arrêt de production de la première génération de son véhicule fétiche. Il a alors approché Jaguar-Land Rover pour acheter les droits et les outils de production du vénérable 4x4, sans succès. Loin de se laisser démonter par cet échec, notre homme décide alors de consacrer une partie de sa fortune au développement d’un tout-terrain ultime : le Grenadier.

Pour cela, il s’est entouré du spécialiste Magna Steyr dont l’expertise en matière de conception et de développement de véhicules n’est plus à démontrer, ainsi que de BMW pour les mécaniques. Dès le départ, l’homme a souhaité développer un tout-terrain pur et dur, une bête de somme capable de se tirer de n’importe quelle mauvaise situation, tout en restant utilisable au quotidien, un peu comme un SUV.

Simple et robuste

En ce qui concerne le style du Grenadier, l’inspiration Land Rover est incontestable. Pourtant, les dimensions sont plus généreuses et de nombreux détails montrent que les défauts autrefois imputés aux tout-terrain britanniques ont été corrigés. Pour s’affranchir de n’importe quelle difficulté, le véhicule est équipé d’un bon vieux châssis en échelle et d’essieux rigides. Les suspensions sont, quant à elles, confiées aux bons soins de ressorts hélicoïdaux, une solution simple et forcément plus fiable qu’un système pneumatique.

D’origine, il dispose d’un blocage de différentiel central manuel et, suivant la version, les différentiels avant et arrière peuvent être bloqués au moyen d’une simple pression sur un bouton. La transmission intégrale est permanente et tout est a été imaginé pour offrir la meilleure robustesse possible : les amortisseurs sont renforcés, les suspensions sont équipées de barres Panhard.

La carrosserie est sans fioritures, de façon à simplifier les réparations. Une échelle placée sur le portillon du coffre permet d’accéder au toit pour lequel plusieurs galeries sont proposées en option.

La roue de secours placée sur la porte arrière dispose d’un compartiment de stockage alors que des barres incrustées dans les portières permettent d’arrimer toutes sortes de choses (boîtiers de rangement, table, etc.). La capacité de remorquage atteint quant à elle de 3,5 t.

Aucun détail oublié

Dans l’habitacle, l’ambiance est également à l’aventure avec des sièges très confortables fournis par le spécialiste allemand Recaro. Le recouvrement de sol en caoutchouc est conçu pour être nettoyé facilement – et même au jet d’eau puisqu’il y a des orifices d’évacuation ! – tandis que de nombreuses commandes physiques ont été volontairement surdimensionnées pour être manipulées avec des gants (un concept qui vient du Toyota Land Cruiser).

Comme dans un avion, on retrouve ces boutons sur la console centrale, mais également en hauteur, sur le ciel de toit et entre les sièges avant. À noter que toutes les vis de fixation sont apparentes et qu’il existe des espaces libres si on veut en ajouter. Ineos a également de nombreux précâblages dans la voiture et sur le toit pour placer, par exemple, des barres led supplémentaires.

A l’intérieur, les nombreuses commandes physiques ont été volontairement surdimensionnées pour être manipulées avec des gants.
A l’intérieur, les nombreuses commandes physiques ont été volontairement surdimensionnées pour être manipulées avec des gants.

Dans ces univers ultras fonctionnels, certains détails démontrent que le Grenadier a été conçu par des utilisateurs de véhicules tout-terrain comme les crochets d’arrimage placés dans le coffre ou la possibilité d’opter, en option, pour les fenêtres safari à l’avant. En plus d’apporter de la lumière, celles-ci s’entrebâillent ou se retirent simplement et prennent place dans des sacs spécifiques prévus à cet effet.

De nombreux espaces de rangement sont disséminés, ce qui n’empêche pas le véhicule d’être aussi moderne avec un écran central de 12,3 pouces équipé d’un système d’info-divertissement compatible Apple CarPlay et Android Auto.

Moteurs 6 cylindres

Pour motoriser ce gros bébé qui accuse 2,8 t à vide, le constructeur s’est tourné vers BMW qui a fourni deux mécaniques 6 cylindres de 3 l de cylindrée : en Diesel, celui-ci développe 249 ch et 550 Nm alors que sa version essence revendique 286 ch et 450 Nm. Tous deux sont associés à une boîte automatique ZF à 8 rapports.

Pour un véhicule pur et dur, l’Ineos Grenadier surprend d’emblée par son relatif silence de fonctionnement et son confort qui n’étaient pas les points forts du Land Rover Defender.

Que l’on voyage à l’avant et à l’arrière, on est bien assis, l’espace est correct et il n’y a aucun bruit de mobilier. Pour son premier véhicule, le Britannique a donc fait fort ! Au volant, les sensations sont au rendez-vous avec des accélérations satisfaisantes, un freinage puissant et un comportement routier proche de celui d’un SUV.

Seule la direction dépourvue de rappel et un peu « collante » en son point central rappelle que l’on est à bord d’un franchisseur. On imagine que les pneus tout-terrain Goodrich ont potentiellement une part de responsabilité dans ce ressenti. Hors bitume, l’engin passe vraiment partout avec une facilité déconcertante. Bluffant dans toutes les situations, il démontre que Jim Ratcliffe a réussi son pari.

Disponible en version utilitaire à 2 places ou en version personnelle à 5 places, l’Ineos Grenadier n’est qu’au début d’une carrière qui s’annonce prometteuse : une version pick-up « Quartermaster » sera bientôt dévoilée alors qu’une variante fonctionnant à l’hydrogène est en cours de développement avec le concours de Hyundai.

Maxime Hérion

www.gocar.be

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